La prochaine evolution industrielle

vendredi 29 mai 2009

Le papier électronique, une solution verte au papier

La vitesse à laquelle évolue le papier électronique, que j'appelle «papiel», est impressionnante. Jugez-en par vous même avec le dernier modèle de Plastic Logic:

plastic logic ebook from Gizmodo on Vimeo.



Je m'intéresse au papiel depuis un bon moment. C'était le sujet de mon mémoire de maîtrise en 2004. J'ai d'ailleurs contribué au livre La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique, un collectif d'auteurs qui traite du déclin de l'industrie de l'impression au profit du papiel.

Le but de mon mémoire était d'évaluer la performance environnementale du papiel comparativement au papier journal traditionnel à l'aide d'une analyse du cycle de vie (ACV). Les résultats sont à sens unique: la papiel a sept fois moins d'impacts.

Mieux encore, depuis, les technologies de l'information ont continué d'évoluer: écran plats, économiseurs d'énergie, etc. Par conséquent, les études plus récentes montrent que les produits électroniques sont encore plus performants!

Cela dit, le papiel n'est pas encore une solution de remplacement envisageable pour votre prochain rapport annuel. Par contre, ne sous-estimez par la vitesse à laquelle cette technologie peut envahir nos marchés. Déjà, aux États-Unis, Amazon a vendu des millions d'unités de son Kindle.

Rappelez-vous les premières caméras numériques. Elles étaient en noir et blanc, lourdes, ne prenaient que quelques photos d'une qualité inacceptable. Pourtant, il aura fallu à peine une douzaine d'années pour que Nikon cesse toute production de ses caméras argentiques.

A mon avis, d'ici cinq ans, vous lirez ce blogue sur votre papiel.

jeudi 28 mai 2009

Ciblez votre audience, ignorez les radicaux


Hier, j'ai rencontré un groupe de communicateurs qui m'ont raconté toutes sortes d'histoires d'horreurs. Les plus entendues sont celles où des radicaux ont reproché publiquement leurs actions de communications.

Par exemple, un panneau publicitaire en bordure de route incitant les passants à réduire leur consommation d'énergie, le tout éclairé par un système fonctionnant à l'énergie solaire. Un groupe de militant a dénoncé la publicité parce qu'elle utilisait des ressources. Le responsable leur a alors demandé comment il pourrait s'améliorer. Réponse: vous n'auriez dû rien faire, c'est le seul moyen de préserver l'environnement.

Si vous avez vécu une situation similaire, j'ai une mauvaise nouvelle: cela est inévitable.

Même les meilleurs, les plus inspirants et les plus admirés reçoivent de tels reproches. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il s'agit d'une minorité de gens qui n'ont pas l'appui du reste de la population, car un tel discours ne les rejoints pas.

Mais attention! Ces militants radicaux qui ne veulent rien entendre peuvent être confondus avec des consommacteurs, ceux qui offrent des solutions concrètes, qui s'informent sur les détails de vos prétentions «vertes», qui dénoncent le greenwashing et, surtout, qui sont très efficaces pour dénoncer ou évangéliser une organisation ou un produit.

Ceux-là sont non seulement crédibles, mais ils devraient être votre audience cible si, et seulement si, vous avez une démarche solide, humble et transparente pour appuyer votre message. Sachez qu'ils seront méfiants au début, mais ils peuvent devenir de bons alliés une fois que vous leur avez démontré le sérieux de votre démarche.

lundi 25 mai 2009

Jean Charest ne sait pas de quoi il parle


Notre premier ministre, Jean Charest, vient d'annoncer que son gouvernement «mettait le cap sur l'exportation des énergies propres», et qu'il allait appuyer sur l'accélérateur pour «faire du Québec la première puissance mondiale des énergies propres et renouvelables».

Que le gouvernement veuille sérieusement aller dans cette direction est une excellente nouvelle. Rappelez-vous qu'il y a quelques années à peine, le même premier ministre voulait plutôt faire du Québec une terre d'accueil pour les projets de centrales au gaz...

Malheureusement, la vision qu'il nous présente dans les médias ne s'inscrit pas du tout dans une démarche durable. Il parle de construire un nouveau barrage en 2017 et d'exporter l'électricité aux États-Unis. De toute évidence, soit M. Charest ne sait pas de quoi il parle, soit il est mal conseillé (les deux peut-être!).

