La prochaine evolution industrielle

jeudi 23 juillet 2009

«Je n'ai pas le temps...»


Avis aux fanatiques de théories du complot, je crois avoir trouvé le plus grand complot de tous: nous faire croire que nous avons le temps.

Bien sûr, il semble toujours nous manquer de temps. Équilibre travail-famille, le rapport qui était dû hier, le rendez-vous chez le dentiste pour les enfants... nos agendas débordent.

Malgré cela, nous agissons comme si nous avions tout le temps du monde. On prend un boulot qui ne nous intéresse pas vraiment, ou qui devient monotone, puis on finit par entrer dans la routine. Le temps que l'on gère, ce sont les urgences du quotidien. Mais on ignore le Temps qui passe.

Les jours deviennent des semaines. Les semaines deviennent des mois et les mois, des années.

Puis, on réalise que l'on travaille depuis tout ce temps à faire quelque chose qui ne nous motive pas, ou pire, qui est contraire à nos valeurs!

Pourtant, le temps est la ressource la plus précieuse que nous ayons. Nous n'avons qu'une seule vie, une seule chance, de faire une différence.

Combien de fois vos projets se sont butés aux priorités du patron? Combien de fois avez-vous remis à plus tard ce qui vous intéresse réellement parce que «ce n'est pas pour cela qu'on vous paye»?

Avez-vous les moyens de perdre tout ce temps?

On naît sans argent, puis on passe notre vie à essayer d'en gagner. Sauf que peu importe combien on aura réussi à en accumuler, on part sans le sou.

D'un autre côté, on naît avec une banque de temps, puis on passe notre vie à le gaspiller.

La beauté de la chose, c'est que vous pouvez décider MAINTENANT de faire ce qui vous intéresse vraiment. Comme l'a si brillamment dit Ghandi: «Devenez le changement que vous souhaitez voir dans le monde.»

Le temps qui vous reste est votre ressource la plus précieuse. Chérissez-le.

lundi 20 juillet 2009

Facile à faire: Composter


Vous pouvez vous faire une boîte, ou en acheter une chez votre quincailler du coin.

Le ratio effort/rendement sur l'environnement est vraiment intéressant:

  • Vous évitez les GES du transport vers un site d'enfouissement.
  • Vous évitez de créer du lixiviat (le jus de poubelle) dans les sites.
  • S'il est bien brassé, votre compost n'émettra pas de méthane, un gaz à effet de serre 21 plus puissant que le CO2.
  • Vous nourissez vos sols avec de la matière organique de très haute qualité.
Votre sac de vidange est composé à plus de la moitié de matière organique. C'est incroyable comme ce petit geste est simple et efficace.

jeudi 16 juillet 2009

La perception n'est pas la réalité


Suzanne Shelton, présidente d'une importante firme de relations publiques aux États-Unis, raconte une histoire qui lui est arrivée avec un client.

Sa firme a envoyé par la poste une lettre à des clients pour souligner le lancement d'un produit. La lettre avait tous les attributs «éco» souhaités –papier recyclé d'une forêt bien gérée, encre végétale et enveloppe biodégradable.

Mais voilà, des clients se sont plaints. Il y avait une forte odeur en ouvrant la lettre (signe annonciateur de composés organiques volatils (COV)) et l'enveloppe contenait du plastique.

«You are not walking your talk», a accusé l'un d'eux.

La conclusion de Mme Shelton, c'est que peu importe si le produit est meilleur qu'un autre, la perception des gens est la réalité (e.g. «c'est du plastique, c'est mauvais» ou «il y a une odeur, c'est toxique»).

«We gained some insight here that all marketers will do well to heed. Make your message attention getting, but keep in mind that perception is reality. And no matter how environmentally friendly a piece/product actually is the perception of about a quarter of the population is: If it smells bad it is bad, and if it's plastic it's even worse», conclut Suzanne Shelton sur son blogue.

Je ne suis pas d'accord.

La perception n'est pas la réalité

En tant qu'experts en analyse du cycle de vie des produits, nous découvrons à tous les jours que des idées reçues ne sont souvent que des mythes. Autrement dit, la perception des gens conduit à de mauvaises décisions.

