L'auto-censure nuit-elle à votre créativité?

À chaque midi, alors que je faisais la file à la cafétéria de l'École Polytechnique, je prenais machinalement un plateau. La plupart des autres étudiants dans la file prenaient aussi un petit naperon en papier, qu'ils couchaient dans le fond du plateau.
Pour ma part, je ne voyais pas l'utilité du naperon en papier. Sans y penser, la plupart des gens le prenaient. Mais j'étais convaincu que si, un bon matin, quelqu'un avait oublié la pile de naperon en papier, personne ne s'en serait rendu compte... et cela aurait été ça de mieux pour la planète.
J'étais toutefois loin de penser que le cabaret était de trop lui aussi!
C'est pourtant la nouvelle tendance dans les cafétérias aux États-Unis. Dans 126 sur 300 institutions recensées, il n'y a plus de plateau. Pourquoi? Voici quelques-uns des avantages:
- Moins d'eau (lavage)
- Moins d'énergie (lavage)
- Meilleure santé (portions plus petites)
- Moins de gaspillage de nourriture
J'aime cet exemple, car il me confronte à mes propres idées reçues. Remettre en question nos habitudes est la chose la plus difficile à faire. Pas parce que nous sommes de mauvaise foi, mais parce que les gestes et les objets que l'on prend pour acquis sont devenus invisibles à nos yeux.
Instinctivement, j'aurais anticipé la résistance des gens à l'idée de retirer les cabarets. Probablement parce que je les trouvais utiles. Donc, je me suis défendu de seulement envisager cette solution: je la jugeais trop drastique.
Autrement dit, je me suis auto-censuré... Je me demande si je fais ça souvent?
[À Dalhousie, il paraît que ça marche!]

















