La prochaine evolution industrielle

jeudi 29 janvier 2009

Le secret de notre survie

L'art de convaincre votre patron


Comme beaucoup de gens, vous voulez voir du changement dans votre milieu de travail. Mais vous avez un problème: ce n'est pas vous le patron!

Si vous étiez en charge, ce serait probablement plus facile.D'accord! Supposons que ce soit vous le patron. Quels seraient les freins et les obstacles qui vous empêcheraient de vraiment changer les choses? En voici quelques-uns qui me viennent à l'esprit:

1- La crise
En ces temps difficiles, votre priorité est probablement de maintenir vos ventes afin d'éviter les mises à pied ou, pire, la faillite.

2- Le manque de ressources
Pour démarrer de nouveaux projets, changer les choses, il faut investir du temps, de l'énergie et des ressources matérielles et financières. Présentement, vous manquez assurément de tout ça. Ce qui signifie que pour entreprendre du changement, il vous faudrait faire des choix. Pour prendre vos décisions, vous allez évaluer quelles options vous offre le meilleur retour sur investissement, c'est-à-dire celle qui représente le moins de risque pour ce qu'elle coûte.

3- Les attentes
Vous avez probablement des attentes de rendement de la part de votre grand patron, de vos actionnaires, de votre banquier, de votre cercle d'amis et de vos proches. Cela se traduit par une certaine peur de décevoir.

Le moyen le plus sûr de rencontrer ces trois objectifs, c'est certainement de faire «comme tout le monde». En tant que gestionnaires responsable, vous devez couper dans le gras, c'est-à-dire couper dans les dépenses qui rapporte le moins, du moins à court terme. Ce n'est pas le temps de prendre des risques et de vous endettez pour des projets qui pourraient rapporter à long terme. Vous êtes dans le très court terme. On verra après la crise.

Ce n'est pas vous le patron
Retour à la réalité. Évidemment, si vous lisez ce blogue, vous savez très bien que de garder le statu quo est le moyen le plus sûr de ne pas pouvoir vous sortir de la crise (pensez à GM et à toutes ces entreprises qui ne se sont pas préparées à une hausse des coûts du pétrole).

Par conséquent, pour convaincre votre patron, vous devez lui faire voir que le changement est le moyen le plus sûr pour lui de rencontrer ces trois objectifs.

1- Les demandes des consommateurs changent. À prix égal, un produit ou un service «vert» sera préféré par plus de 74% des consommateurs québécois, selon un récent sondage Ad Hoc.

2- La dépense qui offre le meilleur retour sur investissement est celle qui ne coûte rien. Ça tombe bien, le premier principe d'une économie cycle de vie est la réduction à la source. La SAQ économise des milliers de dollars parce qu'elle ne donne plus de sacs plastique à ses clients. Desjardins et Bell ont réduit leur consommation de papier de plus de 20% grâce à leur programme de bureau vert.

3- Le meilleur moyen pour votre patron de se faire remarquer par ses amis, ses collègues et autres, c'est en étant proactif. Personne ne remarque les patrons réactifs. Si vous pouvez lui montrer comment une démarche de développement durable peut contribuer à «sa réussite» dans la vie, il vous ouvrira toutes les portes.

Convaincre est un art
L'art de convaincre votre patron (ou votre client, votre fournisseur, etc.) consiste donc à vous mettre dans ses souliers, d'identifier quelles sont ses préoccupations qui font obstacles et à lui faire valoir comment une démarche de développement durable peut l'aider à atteindre ses objectifs personnels et professionnels. Faites vos devoirs avant de le rencontrer, préparez vous à tous les contre arguments qu'il pourrait soulever et adoptez son language.

Enfin, soyez patient!

mardi 27 janvier 2009

Charbon propre




Solution réelle? Transitoire? Greenwashing?

Qu'en pensez-vous?

jeudi 22 janvier 2009

Yes we can


Voici un extrait du discours d'investiture d'Obama qui est, selon moi, passé plutôt inaperçu:

«To those nations like ours that enjoy relative plenty, we say we can no longer afford indifference to suffering outside our borders; nor can we consume the world's resources without regard to effect. For the world has changed, and we must change with it.»

C'est la première fois que j'entends le dirigeant d'un pays –et pas n'importe lequel dans ce cas-ci– dire que nous devons revoir consommation des ressources car elle a des impacts que nous ne pouvons plus ignorer.

En terme diplomatique, il s'agit d'un «aveu» énorme de la part du président des États-Unis, qui va à l'encontre de la manière dominante de penser depuis plus d'un siècle.

Nous sommes à l'aube d'une évolution industrielle. Une nouvelle ère de possibilités s'ouvre à nous.

Yes we can.

mardi 20 janvier 2009

Un outil ACV simplifié


On reproche souvent à l'analyse du cycle de vie (ACV) d'être inaccessible. Plusieurs organisations dans le monde travaille donc à offrir une solution simpifiée.

