La prochaine evolution industrielle

mardi 31 mars 2009

Les meilleures pratiques d'affaires sur Ethipedia


Vous voulez être inspiré par d'autres ou utiliser des exemples concrets pour convaincre votre patron/client/collègue? Le site Ethipedia présente de courts textes d'organisations qui ont mis sur en place des pratiques d'affaires durables.

En parcourant le site, vous pourrez, entre autres, apprendre comment:

- Molson a réduit sa consommation d'énergie
- IBM a mis en place une pratique d'approvisionnement responsable
- Steelcase fait de l'écoconception

Vous pouvez également ajouter votre contribution si vous êtes prêts à communiquer votre expérience d'intégration de pratiques durables.

lundi 30 mars 2009

Les consultants en DD sont une espèce en voie d'apparition


Il y a 300 ans, si vous aviez besoin de vous acheter une maison, il y a de fortes chances que vous deviez la bâtir vous même. Les entrepreneurs en construction n'existaient pas.

Votre famille (plutôt nombreuse dans ce temps là) et les voisins vous donnaient un coup de main et, en l'espace de quelques mois, vous aviez un toit où loger et une petite terre à exploiter.

Éventuellement, certains se sont spécialisés. Ils se sont mis à construire des maisons à temps plein, devenant ainsi les premiers entrepreneurs généraux. Au début, les technologies n'étaient pas très développées, ce qui faisait qu'à peu près n'importe qui d'un peu habile de ces mains pouvait se prétendre constructeur de maison.

Avec le temps, le nombre d'entrepreneurs a augmenté, et ceux-ci ont embauché des équipes afin de toujours réduire les coûts et d'augmenter le nombre de maisons en chantier par année.

En même temps, les constructeurs prenaient de l'expérience et les techniques s'amélioraient. Les technologies aussi. Ainsi, un jour, il y a eu assez d'entrepreneurs pour qu'un des employés qui était plutôt habile avec les briques et le mortier se spécialise à son tour. Puis, un autre s'est spécialisé dans l'installation de portes et de fenêtres. Puis un autre, la toiture, un électricien, un plombier, etc. etc.

De nos jours, il vous faut quatre corps de métier pour installer une laveuse-sécheuse:

  • un expert en découpe de ciment (pour faire le trou qui va à l'extérieur)
  • un plombier
  • un électricien
  • un spécialiste en ventilation
J'utilise souvent cette métaphore pour expliquer ma compréhension de l'état du marché des consultants en développement durable. Nous sommes à l'étape où tout le monde est un peu entrepreneur général, car le marché est, pour l'instant, encore trop petit pour vivre d'une niche étroite (à moins d'être présent à l'échelle mondiale).

Avec le temps, les technologies et les pratiques vont se développer, et toute une industrie va naître... À moins que les autres industries ne s'adaptent afin d'inclure systématiquement le développement durable dans leurs pratiques.

Dans les faits, j'imagine qu'il y aura un peu des deux, comme pour l'industrie du Web et des TI.

jeudi 26 mars 2009

L'art de repenser selon IDEO

Ideo figure parmi les mythes du design de produits. L'entreprise est à l'origine du design de la première souris pour Apple, entre autres. Voici en trois épisodes comment elle réussie à repenser non seulement les objets qui nous entourent, mais aussi nos modes de vies. Je suis curieux de savoir ce que vous en pensez. N'hésitez pas à laisser un commentaire... il me semble qu'il y a matière à échange.





mercredi 25 mars 2009

MEC ne recycle plus les vêtements


Mountain Equipment Coop (MEC) est réellement un exemple à reproduire en ce qui a trait à la communication de leurs efforts en développement durable. J'ai déjà parlé de leur humilité, de leur ouverture d'esprit et de leur transparence. Voici un nouvel exemple tiré de leur catalogue printemps-été 2009, que j'ai reçu hier par la poste.

L'entreprise commence en disant (de mémoire): Vous achetez un chandail chez MEC. Vous le portez. Vous le ramenez. Nous le recyclons. Nous croyons que c'est une bonne idée.

Puis, elle précise: En travaillant avec nos fournisseurs, nous avons appris que le recyclage de ces vêtements n'est pas simple, et qu'il peut avoir d'importants impacts sur l'environnement. Pour que le processus fonctionne, il faut s'assurer de l'origine de la fibre à recycler. Pour les vieux chandails, nous n'avons pas d'indication suffisante pour garantir que le processus de recyclage fonctionne. Par conséquent, nous avons décidé d'interrompre le programme de recyclage.

