La prochaine evolution industrielle

lundi 23 juin 2014

L'écotourisme est-il un non sens?



 
Le tourisme peut-il être durable? 

Prendre l'avion pour aller plonger en Australie, skier en Alaska ou faire du kayak au Costa-Rica, contribue à l'émission de milliers de tonnes de gaz à effet de serre (GES) difficiles à compenser, même avec les meilleures intentions quant au choix de la destination.

Réduire à la source reste encore le meilleur moyen de réduire son impact sur l'environnement. L'achat le plus écologique est celui que l'on ne fait pas... Le tourisme n'échappe pas à ce principe.

L'écotourisme, au même titre que le charbon propre, serait-il donc un non sens?

Une chose est sûr, le concept ne fait pas l'unanimité. Depuis qu'il est apparu il y a quelques années, il est critiqué autant qu'encouragé. 

Certains reprochent aux destinations écotouristiques de n'utiliser le terme que dans un but de marketing. D'autres estiment que si l'on voulait vraiment protéger un lieu, on ne devrait tout simplement pas y donner accès. 

Et enfin, l’argument qui tue : qu'est-ce que ça donne de pratiquer de l'écotourisme si l'on doit prendre l'avion pour se rendre à destination?

Réglons une chose tout de suite : ce n'est pas demain que l'on arrêtera de voyager! 

Des études démontrent que se déplacer pour sortir de son quotidien est un besoin si fort chez l'être humain que c'est le seul, à part bien sûr manger et dormir, qui est présent dans toutes les cultures! Loin de moi l'idée de nous rendre tous coupables de voyager, mais plutôt celle de voir comment nous pouvons le faire plus intelligemment.

D'abord, entre deux destinations, mieux vaut quand même choisir celle qui répond aux critères de l'écotourisme. Car le concept n'a pas que des défauts. 

Bien fait, il entraine de véritables retombées pour les populations locales. 

Dans une perspective d'un développement durable, qui ne tient pas seulement compte des effets de nos actions sur l'environnement mais aussi de leurs retombées sociales et économiques, l'écotourisme est préférable. Parce qu'il est basé sur le respect des communautés, il permet d'apprendre des autres cultures, de nous sensibiliser à d'autres réalités. 

Bref, cela fait de nous des citoyens plus ouverts et conscientisés. J’en connais beaucoup qui ont revu leur rapport à la consommation en rentrant d’un voyage dans un pays en développement.

Pour les communautés, il s’agit également d’une source de revenu essentielle qui permet aux locaux de perpétuer leur culture tout en vivant dignement. Le commerce équitable à son meilleur, quoi. 

Bien qu’il faut reconnaître que la présence de touristes a des impacts nuisibles, ce que les destinations écotouristiques s’emploient à minimiser, il serait injuste de ne pas considérer les retombées positives. 

Par exemple? 

Il m’est  arrivé de voir un système de récupération des déchets accessible à toute la population d’un village reculé du Honduras, ce qui n’auraient pas été possible sans la présence des étrangers. 

Les résidants ont même créé une aire protégée dans la montagne pour conserver la beauté des lieux, ce qui a freiné la coupe forestière et limité les risques de glissement de terrain.


Le Slow Travel, vous connaissez?

Mais la clé d’un véritable tourisme durable réside peut-être dans le concept de Slow travel, qui privilégie entre autres des moyens plus lents, plus humains et plus écologiques de se déplacer quand on veut visiter un autre pays, comme le vélo ou le train. 

Le slow travel, c'est aussi de prendre 30 jours pour visiter un pays, plutôt qu'un pays par jour... Bref, voyager peut-être moins souvent, mais plus longtemps, où encore diminuer le nombre de villes à voir dans un même séjour. Et surtout, éviter autant que possible les déplacements régionaux en avion.

La prochaine fois que vous planifierez un voyage, pensez d'abord à prendre votre temps. Comme l’a déjà dit un ami cycliste au retour d’un périple de cinq ans autour du monde: 
 «L’avion et la voiture sont d’excellents moyens pour se rendre du point A au point B. En revanche, le vélo et la marche permettent de vivre ce qu’il y a entre le point A et le point B». 
N’est-ce pas là, après tout, l’essence même qui nous amène à voir du pays?