  • L'éthanol fait à partir de maïs déplace les impacts sur le cycle de vie.
  • Le papier recyclé a parfois plus d'impacts que le papier vierge.
  • La distance n'est pas le seul facteur à considérer pour évaluer les impacts associés au transport.
Lorsque nous découvrons qu'une perception est un mythe, nous ne recommandons pas à nos clients de l'ignorer! Au contraire, il s'agit d'une belle occasion pour éduquer les gens et changer les perceptions.

Une astuce pour démythifier vos décisions

Une approche que nous préconisons actuellement est de communiquer en parallèle le processus de décision qui a amené le client à faire les choix qu'il a fait. Ainsi, un site Web explique les étapes, le questionnement et les choix considérés, puis il présente les résultats quantifiés de la décision.

C'est un moyen efficace pour bâtir sa crédibilité, parce qu'il montre à ses clients les efforts qui ont été mis dans le processus.

La plupart des agences de pub adoptent la mauvaise attitude par les temps qui courent: la perception est la réalité, alors conformons nous à cette réalité. Il y a là une belle occasion de vous démarquer en ayant recours à une approche rigoureuse et scientifique. C'est votre réputation qui est en jeu après tout (et celle de vos clients)!

mercredi 15 juillet 2009

Le protectionnisme environnemental en hausse

Steve nous réfère un éditorial de l'Institut économique de Montréal (IEDM) en lien avec le discours de la fille de Suzuki.

L'auteure, l'économiste Nathalie Elgrably-Lévy, dit une chose de très intéressante dans son texte (qui passe plutôt inaperçu compte tenu de son angle):

«Cette loi [pour lutter contre les changements climatiques] permet à l’Oncle Sam d’imposer des tarifs douaniers sur les importations en provenance de pays qui n’imposent pas des normes environnementales similaires, Ottawa risque de se sentir forcé d’emboiter le pas afin d’éviter une guerre commerciale.»

L'Union européenne utilise elle aussi les lois environnementales (WEEE, RoHS...) comme barrière non-tarifaire. Ce sera, à mon avis, le mécanisme de protectionnisme le plus utilisé au cours des prochaines décennies.

Une autre bonne raison -voire existentielle- pour entreprendre une démarche de développement durable dès maintenant!

mardi 14 juillet 2009

Biomimétisme: les secrets du Gecko bientôt dans un Wal Mart près de chez vous


Le biomimétisme, la science qui étudie la nature pour comprendre et imiter ses processus industriels, est probablement le sujet qui attire le plus de nouveaux lecteurs sur ce blogue.

Il faut dire que, malgré les promesses incroyables de cette science dans le design durable, cela reste encore un domaine pointu, essentiellement discuté entre chercheurs et scientifiques.

Dans la vidéo que je vous présente ce matin (12 min.), un de ces chercheurs, le biologiste Robert Full, nous explique comment lui et son équipe ont découvert les secrets du Gecko, un lézard réputé pour sa capacité à adhérer sur les murs sans adhésif ni effet de succion. Il parle également d'un nouveau concept qu'il a développé: le biomutualisme.

Fascinant. Imaginez un instant toutes les applications possibles de cette technologie...

lundi 13 juillet 2009

Faut-il vraiment payer plus pour du bio?



Avez-vous remarqué que la plupart des épiceries offrent désormais de nombreux produits biologiques? Pourtant, en regardant dans les paniers à la sortie, je remarque que peu de gens achètent des produits bio. Pourquoi autant d'espace tablette alors?

Pour une épicerie, il y a deux moyens de faire de l'argent. En vendant beaucoup d'un produit peu rentable (volume) ou en vendant un peu d'un produit très rentable (marge). Les produits bio entrent dans la deuxième catégorie.

Autrement dit, les produits bio sont chers non pas parce qu'ils coûtent nécessairement beaucoup plus à produire, mais parce que le détaillant s'en met beaucoup plus dans ses poches. Jusqu'à 300% de plus, selon cet article du Forbes.

Cela signifie deux choses.