J'ai déjà expliqué ici et ici pourquoi exporter notre énergie est une erreur. Je ne m'y attarderai donc pas à nouveau. Ajoutez à cela le fait que les Américains ne reconnaissent pas nos barrages hydroélectriques comme une source d'énergie renouvelable (et pourquoi le feraient-ils? Ils n'ont rien à gagner à le faire!), vous avez là une stratégie boîteuse.

J'aimerais croire à son discours «visionnaire». Pour que cela soit le cas, il devrait me parler non pas des prochaines rivières qu'il entend arnacher, mais des solutions qu'il mettra de l'avant.

Bref, si M. Charest savait de quoi il parlait lorsqu'il est question de faire du Québec un leader des énergies propres, il comencerait par les quatre projets suivantes:

  1. il ferait du Québec la Sillicon Valley des technologies propres au lieu d'exporter l'électricité;
  2. il hausserait les tarifs, particulièrement les tarifs industriels: de l'énergie propre, ça se paye (qu'il subventionne les emplois, pas le gaspillage);
  3. il mettrait sur pied des programmes et adopterait des technologies pour gérer la pointe;
  4. il lancerait le plus grand chantier d'économies d'énergies au monde.
C'est incroyable de constater le potentiel unique du Québec en matière d'énergie. Serons-nous capables d'en profiter? Force est de constater que nous sommes mal partis...

jeudi 21 mai 2009

L'Analyse sociale du cycle de vie voit le jour!


Bonne nouvelle! Le groupe de travail des Nations unies vient de publier les critères internationaux pour la réalisation d'une Analyse sociale du cycle de vie (ASCV). Vous pouvez le consulter ici.

Avec cet outil reconnu internationalement, la gestion du cycle de vie devient de plus en plus incontournable dans tout processus de développement durable, car il s'ajoute à l'ACV environnementale (ISO 14040) et l'Analyse des coûts du cycle de vie (ACCV).

L'ASCV pourrait faire changer bien des choses. La place du social va (enfin!) pouvoir être mieux prise en compte dans le processus de décision des dirigeants. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais je crois que cela a le potentiel de transformer les critères de décisions à moyen et long terme.

Félicitations à Catherine, Andrée-Lise, Pascal, Jean-Pierre et Julie pour votre implication et votre travail. Vous avez vraiment contribué à faire rayonner nos forces locales sur la scène internationale. Encore bravo.

Je remercie tout particulièrement Catherine, qui m'a invité à faire parti du comité de révision des lignes directrices. Ce fut un privilège.

mardi 19 mai 2009

Les produits verts résistent à la récession!

Jérôme a pensé que cet article en intéresserait plusieurs d'entre vous. Je crois qu'il a raison... voici les trois graphiques pour vous en convaincre. Ils présentent les principaux critères de sélection des consommateurs avant, pendant et après la récession.





mardi 12 mai 2009

Le mythe de la voiture électrique


«Il est temps que la propulsion électrique déloge le moteur à combustion. Finie notre dépendance au pétrole».

Cette citation est tirée du dernier billet fort intéressant de Bernard Mooney sur Zenn Motor. Affirmer que les moteurs électriques vont mettre fin à notre dépendance au pétrole est une erreur répandue.

Car pour produire l'électricité nécessaire pour recharger les batteries, il faudra construire davantage de centrales. À l'extérieur du Québec, qui dit nouvelles centrales électriques dit davantage de centrales au gaz, au charbon «propre», au mazout ou nucléaire...

Même ici, ce n'est pas dit que le Québec pourra soutenir un parc automobile complet sans avoir recours à des centrales au gaz.

Bref, dans le contexte actuel, tout ce que les voitures électriques vont faire sera de déplacer le problème. Si vous lisez ce blogue régulièrement, j'imagine (j'espère) que je ne vous apprends rien. Pourtant, je reste surpris de voir combien le discours dominant passe perpétuellement sous silence cette réalité.