Avant de partir... j'aimerais savoir deux choses:

 1. Prévoyez-vous partir au cours de vos vacances d'été? Si oui, quel mode de transport allez-vous utiliser? Je suis particulièrement curieux de savoir s'il y en a parmi vous qui choisissez volontairement d'éviter l'avion pour réduire votre impact?

2. Allez-vous favoriser une destination «écotouristique»? Laquelle et pourquoi?

Répondez à l'une ou l'autre de ces questions dans la section commentaire ci-dessous. 

Et si vous pensez à quelqu'un qui aurait besoin de lire ce billet avant de partir, partager-le. Vous lui rendrez service (et à la planète aussi)!

 





 

mardi 3 juin 2014

C'est votre première fois sur ce site?



Bienvenu aux lecteurs de La Presse qui ont lu cet article intitutlé: «Le développement durable: Pour aller plus loin que l'environnement».

Si c'est votre première fois sur ce site, voici ce qu'il faut savoir.

Pour me joindre 

Le meilleur moyen pour me contacter est via les réseaux sociaux:

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Écrivez-moi une ligne pour me dire bonjour ou pour dire que vous avez lu l'article dans La Presse.


À propos de ce site

Je propose depuis 2007 sur ce site des articles, billets, conseils et autres cas d'entreprises sur la thématique du développement durable.

Si vous voulez recevoir toutes les mises à jour et joindre nos membres VIP (accès à des contenus exclusifs, à des rabais sur des produits et formations, à des rencontres privées et plus encore), je vous invite à suivre notre communauté de plus de 2000 personnes.

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À propos de la norme BNQ 21000

L'Approche BNQ 21000 comprend un document normatif et une méthode d'application en sept étapes pour aider les gestionnaires à implanter le développement durable gratuitement dans leur organisation. Les outils de la norme sont disponibles gratuitement ici.

Pour un accompagnement plus poussé, je propose un livre (Au secours, la planète se meurt et mon boss s'en fout) ainsi qu'un vidéo de formation de 55 minutes. Pour en savoir plus, c'est ici.


Voici quelques articles parmi les plus populaires

Pour vous donner un aperçu de ce que vous trouverez dans ce blogue sur le développement durable, j'ai dressé la liste des articles les plus consultés au cours des dernières semaines.

Voici mon salaire... Quel est le vôtre 
Le développement durable est-il vraiment rentable? Voici la preuve...
Une méthode distrayante originale et distrayante pour expliquer le DD à un dirigeant

Le Programme de formation et coaching BNQ 21000

Au début de l'année, nous avons lancé le premier programme de formation et coaching complet du BNQ 21000. Notre lancement a été un réel succès et la première cohorte terminera son parcours au bout de 12 mois.

Les inscriptions sont présentement fermées, mais si vous êtes intéressés à en savoir plus au sujet de la prochaine cohorte, inscrivez-vous sur la liste d'attente.

» Cliquez ici pour recevoir les informations à l'occasion du prochain lancement «

Merci de votre visite. On se voit de l'autre côté...




jeudi 1 mai 2014

10 solutions pour une ville cyclable et en santé

J'ai été très touché par la mort d'une cycliste récemment à Montréal.

Étant un cycliste urbain depuis plus de 10 ans (c'est-à-dire quelqu'un qui se déplace à vélo à des fins fonctionnelles, contrairement aux cyclistes récréatifs ou compétitifs qui s'en servent pour les loisirs), j'ai eu de nombreuses occasions de constater les dangers de rouler dans les rues de la ville, mais aussi de réfléchir à des solutions.

Si cet accident peut servir (enfin) à faire réagir les autorités et les élus pour penser une ville plus acceuillante pour les cyclistes, ce sera un progrès énorme qui pourra sauver de nombreuses autres vies.

Pour cette raison, et à l'aide des observations faites lors de voyages, j'ai donc produit un petit graphique qui présente 10 solutions pour une ville cyclable et en santé.

Vous verrez que pour l'instant, il me manque encore 4 solutions. Il y a une raison pour cela... que je vous explique au bas de ce billet.