C'est ce que l'entreprise IDC a entrepris de faire, en rendant disponible un petit calculateur en ligne gratuit.

J'ai fait quelques tests avec cette méthode (sur un plancher de bois ci-dessus) et je dois dire que j'ai été agréablement surpris. Elle pourrait bien servir à des fins éducatives. Mais je serais très mal à l'aise d'utiliser ce petit outil chez un client: il est beaucoup trop imprécis pour assister un dirigeant dans son processus décisionnel.

vendredi 16 janvier 2009

Le gros bon sens

Je ne compte plus le nombre de personnes qui, après avoir lu mon livre ou après avoir assisté à une conférence sur le développement durable, s'exclament ainsi: «Très intéressant. C'est du gros bon sens dans le fond.»

Ils ont parfaitement raison. Ce qui est très révélateur en soi: si la réponse à nos problèmes actuels est le gros bon sens, cela signifie que notre système ne fonctionne pas fort sur le gros bon sens!

Élémentaire, me direz-vous! Et pourtant...

jeudi 15 janvier 2009

Il fait -30 degrés celcius à Montréal!


Lorsqu'il fait vraiment froid sur Montréal, comme ce matin, on peut observer un phénomène qui, autrement, passe inaperçu.

Toutes les petites colonnes de fumée blanche qui s'échappent dans le ciel de la métropole sont en fait de la vapeur d'eau. Autrement dit, ce que l'on voit, c'est le gaspillage d'énergie (sous forme de chaleur) de nos bâtiments.

J'ai déjà travaillé au 17e étage d'un bureau du centre-ville et, chaque fois que ce spectacle m'était offert, je ne pouvais m'empêcher de penser aux directeurs des finances de toutes ces entreprises autour qui devaient probablement s'arracher les cheveux pour trouver des moyens de réduire leurs coûts... Ils n'avaient pourtant qu'à regarder par la fenêtre!

mercredi 14 janvier 2009

Ricardo Petrella: «La faillite du système économique est une occasion d'affaires»

Alain nous invite à prendre connaissance des propos Ricardo Petrella, économiste et politologue à l'Université Suisse Italienne en Suisse et auteur du Manifeste de l'eau pour le 21e siècle, qui se prononce sur la nécessité de réinventer notre système économique. Ce vidéo va dans le sens de mon dernier billet.

Retour aux vieilles pratiques d'affaires


Crise dans l'industrie forestière
Crise dans l'industrie des pêcheries
Crise dans l'industrie porcine
Crise financière
Crise dans l'industrie automobile
Crise dans l'industrie du textile
Crise immobilière (aux États-Unis)
[J'oubliais: Crise alimentaire (merci David!)]

Sans oublier les crises appréhendées
Pénurie de main d'oeuvre sans précédent d'ici 5 ans (due au vieillissement de la population)
Crise du système de santé (dû au vieillissement de la population)
Crise énergétique (avec le retour aux hausses vertigineuse des prix du pétrole)

En 2005, j'écrivais «Nous sommes arrivés au bout du chemin sur lequel nous nous sommes engagés avec la révolution industrielle. En ce début de millénaire, ce modèle a atteint ses limites. S'il persiste, c'est justement parce qu'il a connu tant de succès dans le passé. Ce succès est désormais dépassé.»

L'erreur qui nous guette devant toutes ces crises, c'est de tenter de retrouver la voie du succès en répétant les recettes connues:
- stimuler l'économie en subventionnant l'extraction des ressources naturelles,
- stimuler la consommation à l'aide d'un accès facile au crédit,
- sauver des emplois dans des industries en perte de vitesse au lieu de favoriser l'innovation dans des secteurs en forte croissance.

Le droit de rêver
Pourquoi devons-nous rester pris dans ce statu quo. Je milite pour un changement d'attitude général. Pourquoi ne serions-nous pas à nouveau ambitieux, créateur d'une société réellement durable, où les collectivités sont encouragées à se réinventer, où la notion de développement n'est pas au service du capital mais au service des gens.

J'écrivais dans le même texte cité plus haut: «Imaginez un développement conçu d'abord pour les gens. Imaginez des processus qui ne menacent pas notre santé. Des emplois qui seront lucratifs durant les 100 prochaines années. Des produits conçus intelligemment, adaptés aux besoins réels des consommateurs. Des usines qui filtrent les rivières et dépolluent l'atmosphère. Des activités économiques qui profitent à une majorité plutôt qu'à une minorité.»

Nous sommes à la croisée des chemins. Toutes ces crises ne se régleront pas avec un retour au vieilles pratiques d'affaires. Jai aussi déjà écris sur ce blogue que les entreprises qui ne s'adapteront pas aux nouvelles conditions du marché ne survivront pas à la prochaine évolution industrielle. De toute évidence, la succession de crises montre que c'est commencé.

Ne perdez plus de temps: évoluez!

lundi 12 janvier 2009

Coupez dans le gras

Un nombre croissant d'entreprises lancent des lignes de produits «verts»: écologiques, éthiques, bio ou équitables.

