La prochaine evolution industrielle

lundi 28 septembre 2009

C'est la première journée de votre nouvelle vie

Cette citation est d'une amie qui, un beau jour, a décidé que c'était la première journée de sa nouvelle vie.

Si vous voulez travailler à changer le monde, il y a de la place pour vous. En fait, il n'en tient qu'à vous. Je sais, ce n'est pas facile.

Pour mon amie, il lui aura fallu plus d'un an de réflexion, d'angoisses, de rencontres, d'essais et erreurs avant de savoir ce qu'elle voulait comme nouvelle vie et, surtout, de poser les gestes pour changer les choses.

Une chose est sûr: personne n'aurait pu faire tout cela pour elle à sa place.

mercredi 23 septembre 2009

Obama: Les É-U seront des leaders de la lutte aux changements climatiques


Voici un extrait du discours de Barack Obama devant les Nations unies (plus bas). Il se prononce sur la position des États-Unis par rapport à la question des changements climatiques. Je dois reconnaître que ses choix de mots sont lourds de sens.

Ce que peu de gens réalisent, c'est que les États-Unis sous l'ère de George W. Bush étaient plus actifs et plus engagés dans la lutte aux changements climatiques que le Canada ne l'était sous Jean Chrétien et Stéphane Dion. Ils investissaient déjà plus en R&D pour trouver des solutions au problème que tous les pays signataires du protocole de Kyoto réunis.

Avec Obama, les États-Unis pourraient devenir un catalyseur incroyable à l'échelle internationale. Comme dirait le président américain: «make no mistake», votre entreprise sera touchée par la réglementation sur le carbone plus vite que vous ne le croyez.

We must recognize that in the 21st century there will be no peace unless we take responsibility for the preservation of our planet.

The danger posed by climate change cannot be denied. Our responsibility to meet it must not be deferred. If we continue down our current course, every member of this assembly will see irreversible changes within their borders.

Our efforts to end conflicts will be eclipsed by wars over refugees and resources. Development will be devastated by drought and famine. Land that human beings have lived on for millennia will disappear. Future generations will look back and wonder why we refused to act, why we failed to pass on -- why we failed to pass on an environment that was worthy of our inheritance.

And that is why the days when America dragged its feet on this issue are over. We will move forward with investments to transform our energy economy, while providing incentives to make clean energy the profitable kind of energy.

We will press ahead with deep cuts in emissions to reach the goals that we set for 2020 and eventually 2050.

We will continue to promote renewable energy and efficiency and share new technologies with countries around the world. And we will seize every opportunity for progress to address this threat in a cooperative effort with the entire world.

Now, those wealthy nations that did so much damage to the environment in the 20th century must accept our obligation to lead, but responsibility does not end there. While we must acknowledge the need for differentiated responses, any effort to curb carbon emissions must include the fast-growing carbon emitters who can do more to reduce their air pollution without inhibiting growth.

And any effort that fails to help the poorest nations both adapt to the problems that climate change have already wrought and help them travel a path of clean development simply will not work.

It's hard to change something as fundamental as how we use energy. I know that. It's even harder to do so in the midst of a global recession. Certainly, it will be tempting to sit back and wait for others to move first.

But we cannot make this journey unless we all move forward together.

mardi 22 septembre 2009

En ville AVEC ma voiture

Qui a dit que l'automobile était l'ennemi no1? Si ce sont les mêmes qui nous ont dit que l'éthanol fait à partir de maïs était l'invention écolo du siècle, je ne leur ferais pas trop confiance.

On nous dit année après année qu'une ville où il fait bon vivre est une ville conçue autour du transport en commun. Je veux bien. Mais en tant que fréquent utilisateur de ce mode de déplacement, je vous ai déjà dit pourquoi le bus-metro n'en est pas vraiment une alternative.

Or, pourquoi ne pas plutôt regarder la réalité en face: nous avons des voitures, beaucoup de voitures. Et nous avons peu de lignes de métro. Notre utilisation du territoire a été pensée depuis plus de 50 ans pour la voiture. Les banlieues, les commerces, les espaces de stationnement, les voies rapides, l'étalement urbain...