Comment réduire les risques d'accidents à vélo: 10 solutions

Comment améliorer les infrasctructures urbaines pour favoriser les déplacements à vélos
10 idées pour favoriser des déplacements plus sécuritaires à vélo (Cliquez ici pour agrandir).
Merci de partager cet infographique dans vos réseaux. Cliquez sur votre réseau social favori (Facebook, Twitter, Google+, etc.) au bas de ce billet pour le partager.

Quelles sont vos solutions?

Comme vous avez pu le constater, il manque les solutions 7 à 10. Parce que je n'ai pas la Vérité avec un grand V, je vous demande de m'aider à identifier les meilleures solutions qui pourrait aider à rendre nos villes plus accueillantes pour les cyclistes.

Voici ce que vous devez faire:

1. Dans la section commentaire ci-dessous, partagez votre idée.

Une idée, un commentaire. Cela va permettre aux autres de voter sur votre idée.

2. Votez pour la ou les idées que vous préférez.

Cliquez sur les flèches vers le haut pour voter pour votre idée favorite. Si votre idée est déjà écrite, votez pour elle au lieu de l'écrire une deuxième fois.

C'est tout!

Vous avez jusqu'au 8 mai 2014 à minuit (heure du Québec) pour partager vos solutions et voter.

Après, les 4 meilleures idées (c'est-à-dire celles qui auront reçu le plus de votes) seront ajoutées au graphique.

Vous ne voulez pas manquer les solutions retenues?

Il suffit de vous abonner à notre infolettre. Vous recevrez les 10 solutions complètes dès qu'elles seront disponibles ET vous recevrez également une copie HAUTE RÉSOLUTION en format PDF de l'infographique (accessible seulement aux abonnées de notre liste).

» Cliquez ici pour recevoir GRATUITEMENT l'infographique en PDF dès qu'il sera disponible «


NB: Pas besoin de vous inscrire si vous êtes déjà abonnés. Vous le recevrez directement dans votre boite courriel. Merci.

J'ai vraiment très hâte de lire TOUTES vos solutions.

MISE À JOUR: Voici une autre solution un peu futuriste... mais pas tant que ça:
Retirer les chauffeurs derrière le volant des véhicules!

Regardez cette courte vidéo et vous comprendrez ce que je veux dire!

 

jeudi 24 avril 2014

Voici mon salaire... Quel est le vôtre?


En cette période de déclaration d'impôt, c'est le moment de vérité. Combien avons-nous gagné l'année dernière? Est-ce mieux que l'année précédente?

Lorsqu'il est question de parler de salaire, je suis de ceux qui sont extrêmement inconfortables. Dans ma famille, ce n'est pas un sujet dont on parle ouvertement.

Mais, dans ce billet, je me propose de le partager avec vous...

Combien gagne un professionnel ou un consultant en développement durable?


Au cours des dernières années, je me suis rendu compte que je ne suis pas seul: c'est un sujet dont on parle peu, particulièrement au Québec.

Ça devient problématique quand on essaie de mieux comprendre combien on devrait rémunérer nos employés.

Mais aussi, quoi répondre à la fameuse question: «Quelles sont vos attentes salariales?» au cours d'une entrevue pour un nouvel emploi.

D'après vous, combien gagne un expert en développement durable qui arrive sur le marché du travail? Et quand il a 5 à 10 ans d'expérience?

Est-ce plus payant travailler pour un employeur dans une grande entreprise? Dans une municipalité? À son compte?

Pourquoi on ne peut pas se fier aux offres d'emplois...

Il y a quelques années, j'ai eu cette difficile conversation avec quelques consultants en développement durable où nous avons partagé nos salaires. Certaines réponses m'ont estomaquées.

– «Plus de 200 000 $», a répondu l'un d'eux.
– «Environ 130 000 $», m'a dit un autre.

On ne parle pas du revenu de leur firme, mais bien de leur salaire annuel.

Jamais vous ne verrez une offre d'emploi sur engages.ca ou novae pour un expert en DD avec un salaire aussi élevé.

Le plus souvent, on y retrouve des emplois dans la fourchette du 20 000 à 50 000 $ pour des gens qui ont un diplome de deuxième cycle... Ce qui en décourage plusieurs.

