La prochaine evolution industrielle

lundi 11 février 2008

Cascades et ses pubs maladroites

On ne peut pas reprocher à Cascades de faire du Greenwashing (i.e. parler sans agir). Elle a été bâti sur le concept qu'un déchet est une ressource.

Je tiens d'ailleurs à souligner que, personnellement, j'ai beaucoup de respect pour les efforts qui sont investis à verdir les opérations et la culture d'entreprise développée par la famille Lemaire au cours des décennies.

Néanmoins, Cascades ne cesse de mal paraître quand il s'agit de mettre ses qualités environnementales de l'avant. Une des première fois où elle a voulu le faire, elle a lancé cette pub:


Qui a-t-il de mal?

Réponse: la tourbe. Le gazon est une des monocultures les plus polluantes au monde. Pour conserver un aspect «terrain de golf», elle requiert une quantité énorme d'eau, d'engrais et de pesticides. Et, à chaque semaine, il faut la tondre, ce qui, à l'échelle de la planète, consomme des quantités inouies de pétrole. Une tondeuse est d'ailleurs plus polluante qu'une voiture.

Bref, avec cette pub, Cascades tentait de convaincre qu'elle est verte en utilisant un symbole de la destruction de l'environnement: monoculture, produits chimiques et émissions toxiques pour une simple question d'esthétique (une pelouse verte). Pas fort!

Par les temps qui courent, le fabricant de papier tissu en remet avec sa promotion en partenariat avec le Groupe Jean Coutu. Pas une, mais deux fois:

1. Essuie-tout gratuit.
Ce week-end, j'ai acheté du papier de toilettes Cascades 100% recyclé chez Jean Coutu. Une promotion accompagnait mon achat: un rouleau de papier essuie-tout gratuit.

Le dit rouleau était emballé individuellement. Étant donné qu'on avait droit jusqu'à trois paquets de papier de toilettes par client, la caissière remettait trois rouleaux individuels, évidemment.

Mais ce n'est pas le pire. Nous sommes d'accord pour dire qu'il est difficile de se passer de papier hygiénique (du moins, je n'en suis pas rendu là). Mais cela fait longtemps que je n'utilise plus de papier essuie-tout jetable. Une lavette réutilisable fait très bien le travail.

Je comprends que Cascades fabrique des papiers essuie-tout, qu'elle veut donc en vendre, et que la version 100% recyclée est mieux que la version traditionnelle offerte par la concurrence.

Mais, je le répète, les consommateurs sensibles à l'environnement achèteront les papiers essuie-tout recyclés s'ils s'intéressent déjà aux papiers toilettes recyclés. Pas besoin de les convaincre deux fois. Et ceux qui sont les plus sensibilisés n'utilisent aucun papier essuie-tout. Ce n'est pas en offrant le produit gratuitement qu'il s'y intéresseront davantage: c'est contre leurs valeurs.

2. Gagnez une voiture.
Cascades et Jean Coutu reviennent à nouveau avec le concours Roulez vert (l'image ci-haut est de la campagne de 2006). Cette année, la voiture n'est plus une Smart, mais une hybride.

Encore une fois, le geste est maladroit. Une voiture, même hybride, demeure très polluante. De plus, le transport est le principal responsable des émissions de GES au Québec.

Un concours est un bon moyen d'améliorer son image tout en innovant. Pourquoi ne pas offrir, par exemple, un abonnement annuel à Communauto; ou encore, une trousse de Cocktail transport (avec un vélo urbain pour tous les membres de la famille, des passes d'autobus, de train et de taxis)?

Autre possibilité: les essuie-tout sont généralement utilisés avec des nettoyants. Pourquoi alors ne pas offrir des nettoyants écologiques gratuits? Il n'existe pas de fabricant de voiture hybride au Québec, mais il y a plusieurs fabricants de nettoyants verts, comme Lemieux et Bio-Vert.

Comprenez-moi bien. Offrir une voiture éconergétique n'est pas vraiment mal. C'est plutôt maladroit. Parce que Cascades n'est pas GM ni Ford. Elle n'essaie pas de se faire une image verte. Cascades est déjà un leader reconnu par son milieu, invitée sur toutes les tribunes du développement durable pour présenter la culture d'entreprise de la famille Lemaire.

En tant que leader, Cascades a une responsabilité supplémentaire de présenter une image cohérente avec les valeurs qu'elle cherche à véhiculer.

1 commentaires:

gaston a dit…

Enfin on critique Cascade qu'on enscence trop facilement à mon avis. Oui bravo à cascade qui comme leader innove et fait progresser l'industrie. Mais c'est pour faire des gros $ou$, et pour moi l'éloge s'arrête là. Son marketting "innocent" nous montre bien qu'elle lave et vend plus vert (et pas toujours à part ça )mais qu'elle ne pense pas vert, donc elle n'est pas.
Quant à moi,ma dernière exaspération cascadienne ce sont sacs réutilisables que Cascade nous offre, enfin qu'on nous oblige à avoir comme un cadeau empoisonné.Ils sont banals et laids, 100% polypropylène ( qu'est-se ce )et bien sûr ils viennent de la chine en vieux cargo surchargés.
Mais le pire, la cerise qui tue, le deuxieme emballage cellophane complet pour bien sécuriser le cadeau en place.
Y nous aiment-tu Cascade!