J'appelle cette façon de pensée le syndrome de la solution myope. C'est un vrai fléau. En voici d'autres exemples:

  • Pour protéger la couche d'ozone, nous avons remplacé les gaz réfrigérants CFC par des HCFC, des gaz sans danger pour la couche d'ozone mais 10000 fois plus puissants que le CO2 pour réchauffer le climat.
  • L'éthanol fait à partir de maïs devait nous libérer du pétrole. On comprend aujourd'hui que l'éthanol engendre d'autres impacts sur les cours d'eau, sans oublier la pression à la hausse sur le prix de cette denrée alimentaire.
  • Le gouvernement québécois a poussé les infirmières à prendre des retraites préventives pour réduire les coûts. Aujourd'hui les coûts ont explosé parce qu'il manque d'infirmières.
Allez comprendre! Heureusement, il existe un moyen pour vous protéger du syndrome de la solution myope. Posez vous simplement la question: quelles seront les impacts de ma décision? C'est tout. Ce qui ne veut pas dire que c'est facile d'y répondre. Essayez, on s'en reparlera.

lundi 11 mai 2009

Al Gore fait une mise à jour

vendredi 8 mai 2009

Le pouvoir d'une image

Certaines images sont si puissantes qu'elles restent gravées dans notre mémoire. Un moment fort du film An Inconvenient Truth est quand Al Gore monte dans un élévateur afin de souligner l'importance de la hausse des émissions de GES depuis le dernier siècle. En soi, le graphique était très impressionnant, mais le coup de l'élévateur (et le fait que cela prend du temps pour monter) ajoute l'élément qui fait WOW! Puis voilà, c'est gravé dans votre mémoire.

Un autre exemple est certainemen la célèbre présentation de Hans Rosling.

Dans cet ordre d'idée, mon ami Gontran a entrepris de nous présenter des images toutes simples pour nous parler de l'actualité. Son nouveau blogue This Week On a Post-it est tout simplement génial.

Ce n'est pas dit que je ne lui piquerai pas l'idée pour faire un billet ou deux... peux-tu m'envoyer ton image d'un post-it? ;-)

jeudi 7 mai 2009

Les entreprises responsables font mieux en temps de crise


Les investisseurs récompensent les entreprises reconnues pour leur engagement envers une démarche concrète de développement durable. Ainsi, parce que les investisseurs les considèrent moins à risque et mieux gérées, ces entreprises écoresponsables sont plus protégées de la crise.

C'est la conclusion d'une étude de ATKearney, une firme de consultants. On apprend entre autres que, en moyenne, les entreprises qui ont réellement intégré des pratiques durables avaient une capitalisation boursière supérieure de 650 M$ comparativement aux autres entreprises de leur industrie et ce, au plus fort de la crise aux États-Unis. C'est considérable!

Ces résultats ne m'étonnent pas. Ce qui m'étonne, c'est à quel point les dirigeants et les gestionnaires qui, même devant ces résultats, continuent d'être sceptiques du business case du développement durable.

Comme m'a dit un haut dirigeant après avoir lu mon livre: «Dans le fonds, le développement durable, c'est juste du gros bon sens!»

mercredi 6 mai 2009

Profits vs moralité (bis)

«We must ask, not just is it profitable, but is it right?»
Barack Obama, le 18 décembre 2008.

mardi 5 mai 2009

Réussir sans âme ou échouer avec des valeurs?


C'est le choix qui s'est présenté à Shai Agassi. Il y a quelques années, il avait l'occasion de devenir le PDG de SAP, l'un des plus important fournisseur de logiciel au monde. Ce mois-ci, il raconte dans Harvard Business Review pourquoi il a refusé l'emploi.

«Je me suis vu à 50 ans ayant accepté le poste de PDG. J'ai imaginé que non seulement SAP avait réussi sous ma gouverne, mais nous étions devenu numéro un, devant Microsoft.»

Puis, il s'est imaginé ayant refusé l'emploi pour réaliser son rêve: lancer Better Place, une entreprise qui cherche à révolutionner le modèle d'affaires automobile en misant sur la location de batteries pour voitures électriques.

«Je me suis vu dans le pire scénario, celui ou Better Place aurait échoué. Après avoir marché toute la nuit en jonglant avec ces deux scénarios, j'ai compris qu'il n'y avait pas de doutes... Je préférais échouer à Better Place que réussir à SAP, parce qu'aucun emploi ne se compare à essayer de sauver la planète

Pour avoir fait le même choix que lui (toute proportion gardée), je peux vous dire une chose: il n'y a rien de plus gratifiant que de se lever le matin sachant que l'on vit ses valeurs sur le plan professionnel.