L'autre erreur que je vois, c'est de penser qu'il faut avoir 25 ans d'expérience pour faire ce genre de revenu. J'ai rencontré un professionnel qui était gêné de partager son salaire parce qu'il était trop élevé pour un jeune de 26 ans...

Quel est mon salaire?


Dans le titre de ce billet, je vous ai dit que j'allais vous révéler MON SALAIRE. C'est vrai, je suis prêt à le faire. Mais pour cela, vous allez devoir en faire autant.

En effet, je ne suis pas intéressé de parler de statistiques, de moyennes ou de lire des offres d'emplois.

Aujourd'hui, je veux faire une expérience. Nous allons partager nos salaires de manière ANONYME.

Pour cela, je vous demande de répondre (de manière anonyme si vous préférez) aux questions suivantes dans la section commentaire:
  1. Quel est votre salaire brut en 2013 (précisez s'il s'agit de $CA, américains ou d'euros)?
  2. Combien d'heures par semaine travaillez-vous? 
  3. Votre âge et votre type d'emploi et d'organisation (ex: 31, gestionnaire de projet en environnement et RSE dans une PME manufacturière)?
  4. Comment vous sentez-vous par rapport à votre revenu?
Je vais ajouter mon salaire à la liste de commentaires si, et seulement si, il y a PLUS de 10 répondants.

Et dites-nous comment vous vous sentez par rapport aux autres? Rassurés? Jaloux? Envieux? Est-ce un métier assez bien rémunéré selons vous?

Je vous ai dit au début de ce texte que je suis très inconfortable à parler de mon salaire. Si je propose de le faire ici, c'est parce que je crois que de partager nos salaires nous aidera TOUS à mieux comprendre l'état actuel du marché. Et, qui sait, peut-être que certains seront en mesure de négocier une éventuelle hausse de salaire!


P.S.  Je connais plusieurs experts qui sont des adeptes de la simplicité volontaire. Si c'est votre cas, j'aimerais savoir comment vous vivez avec ce choix:
  • Vous arrive-t-il de trouver cela difficile? 
  • Devez-vous faire des sacrifices?
  • Quels sont les aspects de la SV que vous appréciez le plus?
Écrivez vos commentaires ci-dessous.


1ère MISE À JOUR  – À la lumière des commentaires reçus dans ma boite courriel, je songe à offrir un webinaire avec un expert en emploi qui partagera ses trucs pour négocier une hausse de salaire – avec sa technique étape par étape de ce qu'il faut faire. 

Pour l'instant, j'aimerais connaitre le niveau d'intérêt. Si vous aimeriez participer à ce webinaire, »» inscrivez-vous ici ««. (Cela ne vous engage à rien).


2e MISE À JOUR  – Je n'aurai jamais imaginé que cette petite expérience aurait suscité autant d'intétêt! Merci de votre participation. 

Le nombre de 10 commentaires ayant été dépassé, j'ai ajouté mon salaire de manière anonyme à la liste... Continuez d'ajouter vos commentaires, je vais tout lire!


mardi 15 avril 2014

Le développement durable est-il vraiment rentable? En voici la preuve!

5 études qui présentent la rentabilité de la Responsabilité sociétale des organisations

Au début de ma carrière de consultant, je me suis retrouvé dans une situation humiliante.

J’avais été embauché pour présenter le «business case» du développement durable à un comité de direction d’une grande multinationale.

Alors que je présentais un graphique montrant comment les entreprises inscrites dans le Dow Jones Sustainability Index avaient de meilleurs résultats que les entreprises traditionnelles, un VP sceptique m’interrompt.
«Attend un peu! Qu’est-ce qui nous dit que c’est parce qu’elles ont mis en place des pratiques d’affaires plus durables qu’elles sont MEILLEURES?

«Peut-être que c’est parce qu’elles sont mieux gérées qu’elles ont mis en place des mesures de développement durable, poursuit-il. En fait, ces mesures n’ont peut-être aucun impact réel sur la performance.

