La prochaine evolution industrielle

mardi 30 juin 2009

L'avion plus vert que le train?


C'est la bombe publiée dans les médias à partir d'une analyse du cycle de vie des modes de transport aux États-Unis.

En ACV, rares sont les fois où tout est noir ou blanc. On réalise qu'il y a plutôt de nombreuses zones grises lorsque l'on compare deux options. Ce qui ne fait pas l'affaire des médias... d'où le superbe point d'interrogation à la fin du titre dans Cyberpresse!!!


Ce que dit réellement l'étude
L'étude montre que l'avion performe mieux que le train, c'est vrai, mais dans un seul cas... sur six cas évalués. Et ce n'est plus vrai lorsque l'on tient compte de l'analyse de sensibilité. Mais même en faisant abstraction de la sensibilité, il faut tenir compte de l'équivalence fonctionnelle du cas en question: un boeing 747 et le Boston Green Line (la photo du train ci-dessus).

En ACV, comparer un passager-kilomètre-transporté (PKT), comme l'on fait les auteurs, ou 1000 PKT est du pareil au même, car l'intensité est linéaire. Or, j'argumente qu'ici, il faut être prudent en interprétant ces résultats.

Le boeing 747 est un des plus gros avions commerciaux conçu pour faire de longues distances. En avion, les principaux impacts en GES se produisent au décollage et à l'atterissage. Les chercheurs ont divisé les impacts du voyage par le nombre de km parcourus et le nb de passagers pour obtenir leur PKT. Autrement dit, les impacts du décollage et de l'atterissage sont «amortis» par la distance.

Le train de Boston, au contraire, est conçu pour faire des arrêts fréquents intra-urbains. Par conséquent, il est automatiquement désavantagé dans ce genre de comparaison. En d'autres termes, on peut scientifiquement comparer le train de Boston avec un Boeing 747, mais dans la réalité, personne ne peut prendre un Boeing 747 pour faire le trajet Ahuntsic-Longueuil.

À la rigueur, à partir de l'étude, le mieux qu'on pourrait faire est de comparer le train de Boston à un petit avion ultraléger conçu pour faire des voyages entre deux régions.

Dans ce cas, le train de Boston émet autour de 140 gCO2e comparativement à 180 gCO2e par PKT pour l'avion, soit 29% de plus! Et encore, je ne suis pas prêt à dire que ces deux véhicules sont équivalents.

Cela dit, toujours à partir de l'étude, là où le train perd vraiment du terrain par rapport à l'avion, c'est au niveau des émission de souffre (SO2). Là, clairement, le train est perdant. Cela s'explique évidemment par la combustion du charbon par la centrale électrique qui alimente le train.

De là à conclure que le train est pire que l'avion où de revoir les politiques publiques en matière de transport, il y a un pas que je ne franchirais pas.

[Gontran précise qu'il ne s'agit pas d'une analyse du cycle de vie au sens de la norme ISO, mais d'une méthode hybride entre l'ACV et une approche input-output].
k2uwft9njp

mardi 23 juin 2009

Mon rêve? Travailler avec un leader aussi inspirant que Ray Anderson

L'histoire de Ray Anderson, le fondateur d'Interface, est aujourd'hui un classique du développement durable. Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous propose de visionner cette présentation (15 min.).

Pour ceux qui le connaissent, vous serez sûrement intéressé par sa révision de la fameuse équation d'un impact I=PAT.





Avouez que votre boulot prendrait un tout autre sens si votre patron vous parlait comme lui!

lundi 22 juin 2009

Donnez un livre à un leader...

Bonnes nouvelles. Après l'invitation à participer au projet Donnez un livre à un leader, quelques lecteurs se sont mouillés:

- Judith envoie un livre à Stephen Harper, premier ministre du Canada, et un autre à Nathalie Normandeau, députée de Bonaventure et vice-première ministre du Québec.

- Éric envoie son livre à son député, Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles du Québec.