Et elle conclut avec la leçon qu'elle a apprise: Nous comprenons que pour réussir à fermer la boucle, il faut mieux identifier l'origine des fibres et s'assurer que l'information suive tout au long du cycle de vie du produit. C'est ce sur quoi nous travaillons désormais avec nos fournisseurs.

Voilà! Simple. Clair. Les gens comprennent que le recyclage est la solution, mais que les anciens produits n'ont pas été conçus pour cela. MEC ne prend pas ses membres pour des imbéciles. Et ils s'efforcent d'apporter les changements pour qu'un jour, le recyclage (le vrai!) soit chose courante.

S'il y a une chose à retenir de tous ces exemples, c'est que MEC a compris que pour communiquer efficacement ses actions... elle doit avoir des actions à communiquer. Quand vous êtes impliqués dans la transformation à tous les niveaux de votre organisation au quotidien, ça devient facile d'avoir des choses intéressantes à dire. Les consommateurs verts ne veulent pas que vous soyez parfaits. Ils veulent voir que vous apprenez et que vous évoluez. Ça c'est inspirant!

La prochaine évolution industrielle et vous

Ce billet est le troisième d'une série de trois.
1. Manque de vision
2. Blindsided
3. La prochaine évolution industrielle et vous


Il y a environ 250 ans, il s'est produit un changement unique d'une ampleur inégalée dans l'histoire de l'Humanité: la révolution industrielle.

Aujourd'hui, nous entrons dans une nouvelle ère de changements, et il est temps que nous commencions à planifier en conséquence.

La question qui tue
À la fin de ce billet, la question que vous devez vous poser le plus honnêtement possible est la suivante: est-ce que mon employeur/entreprise/industrie est sérieusement par une rupture technologique? Suis-je blindsided?

Les chances que vous répondiez NON sont grandes. Nous avons tous tendances à refuser de croire à la disparition de notre gagne pain. Pourtant, aussi gros et imposant que GM pouvait être, l'ex-numéro un mondial est à genou. C'est maintenant évident, mais leurs dirigeants ont été blindsided il y a 10 ans, alors que l'entreprise générait des profits records avec ses VUS.

Peut-être que vos ventes ont augmenté l'an dernier et ce, malgré la crise. Peut-être êtes-vous dans la fonction publique. Ne laissez pas ces informations biaiser votre jugement. Pour savoir si votre emploi est menacé, posez-vous la question suivante: quelle est la fonction de mon organisation?

Si vous répondez, par exemple, faire des voitures... Attention! Vous êtes à risque d'être blindsided. Car en réalité, vous ne faites pas des voitures. Vous aider des gens à se déplacer. Voilà la vraie nature de votre activité. Et plusieurs concurrents, qui ne vont même pas à vos événements industriels et qui ne vous connaissent pas, sont aussi dans la business de déplacer des gens. Et c'est de eux que viendra la prochaine rupture technologique.

Si vous êtes journaliste, vous n'écrivez pas dans un journal. Vous transmettez des informations écrites. Le journal n'est qu'un moyen d'y parvenir.

Si vous êtes un fabricant de PVC pour les portes, votre vraie business est de permettre aux gens d'entrer et de sortir de la maison. Pas de produire du PVC.

Si vous êtes gérant d'un club vidéo, votre fonction est de distribuer du contenu vidéo, pas de louer des DVD.

Ce ne sont pas tous les métiers qui sont systématiquement menacés. Mais c'est à vous de répondre à la question en toute honnêteté. Ensuite, jouez l'avocat du diable. Supposez un instant que vous êtes celui qui veut inventer un modèle d'affaires pour remplacer votre employeur/entreprise/industrie. Que feriez-vous?

mardi 24 mars 2009

Blindsided!

Ce billet est le deuxième d'une série de trois.
1. Manque de vision
2. Blindsided
3. La prochaine évolution industrielle et vous


Dans ce court vidéo réalisé au «salon de l'auto le plus vert», le Geneva Motor Show, David Ward annonce avec enthousiasme le lancement de l'initiative «50 by 50». Le projet consiste à réduire de 50% la consommation de carburant du parc automobile d'ici 2050.

«It's a very bold and ambitious goal», précise David Ward.

Il a probablement raison dans la contexte actuel. Pour se donner des objectifs ambitieux, les dirigeants évaluent un ensemble de facteurs et de données, comme l'historique de la consommation des véhicules. Celle-ci ne varie pas tant que ça depuis l'invention de l'automobile, il y a plus d'un siècle. Dans ce contexte, viser une économie d'essence de 50% par kilomètre par rapport à aujourd'hui paraît ambitieux, voire insurmontable.