«Pire, peut-être que les entreprises auraient un rendement encore meilleur sans elles!»
Le ton était donné. Mais il avait raison. Ce n’est pas parce qu’il y a une corrélation qu’il y a nécessairement une relation de cause à effet.

Alors, est-ce que, OUI ou NON, le développement durable est rentable?

C’est certainement une des questions que j’entends le plus souvent.

Depuis cet épisode avec le comité de direction, j’ai lu un nombre incalculable d’articles, de cas d’études et d’analyses sur le sujet. Aujourd’hui, la preuve n’est plus à faire...

La réponse est OUI, le développement durable est rentable.

...Et pourtant! La question est encore posée par de nombreux dirigeants.

Avant de vous présenter des PREUVES concrètes que vous pourrez utiliser dans votre réflexion ou pour convaincre un patron, un collègue ou un client, j’aimerais vous poser une question.

POURQUOI Y A-T-IL DES DOUTES?

Plusieurs sentiments peuvent être à l’origine de ces doutes, et je pense qu’il est important de les nommer. S’il s’agit de votre patron ou d’un client, comment croyez-vous qu’il se sent par rapport au développement durable?

•    Méfiant?
•    Sceptique?
•    Incrédule?

Peut être un peu de tout ça…

Mais encore, pourquoi se sent-il méfiant, sceptique ou incrédule? A-t-il vécu une situation où il a dilapidé l’argent de son employeur ou de ses actionnaires sur des mesures sociales ou environnementales?

Probablement pas.
La vérité, c’est qu’il est habitué de prendre des décisions basées sur des critères quantifiables, particulièrement lorsqu’il s’agit d’aller dans une nouvelle direction (un nouveau produit, une nouvelle machine, etc.).

Tant et aussi longtemps qu’il ne comprendra pas clairement comment cela profitera à son entreprise, à ses employés, à ses actionnaires, il ne peut tout simplement pas accepter de s’investir.

C’est pour ça qu’il est payé. C’est en agissant ainsi qu’il s’est rendu là où il est.

Laissez-moi répéter ceci – parce que c’est vraiment important – tant qu’il ne comprendra pas CLAIREMENT comment cela profitera à son entreprise, oubliez ça!
Les études que je m’apprête à partager avec vous sont donc essentielles pour aider un tel dirigeant à cheminer… Mais elles ne sont pas SUFFISANTES!

Pour comprendre clairement, il faut aussi pouvoir comprendre:
  • Comment mettre le DD en place, par quels moyens, avec qui et en combien de temps?
  • Qu’est-ce que ça va changer au quotidien? 
  • Quels seront les impacts pour vos clients? 
  • Quels seront les résultats au bout de 6 mois, de 12 mois, de 24 mois?
Toutes les études du monde ne pourront répondre à ces questions. Pour désamorcer les objections d’un patron, d’un client ou d’un collègue sur la rentabilité du développement durable, vous devrez donc être en mesure de faire deux choses :
  1. Maitriser sur le bout de vos doigts ce que nous dit la science.
  2. Comprendre d’où vient l’objection, sa raison première, puis apprendre comment répondre adéquatement.
Dans ce texte, nous allons donc voir précisément et objectivement ce que nous dit la science. Vous allez voir, c’est extrêmement intéressant.

Par contre, nous n’aurons pas l’espace suffisant pour voir en détail comment comprendre et identifier la raison fondamentale d’une objection. Ni la technique que j’utilise pour y répondre avec succès (La bonne nouvelle, c’est que ça s’apprend. Pour ceux que ça intéressent, j’y consacre un chapitre complet dans mon dernier livre : Au secours! La planète se meurt et mon boss s’en fout).

J’ai choisi de vous présenter les cinq études auxquelles je me réfère le plus. Elles sont sérieuses, rigoureuses et reconnues. Si vous ou votre patron avez encore besoin de preuves, en voici.

Mais ATTENTION! Il y a des petits caractères que vous devez lire pour bien saisir tout le sens de ce que nous dit la science à ce sujet.

Oh, et si vous n'avez pas le temps de lire tout ça et que vous voulez aller directement au but, je vous ai préparé un résumé visuel que vous pourrez utiliser. Même le patron le plus occupé aura le temps de lire ce graphique (cliquez dessus pour agrandir l'image).