Primo: pour l'industrie, les produits bio représentent un segment de marché. L'objectif n'est donc pas d'améliorer le sort de la planète, mais de vendre un produit à valeur ajoutée à un segment haut de gamme. Il n'y a donc pas d'intérêt à réduire les prix (les marges), car la marque pourrait perdre de son lustre et il y a beaucoup trop de compétition pour l'espace tablette dans le bas de gamme. Parce que les grandes marques prennent toute la place, les détaillants ne veulent pas absorber les coûts pour bâtir du volume.

Deuxio: pour les gens, il est faux de croire que des produits de qualité pour la santé sont inabordables, du moins en théorie. Le problème, c'est que pas assez de gens ne sont prêts à acheter des produits de qualité pour créer des économies d'échelle.

La bonne nouvelle, c'est que mon deuxième constat est de moins en moins vrai, comme on a pu le voir dans le billet sur les tendances. L'autre bonne nouvelle, c'est que c'est beaucoup plus facile de diviser par deux le prix que paie le consommateur quand ce sont les marges qui sont élevées plutôt que les coûts de production.

Si ce ne sont pas les grandes surfaces qui vont investir pour bâtir du volume, ce pourrait être vous!

jeudi 9 juillet 2009

Le Business Case du développement durable

Après avoir entendu le touchant plaidoyer de Severn Cullis-Suzuki présenté hier sur ce blogue, je me suis intéressé à ce qu'elle a fait depuis. Elle n'avait que 12 ans lorsqu'elle a pris la parole devant le monde entier... elle a aujourd'hui 29 ans.

En 2002, elle écrivait ceci dans Times magazine:

«When you are little, it's not hard to believe you can change the world. I remember my enthusiasm when, at the age of 12, I addressed the delegates at the Rio Earth Summit. "I am only a child," I told them. I spoke for six minutes and received a standing ovation. Some of the delegates even cried. I thought that maybe I had reached some of them, that my speech might actually spur action. Now, a decade from Rio, after I've sat through many more conferences, I'm not sure what has been accomplished. My confidence in the people in power and in the power of an individual's voice to reach them has been deeply shaken

Ce qu'elle dit plus loin dans cet article confirme ma pensée. À 12 ans, notre vision du monde est naïve. Les dirigeants, les décideurs, les consommateurs, vous, moi, nous ne sommes généralement pas de mauvaise foi. Mais les paroles touchantes de cette enfant ne s'adressent pas aux bonnes personnes.

Dans son discours, elle dit aux participants Vous êtes ici en tant que représentant de votre gouvernement, dirigeant, journaliste, mais vous êtes d'abord et avant tout des mères et des pères, des soeurs et des frères, des tantes et des oncles.

Malheureusement, elle se trompe. Ceux qui prennent des décisions au quotidien le font en tant que président, premier ministre, directeur, employé, actionnaire et consommateur. C'est pourquoi, pour qu'il y ait un réel changement, il faut parler le langage de ces gens avant de parler celui de l'amour ou de la solidarité envers les générations futures.

C'est un triste constat, j'en conviens. On peut ne pas être d'accord avec cette morale, mais ce sont les faits.

Bob Willard discute brillamment de la question du langage à adopter pour favoriser le changement dans ce court vidéo. Je vous recommande également ses deux livres si le sujet vous intéresse. Bob habite la région de Toronto, et il est très généreux de son temps. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à la contacter.

mercredi 8 juillet 2009

Un message fort de la fille de David Suzuki

Patrice nous envoie ce vidéo de 3 min. Il s'agit de la fille de David Suzuki qui, à 12 ans, à prononcé un discours mémorable devant les Nations unies. C'était au Sommet de Rio en 1992. C'est certainement le témoignage le plus touchant que j'ai vu dans ma vie.

Il faut être visionnaire pour créer un monde durable


Nous traversons une période de grande turbulence. On ne compte plus le nombre d'industries en crise profonde (forestière, textile, pêcheries, automobile, financière, etc.). C'est une bonne nouvelle. C'est le moment idéal pour se réinventer, pour repenser et créer des organisations et un monde durable.

Pour y arriver, il faut d'abord et avant tout avoir pouvoir visualiser notre destination, notre futur. À quoi ressemblera votre organisation dans un monde durable? Quelles sont les occasions qui émergent dans cette nouvelle réalité d'affaires?