Mais la question que les dirigeants oublient encore et encore de se poser est la suivante: est-ce que le contexte actuel sera encore actuel dans 40 ans?

Autrement dit, est-ce qu'il n'y aura pas une rupture technologique qui viendra rendre mon produit/entreprise/industrie désuette. L'arrivée sur le marché du moteur électrique, par exemple?

Les Anglais appellent blindsided ceux qui sont incapables de voir venir la rupture technologique.

L'industrie du film est tombée en moins de 10 ans après l'introduction des caméras numériques. Les imprimeurs sont sur le point de piquer du nez de la même façon avec l'arrivée du papiel (papier électronique). C'est aussi vrai, selon moi, pour les fabricants de moteurs à essence, qui commencent à partager la route avec des moteurs électriques – plus économes, plus verts, plus performants.

Dans ce contexte d'évolution industrielle, est-ce que le but de réduire de 50% la consommation d'ici 2050 est toujours aussi ambitieux?

vendredi 20 mars 2009

Manque de vision

Ce billet est le premier d'une série de trois.
1. Manque de vision
2. Blindsided
3. La prochaine évolution industrielle et vous


Il ne suffit pas de dire que l'on est un leader pour que ce soit vrai. Voici un extrait du budget 2009-2010 déposé par la ministre Jérôme-Forget hier.

La section s'intitule: Des mesures audacieuses pour affirmer la place du Québec comme leader mondial de la protection de l'environnement et des technologies vertes.

«Le Québec est un leader du développement durable et affiche le meilleur bilan au canada pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre par habitant. Afin de poursuivre dans cette voie, le budget prévoit:

  • un programme d’immobilisations de 500 millions de dollars pour l’installation d’équipements de production de bioénergie, entre autres par le recyclage de déchets domestiques;
  • un programme de 204 millions de dollars pour accélérer le plan de modernisation de la gestion des barrages publics;
  • un programme de 8 millions de dollars pour le soutien à la recherche et au développement de nouvelles technologies;
  • un crédit d’impôt remboursable pour favoriser l’achat ou la location d’un véhicule écoénergétique.
Croyez-vous réellement que nous allons attiré des investisseurs ou développer quelque technologie propre que ce soit avec un maigre 8M$?

Convertir des déchets en biogaz et subventionner l'achat de véhicules hybrides sont des initiatives louables, mais de là à dire que ces mesures vont faire du Québec «un leader mondial des technologies propres»... c'est nous prendre pour des tartes!

Si ces mesures sont «audacieuses», je me demande quel mot peut qualifier les mesures de Barack Obama, dont 15 milliards pour la R-D des énergies propres. Je sais, l'échelle budgétaire du président américain n'est pas la même que nous, mais on s'entend pour dire que nous ne sommes pas dans la course.

Cela dit, il n'est pas nécessaire d'investir 15 milliards pour faire du Québec une plaque-tournante des technologies propres. Il faut d'abord miser sur notre avantage concurrentiel.

Il y a une bonne nouvelle dans tout ça: le Québec aura sa Grappe industrielle des technologies propres. Félicitations aux agents de changements qui portent le dossier à bout de bras!

mardi 17 mars 2009

Formations sur le développement durable


Au cours des prochaines semaines, je vais participer à quelques événements sur le développement durable ouverts au public. Je vous invite à vous inscrire...

1. Conférence sur le bâtiment vert
2 avril à Québec

Pôle Québec–Chaudière-Appalache

2. Formation d'introduction au développement durable
8 avril à Rivière-du-Loup

Fondation québécoise de l'entrepreneurship

3. Le développement durable: pour qui, pour quoi?
16 avril à Québec

Salon international du livre de Québec 2009

4. Conférence sur la consommation responsable
22 avril à Québec

Agora de l'Université Laval, REF Clothing

5. Formation sur la gestion du cycle de vie
23 avril à Montréal
Novae.ca


lundi 16 mars 2009

La crise nuit-elle au DD?


En décembre dernier, la crise économique a éclipsé le développement durable dans les médias francophones du Canada. Ce qui fait dire à plusieurs que le DD est un effet de mode, sans plus. Or, chose intéressante, le DD semble se retrouver à nouveau dans la mire des journaliste depuis le début de l'année 2009.

Je tire ces conclusions à partir du petit tableau que j'ai produit ce matin. Il montre le nombre d'article publié chaque mois par les médias écrits du Canada français (principalement le Québec). Bien sûr, ce serait plus intéressant d'avoir une longue période pour bien évaluer la tendance, mais je cherchais à savoir plus précisément quels étaient les effets de la crise sur la place qu'occupait le DD dans les médias.