Graphique: La rentabilité du développement durable


CLIQUEZ ICI POUR TWEETER: [Infographique] Le développement durable est-il rentable?


1. The innovation Bottom Line

Cette étude, réalisée par le MIT Sloan Management Institute en collaboration avec le Boston Consulting Group, est un incontournable. Mise à jour périodiquement (elle en est à sa 4e version), quelque 4 000 dirigeants et gestionnaires de secteurs et d’industries variés ont été interviewés.

En gros, les résultats montrent qu’un certain nombre d’entreprises tirent profits de leurs initiatives de RSE, mais pas toutes. L’étude se penche sur les facteurs clés qui expliquent pourquoi certaines réussissent mieux que d’autres.

Qui sont «les championnes»?

Proportions d'entreprises qui sont considérées comme
des «championnes» du développement durable par industrie.

Vous l’aurez deviné, un du constat est que celles qui se commettent davantage envers de meilleures pratiques de DD voient de meilleurs résultats.

En moyenne, ces «championnes» représentent 23% de l’ensemble des entreprises, toutes industries confondues.

Une culture intégrée VS des actions isolées

Chose particulièrement intéressante: les «championnes» intègrent deux fois plus que les autres le développement durable au coeur de leurs processus de gestion et de leur culture d’entreprise.

 
Le graphique du haut représente la perception du développement durable par la haute direction des entreprises traditionnelles. Comparativement à celle du bas, qui représente la perception de la haute direction des entreprises «durables», on remarque que ces gestionnaires ont davantage tendance à intégrer le DD au coeur de leur priorités.

Quelle est la place du social?

Il faut donc s’attendre à ce que les entreprises qui intègrent le mieux le DD en aient une conception différente. Les chercheurs ont trouvé en effet qu’elles considèrent davantage les enjeux sociaux et économiques comme faisant partie du DD, alors que les entreprises traditionnelles y associent principalement l’enjeu environnemental.

 

Le développement durable est associé à la performance économique de l'organisation par près du trois quart des entreprises «championnes», et tout de même près du tiers des entreprises tradtionnelles.


Comment communiquent-elles?

Finalement, une différence importante entre les deux groupes se situe au niveau des communications. Les «championnes» communiquent en effet près de deux fois plus leurs efforts en matières de RSE et elles vont souvent le faire de manière plus intégrée.

Autrement dit, elles vont en parler à chaque occasion, par l’entremise de leur manuel d’employé, dans leur mission, à l’occasion de rencontres avec les RH, et ainsi de suite.

La manière de communiquer le développement durable des entreprises les plus avancées...

Et la rentabilité dans tout ça?

Cela dit, ce que nous voulons savoir est: est-ce que les «championnes» tirent davantage de profits de leurs efforts? À l’exception de deux secteurs (médias et services industriels), tous les répondants affirment qu’elles sont plus profitables.

Les données montrent même que les entreprises qui n’intègrent pas le DD, mais adoptent seulement des actions isolées, risquent davantage de voir une baisse de leurs profits!

Les chercheurs ont également tenté de mettre un chiffre sur la hausse des profits réalisée. Un exercice hasardeux, concluent-t-ils. Pour cause, ils constatent que les gains intangibles (image, capacité d’innovation et avantage concurrentiel) sont largement supérieurs aux gains quantifiables (comme la réduction des coûts).

2. La profitabilité de l’écoconception

Est-ce qu’une démarche d’écoconception est rentable? C’est la question sur laquelle s’est penché un groupe de chercheurs d’universités canadiennes et européennes pour le compte de l’Institut de développement de produit (IDP).

La deuxième révision de l’étude, publiée en 2014, sonde un nombre d’entreprise plus grand (119 entreprises – dont 44 au Québec) que la première (30 entreprises), mais elle arrive aux mêmes constats: 96% d’entre elles ont observé une profitabilité accrue ou neutre grâce à leur exercice d’écoconception.

Mieux encore, la marge bénéficiaire des produits écoconçus est de 12 % supérieure en moyenne par rapport aux produits conçus de manière traditionnelle.