Les entrepreneurs sont, à mon avis, les mieux placés pour créer cette société durable, car ils carburent à la vision. Les grandes entreprises, par définition, sont des organisations statiques, lourdes, qui manquent de vision parce qu'elles ont intérêt à garder le statu quo. Le rôle des entrepreneurs est de remettre le statu quo en question.

Le cas de Xerox vs Apple
Dans le livre Growing a Business, Paul Hawken raconte comment le manque de vision de Xerox a permis à Apple de changer le monde.

«Quand Steve Jobs, le PDG d'Apple, a visité le laboratoire de Xerox en 1979, il a vu le Alto, le premier ordinateur personnel. Selon le directeur du laboratoire de l'époque, Larry Tesler, Jobs sautait tout partout en criant. Il ne cessait de répéter: "pourquoi ne faites vous rien avec ça?", en voulant dire si vous ne faites rien, je vais le faire.

«Pour la direction de Xerox, cette nouvelle machine représentait un risque inacceptable. Les grands dirigeants ne concevaient pas comment cette petite machine pouvait régler les problèmes de bureaux de leurs clients.

«Pour Steve Jobs, l'ordinateur personnel était la solution évidente à un problème: comment rendre un ordinateur si agréable et facile d'utilisation que des auteurs, des graphistes et même des enfants pourraient s'en servir.

«Jobs pensait aux gens. Xerox pensait aux institutions. Même si Xerox avait fait une étude de marché, le résultat leur aurait donné raison de ne pas investir dans le développement de cette machine. Comment cela aurait-il pu en être autrement? Les gens ne savaient pas ce qu'était un ordinateur. Steve Jobs, lui, voyait ce que les ordinateurs pouvaient devenir. En ayant cette vision, il a contribué à la créer.»

L'ère qui s'ouvre actuellement n'est rien de moins que la prochaine évolution industrielle. Elle offre la possibilité de repenser les moyens de combler les besoins des gens en répondant à un nouveau problème grave et indémodable: la destruction de la planète.

Pour trouver des solutions et créer des organisations et une société durable, il faut être visionnaire.

mardi 7 juillet 2009

Tendances en temps de récession


Le dernier Harvard Business Review publie un article sur les grandes tendances en temps de récession intitulé Understanding the Post-Recession Consumer.

Le tableau ci-dessus, tiré de l'article, montre les principales tendances et leur direction.

Tendances en accélération

Les auteurs expliquent que la récession a changé les perceptions des consommateurs face à la richesse et à l'excès. Ainsi, il est désormais bien vu de pratiquer la simplicité volontaire (discretionary thrift) aux États-Unis. De plus, ils cherchent de plus en plus des produits qui leur en donne vraiment pour leur argent, des produits plus simples et plus utiles (demand for simplicity).

Tendances en ralentissement

Toujours selon les auteurs, les consommateurs verts n'ont plus les moyens de payer le surplus que coûtent les produits écoresponsables. Mais la tendance (green consumerism) n'est pas morte pour autant, disent-ils. Ce qui a changé en fait, c'est que plutôt que d'acheter des produits verts dispendieux, les écoconsommateurs vont plutôt se tourner vers la réduction à la source du gaspillage: fermer les lumières pendant les absences, réutiliser et réparer des produits vieillissants et acheter moins.

«Nous prévoyons que la consommation responsable va reprendre de la vitesse et même accélérer dans l'après-récession dans ces deux formes –la réduction du gaspillage et l'achat de produits verts– au fur et à mesure que les consommateurs retrouveront leur confiance et leur pouvoir de dépenser. Cela s'explique par la préoccupation grandissante à propos du climat et de l'environnement», écrivent-ils.

Enfin, peut-on lire en conclusion, la consommation responsable va de pair avec la Demande pour la simplicité et l'intérêt grandissant pour la Simplicité volontaire, une réalité qui persistera dans les nouvelles normes sociales méfiantes de la consommation extravagante de l'après-récession.

Tendances arrêtées

Les produits éthiques issus du commerce équitables n'ont plus la cote. À ce sujet, les auteurs expliquent leur décision de différencier la consommation éthique de la consommation responsable du fait que les produits équitables sont moins intégrés dans la culture de consommation des Américains et que ceux-ci sont moins attirés par l'aspect charitable de la consommation éthique. Dans l'après-récession, les auteurs s'attendent toutefois à ce que cette tendance rebondisse, mais modérément.