On sait que 2007 avait été l'année médiatique du vert et du développement durable. On remarque qu'il s'est écrit une quarantaine d'articles en moins en novembre dernier par rapport la même période en 2007. Et il s'en est écrit une centaine de moins en décembre! Par contre, janvier et février de la nouvelle année sont à peu près similaires aux deux premiers mois de 2008.

Ce qu'il faut retenir, c'est que, oui, il y a un effet de mode. Mais il y a aussi une tendance de fond. Dans les prochains mois, j'ai l'impression que la chute de l'économie va ralentir. Sans parler d'un retour à la croissance, ce ralentissement du ralentissement marquera la fin de la période de panique et le début de la restructuration.

Après tout, il faut préparer la relance. Le faire dans une perspective de développement durable est, à mon avis, incontournable. Parlez-en à GM!

lundi 9 mars 2009

Les dangers de la communication responsable


Dans sa dernière chronique, François Cardinal parle de l'effet douche froide. Il explique que la multinationale Dow Chemical s'en prend au Code de gestion des pesticides du Québec devant les tribunaux afin de l'invalider en vertu du fameux Chapitre 11 de l'ALENA.

Le réglement québécois, rappelons-le, vise à bannir les pesticides à usage esthétique (notamment sur nos pelouses) parce qu'ils sont une source importante de substances toxiques.

Sauf que Dow est responsable
Sur son site, Dow se présente comme un leader mondial en matière de développement durable:

«At Dow, we have always believed that the role of chemistry is to do more good in the world. Seen this way, the work of chemistry suddenly moves from focusing on the basics of business – products and bottom lines – to life itself. In short, we are committed - through chemistry - to the betterment of global humanity

Le premier des objectifs que l'entreprise veut atteindre d'ici 2015 est «la protection locale de la santé humaine et de l'environnement». Plus on lit sur les engagements de Dow en matière de responsabilité sociale et de développement durable, plus on découvre une incohérence flagrante.

Probablement que les gens qui ont participé aux engagements de la société étaient très sincères et de bonne foi. Nous sommes loin du complot. Mais l'organisation est si gigantesque qu'il est impossible de s'assurer que tout le monde dans l'entreprise comprenne le sens de ces engagements. Ceux qui sont là depuis 20 ou 30 ans vous répondront: that's not how we do business!

Risque de greenwashing
C'est là tout le danger du discours «responsable». Ça prend des années pour changer une culture d'entreprise, surtout de cette taille. Le risque d'être accusé de greenwashing est donc énorme.

Certains diront que, de nos jours, Dow ne peut pas se permettre de rester silencieuse sur la question de l'image responsable. En fait, Dow ne peut plus se permettre d'être irresponsable. Continuer comme avant (en poursuivant le Canada en vertu du Chapitre 11 de l'ALENA par exemple) enlève toute crédibilité au message et à l'image responsable. Et après, que restera-t-il?

L'un des hommes les plus riches au monde, Warren Buffet, a déjà dit quelque chose comme: il faut 20 ans pour bâtir sa réputation et cinq minutes pour la détruire.

La morale de l'histoire: il faut apprendre à marcher (sur une pelouse non toxique!) avant de parler.

mardi 3 mars 2009

Convertissez votre Prius en génératrice

Cet article explique comment convertir votre voiture hybride en génératrice pour votre maison.

L'idée peut paraître farfelue. Mais c'est en fait ce qui nous attends d'ici quelques années (ok, plusieurs années.... mais on ne parle pas de générations quand même). En fait, pouvoir générer de l'énergie à partir de notre voiture va transformer la société dans son ensemble. C'est du moins ce que les experts disent à ce sujet.

Personnelllement, je suis encore à essayer de comprendre les implications de cette technologie d'un point de vue du cycle de vie. Car, il est clair que si l'électricité dans nos voitures est produite à partir d'hydrogène et que celui-ci est produit avec du gaz naturel (je saute déjà à la technologie suivante-exit le pétrole)... on ne fait que déplacer les impacts.

Alors, quels sont les vrais avantages de cette technologie? des idées?

lundi 2 mars 2009

Go go ecoGadget!


Fast Company présente les gagnants d'un concours faisant la promotion de gadgets verts. Par exemple, celui que vous voyez est une sorte de «Craiglist pour votre appartement». Les locataires seraient en mesure d'utiliser l'Eco-Neighbuzz pour demander à leurs voisins s'ils peuvent emprunter du sel, mais aussi tout un tas de choses (un tournevis, une tondeuse, etc.)

L'histoire ne dit pas si le gadget se rappelle qui est le dernier à vous avoir emprunter votre perceuse...