Les auteurs concluent: «S’il est généralement perçu que la protection de l’environnement se fait au détriment de la rentabilité de l’entreprise, ce n’est pas le cas avec l’écoconception».

Outre la rentabilité, les entreprises ont pu constater d’autres retombées, comme vous pouvez le voir dans ce tableau.




Parmi les autres gains associés à une démarche d’écoconception, il semble que l’amélioration de l’image et la fierté des employés soient les plus significatives.

Notons aussi que le tiers des répondants observent également une meilleure relation avec les clients.


3. The Impact of Corporate Sustainability on Organizational Processes and Performance

Réalisée par trois professeurs du Harvard Business School et publiée en 2013, cette étude est particulièrement intéressante parce qu’elle se penche sur les effets du développement durable envers la performance de l’organisation à long terme.

Les chercheurs ont étudié un échantillon de 180 entreprises américaines dont un groupe avait adopté sur une base volontaire des pratiques de développement durable avant 1993. Ils ont comparé avec les entreprises de l’échantillon de référence (qui n’avait pas ou peu de pratiques durables) 17 ans plus tard, en 2009.

Résultat? Ils ont trouvé que les entreprises «durables» étaient plus susceptibles d’avoir une vision à long terme, qu’elles mesuraient davantage et étaient plus transparentes.

Les auteurs arrivent également à prouver que les entreprises plus durables dépassent significativement la performance des entreprises du groupe témoin, «tant en terme de valeur sur les marchés qu’en terme de performance comptable», écrivent-ils.

Encore une fois, les auteurs ont pu constaté que les entreprises qui ne n’ingèrent pas la responsabilité sociale et l’environnement dans leur modèle d’affaires génèrent significativement moins de valeurs pour leurs actionnaires que celles qui le font!

Dans ce graphique, on voit la valeur d’un dollar investi dans une entreprise plus durable (rouge) par rapport à une entreprise traditionnelle (bleu). Après 17 ans, il y a une différence d’environ un tiers en faveur de l’entreprise avec des pratiques plus durables!

Notez que ce n’est qu’après environ cinq ans que la différence commence réellement à se faire sentir.



L’étude est riche est données chiffrées, pour ceux qui ça intéressent.

4. The UN Global Compact-Accenture CEO Study on Sustainability 2013

Cette étude des Nations unies, réalisée auprès de 1 000 PDG d’entreprises situées dans 103 pays et dans 27 industries, ne cherche pas directement à évaluer la rentabilité du développement durable.

Par contre, elle montre clairement qu’il s’agit d’un enjeu stratégique de premier ordre dans un nombre significatif d’entreprises et 93% des répondants affirment que le DD est garant de leur succès dans l’avenir.

Cette donnée m’interpelle parce qu’il ne s’agit pas ici que de PDG de pays industrialisés. La plupart des répondants ne sont pas membre du G8.

Autre fait intéressant de cette étude, les dirigeants estiment que le business case du DD n’est plus à faire. Pour eux, le vrai défi est dans «l’opérationnalisation pour arrivée à une ère de durabilité».

Ainsi, 81% des PDG affirment qu’ils ont mis en oeuvre (ou qu’ils sont en train de le faire) des actions liées au développement durable, comparativement à seulement 50% dans l’étude de 2007.

Enfin, la presque totalité (96%) des répondants croient que le développement durable doit être INTÉGRÉ dans la stratégie et les opérations de l’entreprise, comparativement à 72% en 2007.






5. Rentabilité du développement durable

Les études présentées jusqu’ici sont crédibles, notamment parce qu’elles reposent sur un échantillon important, ou qu’elles couvrent une longue période de temps.

Maintenant, je vous présente l’étude du Réseau entreprise et développement durable (REDD). Elle brosse un portrait complet de la situation. Les chercheurs ont fouillé la littérature pour voir ce que disent, sur l’ensemble, les études qui visent à évaluer la rentabilité de la responsabilité sociale des entreprises.

La conclusion? «Les études montrent qu’il y a sans l’ombre d’un doute une relation modérément positive entre le développement durable et la performance financière», écrivent les auteurs. 