C'est bien (un gros merci et Judith et à Éric). Mais je suis sûr qu'on peut faire mieux encore. Vous pouvez consulter la liste de suggestions (y compris notre premier ministre Jean Charest).

mercredi 17 juin 2009

Participez au premier Green Dating d'affaires


Novae et le Salon national de l'environnement (SNE) organisent le premier événement de Green Dating au Québec.

Le concept est simple: à la manière d'un speed dating, vous rencontrez 10 organisations qui vous dont découvrir leurs produits et services en matière de développement durable.

C'est une belle occasion «d'accélérer l'adoption de pratiques durables au sein de votre entreprises», selon les organisateurs.

Ce genre de formule a connu beaucoup de succès à Toronto, dans l'Ouest du pays, aux États-Unis et, évidemment, en Europe.

C'est ce vendredi entre 15h et 17h.

J'offre des billets gratuits (valeur de 50$ chq.). Il n'y a qu'une seule condition pour en obtenir: vous devez me dire en deux lignes (max. 200 caractères) à quoi cela va vous servir de participer à un Green Dating d'affaires.

Écrivez-moi à trudel(arobas)ellipsos(point)ca. Premier arrivé, premier servi.

Tous les détails de l'événement sont ici.

10 conseils pour entreprendre une démarche durable

Petit suivi de ce billet: Le 10e et dernier conseil vient d'être publié sur le site de la CDEC-Rosemont-Petite-Patrie. Le guide est donc maintenant complet. Vous pouvez le consulter ici.

mardi 16 juin 2009

L'illusion des prix


«Market knows everything about price and nothing about costs.»

Cette citation prend tout son sens lorsque l'on pense à la notion des externalités, c'est-à-dire les coûts qui ne retrouvent pas dans le prix payé. Par exemple:
  • les frais de santé causés par la pollution,
  • l'augmentation des ravages climatiques extrêmes,
  • les coûts de maintenir une armée au Moyen Orient pour assurer un approvisionnement en pétrole,
  • la perte du potentiel de revenus de la pêche pour les générations futures,
  • la décontamination des sols.
Je pense sincèrement que les marchés fonctionneraient mieux si l'on pouvait inclure tous ces coûts dans le prix. C'est d'ailleurs là une des hypothèses de base de la plupart des théories économiques.

Malheureusement, les entreprises ont intérêt à faire payer à d'autres le plus de coûts socialement acceptables dans le modèle actuel. Par conséquent, chaque fois qu'un cadre réglementaire émerge pour internaliser un de ces coûts, les marchés vont chercher des moyens de le contourner. C'est inévitable.

L'analyse des coûts du cycle de vie
Dans ce contexte, l'analyse des coûts du cycle de vie (ACCV) devient un outil intéressant. Il sert non seulement à prendre en compte l'ensemble des coûts de toutes les étapes du cycle de vie (y compris la fin de vie: recyclage, enfouissement, etc.), mais il a pour but d'inclure les coûts environnementaux et sociétaux.

Bien sûr, la méthode a ses limites. Elle ne peut pas nécessairement mieux évaluer le coût de l'essence dans cinq ans ou donner une valeur de meilleure qualité sur des coûts intangibles. Sauf qu'il s'agit d'un changement de valeur important. Plutôt que de chercher à ignorer le plus de coûts possibles, elle cherche à en identifier le plus grand nombre!

La vérité influencerait nos décisions
Si nous avions le réflexe de prendre des décisions à l'aide de l'ACCV, notre perception des choses serait complètement différente.

Par exemple, on n'appellerait pas des crédits de carbone un «droit de polluer», car on comprendrait qu'actuellement, nous avons un droit illimité d'émettre des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. On dirait donc que les crédits de carbone viennent limiter le droit de polluer.