La situation québécoise

Ma lecture du marché québécois est quelque peu différente. D'abord, les québécois ne sont pas aussi dûrement touchés par la récession que les Américains, et le niveau de confiance des consommateurs est plus élevé ici. Aussi notre niveau de sensibilisation aux problèmes des changements climatiques est-il plus élévé qu'aux États-Unis. Pour ces deux raisons, je crois que le ralentissement de la tendance Green Consumerism ici est moins marqué.

Pour les mêmes raisons, les ventes de produits équitables continuent de progresser. Cependant, je crois moi aussi que cette tendance va ralentir dans les prochaines années au fur et à mesure que les multinationales se dotent de meilleurs systèmes de gestion de leur chaîne d'approvisionnement et qu'elles deviennent plus transparentes dans leurs relations avec les parties prenantes.

L'étude a été réalisée par Paul Flatters et Michael Willmott, de la firme Trajectory Partnership.

jeudi 2 juillet 2009

La vérité sur la carboneutralité


Votre organisation est-elle certifiée carboneutre? Si non, votre prochain événement sera-il zéro CO2?

Compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) devient une activité de plus en plus courante. Mais je constate que peu de gens comprennent réellement ce qu'ils achètent. Et plusieurs achètent n'importe quoi.

Dans ce billet, nous allons voir qu'est-ce qu'un crédit de carbone et pourquoi ils ne sont pas tous équivalents.

La compensation a pour but de rendre nulles nos propres émissions en achetant la même quantité de GES capturée ou évitée ailleurs. On peut le faire en s'adressant aux marchés ou par le biais de programmes de compensation volontaires, comme Planetair.ca et Carbon Zero. Dans cet article, je fais référence aux crédits volontaires de la deuxième catégorie.

Présentement, il existe deux moyens de compenser nos GES:

1) En finançant de l'énergie renouvelable, comme des éoliennes.
2) En plantant des arbres.

Les énergies propres
La compensation par les énergies propres suit le raisonnement suivant: en installant une éolienne, par exemple, plutôt qu'une centrale au gaz ou au charbon, on évite d'émettre des GES dans le futur. Ce sont ces GES évitées qui vous sont créditées.

Autrement dit, les émissions évitées grâce à l'éolienne seront tout de même émises, mais par vos activités plutôt que sur place. Bref, cela ne fait que déplacer le problème ailleurs. De plus, compenser en évitant des émissions futures ne change rien au problème: les GES que nous avons émis –et que nous voulons «annuler»– contriburons au réchauffement du climat.

La plantation d'arbres
Planter un arbre est donc une solution plus intéressante, vous dites-vous. Après tout, l'arbre fixe du CO2 dans ses branches et dans le sol. C'est vrai. Sauf que pour qu'il y ait une réduction nette des GES dans l'atmosphère, il faut que ce carbone reste dans le sol en fin de vie, d'ici quelques centaines d'années. Si le bois est usiné, enfouie ou brûlé, le carbone retournera alors dans l'atmosphère.

Or, il existe bien peu de plantations d'arbre destinées à la compensation qui puissent garantir que cette ressource ne sera pas exploitée dans 100, 200 ou 300 ans. Qui sommes-nous pour interdire aux générations futures d'utiliser une ressource ou un territoire dont ils pourraient avoir besoin?

Par ailleurs, si le but est de compenser nos émissions actuelles de GES afin d'éviter les effets potentiels sur le climat, il faut comprendre qu'un arbre a un impact positif sur une très longue période. Autrement dit, entre l'année où vous avez émis vos GES et l'année où ils auront été absorbés par des arbres, il s'écoulera un laps de temps pendant lequel le CO2 contribuera aux changements climatiques.

La vérité?
L'achat de crédits compensatoires ne nous rend pas vraiment carboneutre. Cela dit, la compensation reste une activité qui a un impact positif malgré tout, que ce soit en finançant des projets qui n'auraient pas lieu autrement ou en plantant des arbres. Outre la fixation du CO2, les arbres ont d'autres avantages, comme la filtration des eaux de pluie, le soutien de la biodiversité et l'enrichissement des sols. Et surtout, ils sont magnifiques!