Sur les 163 études identifiées dans la littérature, 63% concluent que les investissements en développement durable sont rentables, 15% arrivent à la conclusion opposée et le reste (22%) arrive à des résultats mitigés.





Bref, comme je le disais, la preuve de rentabilité n’est plus à faire.

Maintenant, outre la rentabilité du DD, il y a deux points que vous devez retenir de toutes ces études:
  1. Les données montrent que entreprises qui n’intègrent pas le développement durable à leur modèle d’affaires sous-performent. 
  2. Les meilleures communiquent davantage au sujet de leur responsabilité sociale d’entreprise (RSE).
  3. Celles qui se limitent à faire quelques actions ne tirent pas tous les bénéfices d’un développement durable. Pire, elles courent le risque de ne pas avoir de retour sur investissement.
Cette situation est bien représentée par ce graphique qui illustre la relation entre la performance sociale et la performance financière (tirée de l’étude du REDD).




Une entreprise qui ne se préoccupe pas de sa responsabilité sociale verra sa performance financière diminuer au fur et à mesure où elle y consacrera des ressources.

Celles qui ont la pire performance financière sont en fait celles qui se préoccupent moyennement de leur performance sociale!

Heureusement, les entreprises qui se démarquent du lot, qui sortent du «greenwashing» et qui adoptent des pratiques de RSE intégrées voient cette tendance s’inversée. Et celles qui ont la meilleure performance financière de toutes sont celles qui se préoccupent le plus de leur performance sociale.

Cette courbe reflète parfaitement ce que mes collègues et moi observons dans notre quotidien. Malheureusement, trop d’entreprises ont une perspective à court terme et elles ont de la difficulté à passer à travers le «dip», c’est-à-dire le creux de la courbe.

C’est notre travail de les aider à le faire. Dans un prochain billet, je présenterai sur comment faire pour utiliser ces données avec un comité de direction. D’ici là...

...J’ai une question pour vous...


J’aimerais savoir si, dans votre organisation, votre direction doit encore être convaincue de la rentabilité du DD.

Si oui, dites-moi dans la section commentaires ci-dessous comment vous compter utiliser les «preuves» présentées dans ce billet?

Si non, avez-vous réussi à quantifier la rentabilité de votre démarche? Partagez votre expérience... nous avons beaucoup à apprendre de vous.


Mais ce n’est pas tout!


Pour ceux d’entre vous qui veulent avoir une copie de ce billet, j’ai préparé un document PDF que vous pouvez télécharger gratuitement en cliquant sur le lien ci-dessous.

J’ai mis TOUTES les sources des études citées ici, et j’ai ajouté en BONUS une liste de près d’une vingtaine d’études et de références que j’ai compilé au cours de mes années d’enseignement à l’université (et que je tente de garder à jour). SVP me signaler si un lien ne fonctionne plus.

»»» Cliquez ici pour recevoir gratuitement la copie PDF de ce billet ET la liste de références ET les mises à jour sur le développement durable «««

N’oubliez pas de répondre à la question dans la section commentaire.

Et n’hésitez pas d’ajouter d’autres études qui m’ont échappé, je suis sûr que plusieurs lecteurs vont apprécier.

Un gros merci!

--JS


Références:

1- Innovation Bottom Line
http://www.triplepundit.com/2012/05/mit-study-sustainability-profitabilit/
http://sloanreview.mit.edu/reports/sustainability-innovation/
http://sloanreview.mit.edu/2013-sustainability-interactive-tool/


2- Institut de développement de produit
http://www.idp-ipd.com/la-profitabilite-de-l-ecoconception

3- Harvard Business Review
http://www.hbs.edu/faculty/Publication%20Files/12-035_a3c1f5d8-452d-4b48-9a49-812424424cc2.pdf

4- UN Global Compact
http://www.accenture.com/SiteCollectionDocuments/PDF/Accenture-UN-Global-Compact-Acn-CEO-Study-Sustainability-2013.PDF

5- Réseau entreprise et développement durable (REDD)
http://nbs.net/fr/connaissances/analyse-de-rentabilite/rentabilite-du-developpement-durable/introduction-rentabilite-du-developpement-durable/
http://nbs.net/fr/files/2011/08/NBS_Valori_SystRev1.pdf