L'impact le plus important serait sûrement celui de modifier les prix affichés. Selon un article du National Geographic que je cite de mémoire, le vrai prix de l'essence serait de 5$/litre à la pompe si l'on incluait toutes les externalités (subventions, crédits d'impôts, armée, santé, décontamination, etc.). À ce prix-là, je doute que GM aurait vendu beaucoup de Hummer depuis 10 ans!

vendredi 12 juin 2009

Participez au projet: Donner un livre à un leader


Judith me demande: «Nos politiciens savent-ils de quoi ils parlent quand ils parlent du développement durable? J'avais discuté avec mon équipe de travail de l'idée de faire parvenir votre livre à nos deux premiers ministres et aux ministères de l'environnement. Et tant qu'à y être, de les abonner à votre blogue...»

Sa proposition me donne une idée... mais j'aurais besoin de votre aide pour que ça fonctionne.

Je ne veux pas envoyer des livres neufs aux élus parce que les chances qu'ils le lisent sont faibles. Couper des arbres pour les mettre au recyclage ne m'intéresse pas.

Cela dit, envoyer le livre peut tout de même jouer un rôle et influencer, ne serait-ce qu'un seul élu.


6 leaders, 6 livres

Voici ma proposition:

Si vous possédez un livre Arrêtons de pisser dans l'eau embouteillée et qu'il dort sur vos tablettes, donnez lui une seconde vie. Envoyez-le à un des leaders ci-dessous (avec une petite note expliquant pourquoi il devrait le lire... plus elle sera courte, mieux ce sera).

Jean Charest
Premier ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage
835, boulevard René-Lévesque Est
Québec (Québec) G1A 1B4


Stephen Harper
Premier ministre du Canada
Cabinet du Premier ministre
80, rue Wellington
Ottawa
K1A 0A2



Line Beauchamp, ministre du Développement durable du Québec

Jim Prentice, ministre de l'Environnement du Canada

Raymon Bachand
, ministre de Développement économique du Québec

Christian Paradis, ministre des Travaux publics du Canada

SVP envoyez moi un courriel à trudel(arobas)ellipsos(point)ca afin de m'indiquer à quel leader vous avez envoyé votre copie. Ainsi, on évitera d'envoyer plusieurs copies à la même personne.

Si vous connaissez quelqu'un qui a acheté le livre, envoyez lui ce billet. Si vous préférez envoyer votre livre à quelqu'un d'autre (votre patron, un dirigeant influent, etc.), dites-moi lequel afin que j''ajoute son nom à la liste.

Ce serait bien d'avoir une longue liste. Cependant, svp n'achetez pas un nouveau livre pour le donner. Ce serait contraire à l'objectif. Il y a plus de 4000 copies du livres qui circulent, je suis sûr qu'on peut en trouver six qui ne font rien.

N'oubliez pas qu'un livre peut parfois transformer une personne. Ray Anderson dit qu'il a eu une «épiphanie» en lisant le livre The Ecology of Commerce. The rest is history, comme disent nos voisins.

[ mise à jour: les noms barrés sont ceux qui ont reçu le livre. À ces noms s'ajoutent:
- Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles du Québec
- Nathalie Normandeau, vice-première ministre du Québec
Je vous encourage à participer et à me faire suivre la personne que vous avez choisi.]

jeudi 11 juin 2009

Steven Guilbeault honoré au Phénix de l'environnement


Steven Guilbault a été «intronisé» au Cercle de Phénix hier soir. À titre de membre du jury des Phénix de l'environnement, j'ai pu observer la soirée d'un point de vue privilégié. Ce qui m'a frappé au moment de lui rendre hommage, c'est la spontanéité avec laquelle tous les participants se sont levés pour l'applaudir.

Il faut dire que ce que Steven Guilbault a fait pour l'environnement et, plus particulièrement, pour la cause des changements climatiques est remarquable.

Son secret? Je pense que c'est sa belle capacité à rallier les gens derrière une idée. En fait, il est tellement bon à trouver le consensus que personne ne sait réellement quelle est sa vraie couleur politique. Chose certaine, tous les partis aimeraient l'avoir dans leurs rangs.

J'ai aussi retenu une autre chose de la soirée. Cette phrase de la ministre Line Beauchamp aux finalistes et lauréats de la soirée: «Lorsque vous avez commencé votre projet, vous étiez probablement seul...»