C'est bien. Mais le faire sans remettre en question les actions de l'entreprise et de continuer à produire les «autres» produits de manière traditionnelle est un gaspillage d'argent, de ressources et de temps.

Une personne qui cherche à perdre du poids n'améliorera pas sa silhouette en ajoutant de la salade et des légumes à son régime actuel. Sans couper dans le fast-food et les desserts, son nouveau régime ne fera que réduire son sentiment de culpabilité.

Pour réellement se remettre en forme, il faut faire plus qu'adopter un régime minceur. Il faut changer son régime de vie, ce qui implique changer ses habitudes, inclure des activités physiques dans sa routine quotidienne, voire modifier sa façon d'aborder la vie!

Entreprendre une démarche de développement durable est un défi similaire. En ces temps économiques plus difficiles, c'est le moment idéal de revoir vos processus et de réinventer votre modèle d'affaires.

vendredi 9 janvier 2009

Changer de paradigme: l'exemple urbain

Design orienté sur la voiture
1- Toit ayant peu d'amplitude
2- Entrée dissimulée
3- Stationnement majestueux

Design d'une résidence orientée sur l'humain
1- Toit avec une grande amplitude
2- Entrée majestueuse avec un grand balcon
3- Trottoir
4- Cour végétalisée à la place d'un stationnement asphalté

Source

mercredi 7 janvier 2009

2009 sera extraordinaire


Si vous deviez vous donner une note sur 10 pour votre performance au travail en 2008 (1 étant désespéré et 10 étant extraordinaire), combien vous donneriez-vous?

Soyez honnête: cette réponse n'est ni pour pour moi ni pour votre patron. Elle est pour vous.

Entre 1 et 5
Peut -être êtes-vous de ceux qui sont déçus, voire découragés, de ce que votre travail apporte dans votre vie. Les défis ne correspondent plus à vos attentes –peut-être sont-ils carrément absents. Peut-être aussi l'entreprise pour laquelle vous travaillez ne correspond plus à vos valeurs, ce qui est pire.

Si vous êtes dans ce cas, vous êtes chanceux.

Entre 9 et 10 (et plus)
Peut-être, au contraire, êtes-vous de ceux qui donnent leur 110% au travail. Vous êtes parfaitement heureux. Même que vous ne voyez pas ce que vous pourriez faire de plus tellement vous êtes performant. Bref, Martin Matte n'est qu'une pâle imitation de vous.

Dans ce cas, je vous plains.

Lorsque c'est le néant et que nous ne sommes pas satisfaits, l'être humain a la faculté de rebondir. C'est à ce moment que l'on entreprend de faire des changements importants dans notre vie. Notre malheur nous donne les moyens et l'énergie de changer la routine, de créer des choses et d'affronter nos peurs (perte d'un salaire, déception d'un client, etc.)

En revanche, lorsque nous trouvons que tout va pour le mieux, on ne veut rien changer. Pire, lorsqu'on se met à croire qu'il est difficile de faire mieux, il n'y a plus de place pour la créativité et l'innovation. Nous nous condamnons alors nous mêmes sans chercher à repousser nos limites. C'est triste.

2009 sera une année extraordinaire pour vous, que vous soyez dans le premier ou le deuxième groupe, si, et seulement si, vous vous en donnez réellement les moyens.

Vous voulez que votre entreprise s'améliore dans une perspective de développement durable? C'est excellent. C'est grâce à des gens comme vous que TOUTES les entreprises que je connais qui ont pris le virage sont rendus là où ils sont. Ce sont rarement des patrons. Et personne ne l'a fait à leur place.

Alors! Que ferez-vous d'extraordinaire en 2009? (indice: vous seul avez la réponse)

mardi 6 janvier 2009

Protégé de la crise économique par sa maison verte

Emmanuel habite la maison la plus verte de Montréal, et peut-être de toute l'Amérique.

Contrairement à vous et moi, il est moins vulnérable face aux aléas des marchés et de la crise économique. Pourquoi? Parce qu'il a divisé par presque 10 les coûts énergétique de sa maison.

Elle coûtait environ 5000$ par année avant la rénovation LEED. Aujourd'hui, sa facture est d'à peine 800$. Incroyable!

En ces temps plus difficiles, j'aimerais bien économiser 4200$ par année moi aussi.

Pour en connaître plus sur la maison d'Emmanuel, son travail de pionnier et sur les maisons vertes au Québec, duproprio.tv a réalisé une série très intéressante à l'automne. Voici l'intégrale du dernier épisode (rénologique épisode 12, durée 13 min.) sur la certification LEED for Homes.

jeudi 1 janvier 2009

Bonne année

Je vous souhaite une année remplie de «possibilités». Cette présentation remarquable de Benjamin Zander –très inspirant– vous aidera à comprendre ce que je veux dire. Bonne année!