C'est tellement vrai. À bien y penser, les grandes réalisations que nous admirons tous ont commencé par une personne... seule. Ce qui est aussi vrai, c'est qu'aucun n'a réussi à changer le monde en restant seul!

mercredi 10 juin 2009

Le mirage technologique de Jeff Immelt


J'ai beaucoup d'admiration pour ce que Jeff Immelt a fait depuis qu'il a pris la direction de GE. Le programme EcoImagination, c'est lui.

Hier, Jeff Immelt a partagé son point de vue d'un futur durable, et ce que cela impliquait pour GE. Sa vision était centrée autour des nouvelles technologies.

Les technologies propres sont louables, voire indispensables à un développement durable. Mais une technologie n'est qu'un outil. Or, le problème a très peu à voir avec les technologies (nous sommes très créatifs et débrouillards) et beaucoup à voir avec... l'Homme. De nouvelles technologies utilisées avec la même façon de penser ne changera rien.

Ce n'est pas moi qui l'a dit. C'est quelqu'un de bien plus intelligent: Albert Einstein. «Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même façon de penser que celle avec laquelle nous les avons créés.»

Exemple: les bâtiments verts. On les fait mieux isolés, avec des matériaux locaux et plus sains, fonctionnant à l'énergie solaire, alouettes... mais ces maisons «écologiques» sont des châteaux de de 450 m2 (5000 pi2) pour un couple de deux personnes.

Bref, les technologies peuvent devenir un mirage si un changement de valeur ne s'opère pas. Et, entre vous et moi, c'est ce que je crains le plus: une adoption massive des technologies au service du même idéal économique et de croissance insoutenable!

mardi 2 juin 2009

Développez votre entreprise de façon durable

Dans le cadre de la Journée de l'environnement, le 5 juin (ce vendredi), la Chambre de commerce du Montréal métropolitain organise un événement.

C'est de 9h à midi à l'Hôtel InterContinental Montréal, 55$ l'entrée. J'y parlerai de la gestion du cycle de vie dans la PME. Si vous ne pouvez pas y être, envoyez votre patron... peut-être verra-t-il les choses autrement avec un point de vue externe?

Quelle leçon tirer de la faillite de GM?


Très simplement:

Peu importe l'arrogance des dirigeants,
Peu importe les exigences de rendement à court terme,
Peu importe la taille de l'entreprise,
Peu importe le pouvoir des lobbyistes,
Peu importe les sommes dépensées en marketing,

La nouvelle réalité d'affaires va finir pour vous rattraper (et vos concurrents aussi).

lundi 1 juin 2009

Quelle est la plus grande menace envers la planète?

La reprise sera lente: restez prudent!


Ce n'est pas moi qui le dit, mais de plus en plus d'experts (du moins, les plus prudents d'entre eux).

Alain nous invite à consulter l'excellente analyse de Paul Dontigny Jr. sur Lesaffaires.tv. En gros, M. Dontigny nous dit de rester extrêmement prudent car, selon sa lecture des marchés, la reprise actuelle n'est que spéculative. Comme la bulle des technos qui a explosé en 2000.

Le problème? L'endettement, qui est à un niveau sans précédent tant chez les consommateurs que dans les entreprises et les gouvernements.

Dans son courriel Alain explique: «Nous sommes dans un monde où nos dirigeants gouvernementaux et d’entreprises mondiaux sont des spéculateurs qui ne pensent qu’à court terme. Ces facteurs sont précurseurs d’une monstrueuse tempête!

Et le développement durable dans tout ça? Je laisse Alain conclure: «Est-ce illusoire de penser que ceux qui agiront en respect des gens, des ressources naturelles et d’une saine gestion financière ne parviendront pas à surmonter la tempête? Et puisqu’historiquement les gagnants deviennent la référence, le développement durable deviendra un facteur clé de succès!!! Le malheur c’est qu’il faut toujours perdre avant de comprendre l’importance de nos acquis…c’est comme la forme, la santé, l’eau, l’air…!!!»