Comme je le mentionnais déjà ici l'an dernier, le covoiturage est une voie très intéressante largement sous-exploitée:

- il permet d'importantes économies
- il s'adapte parfaitement au territoire
- il permet d'optimiser les ressources existantes
- le potentiel de réduction du nombre de véhicules sur les routes est important: il y a quatre à cinq places par voitures, parfois plus...

Voyez le plutôt ainsi: à chaque matin, il y a des centaines de milliers de mini autobus qui entrent en ville, chacun avec un chauffeur privé qui travaille bénévolement (mieux encore: il couvre lui-même les frais d'opération de son véhicule).

Il suffirait de trouver un système qui fonctionne vraiment (de toute évidence, les entreprises de covoiturage n'ont pas encore trouvées la solution). Aussi (surtout!) il faudrait un effort de communication soutenu pour changer les mentalités. Ce n'est pas impossible, lorsqu'on constate comment Equiterre est parvenue à modifier plusieurs des perceptions au cours de la dernière décennie, ou comment les sacs réutilisables sont devenus cools.

Des volontaires pour changer le monde?

mardi 15 septembre 2009

On parle encore de papier électronique

À la suite de ce billet: Le papier électronique, une solution verte au papier, j'ai été invité à participer à l'émission La semaine verte, à Radio-Canada.

Pour écouter l'émission radio, c'est ici.

mardi 8 septembre 2009

La vérification de vos fournisseurs est importante


Que savez-vous de vos fournisseurs? Le prix qu'il vous charge, sans aucun doute. Mais encore? Et que savez-vous des fournisseurs de vos fournisseurs. Probablement pas grand chose.

L'an dernier, j'ai collaboré à une vaste étude pour le compte de l'ECPAR sur les meilleures pratiques d'approvisionnement responsable (PAR) dans les entreprises, les gouvernements et les institutions situés sur quatre continents.

Les organisations les plus avancées possédaient une politique d'approvisionnement responsable encadrant les critères d'achat afin de donner un avantage aux fournisseurs les plus performants sur le plan économique, bien sûr, mais aussi sur les plans social et environnemental.

Concrètement, ces organisations soumettent leurs fournisseurs à un questionnaire (parfois très fastidieux). Cependant, nous avons constatés que les réponses fournies sont rarement vérifiées sur le terrain (seulement les plus avant gardistes et rigoureux le faisaient).

C'est un problème important. Quelle confiance auriez-vous dans un bilan financier non vérifié? Or, une récente chronique de Wehtica, des auditeurs en responsabilité sociale, montre combien certains fournisseurs sont malhonnêtes –même lorsqu'ils se savent vérifiés!

«La photo ci-haut montre l'étagère contenant la vaisselle individuelle des ouvriers d'une usine chinoise. Cette pratique est courante en Chine. Les ouvriers possèdent généralement au moins leur propre verre/bouteille pour le thé. Étant individualisé, leur nombre correspond à quelques unités près au nombre d'ouvriers. Dans cette usine, l'ensemble de la documentation et les informations fournies par l'usine faisaient part de 120 ouvriers. Pourtant, nous avons compté plus de 150 verres/bouteilles. 30 ouvriers ont été soustraits à l'audit ! La documentation de l'usine était particulièrement co! mplète et aucun écart d'âge, de discrimination, de travail forcé... n'a été relevé. Mais, qu'elle est la pertinence de cette information lorsqu'on sait que 30 ouvriers n'ont pas été présentés pendant l'audit, que leur dossier n'était nulle part valable, que les documents de synthèse de salaire, d'assurance sociale... ne les mentionnent pas ?

«Cette usine est régulièrement auditée. Elle nous a d'ailleurs montré des rapports d'audits très positifs datant de quelques mois. L'utilisation de questionnaire standardisé peut en effet conduire à ce genre de situation. Le travail d'audit (en particulier sur les aspects sociaux qui est encore un thème non mature) n'est pas l'application d'un questionnaire aussi pertinent soit il, mais un travail de vérification croisée, de recoupement d'information et d'initiative en fonction de la situation de l'usine.»

Pour la plupart d'entre vous, il y a de bonnes chances que votre organisation n'a pas encore de politique d'approvisionnement responsable, encore moins des programmes de vérification de vos fournisseurs. Néanmoins, cette pratique deviendra, selon moi, la norme dans la majorité des 500 plus grandes entreprises d'ici cinq ans.

Si vous entreprenez de revoir vos critères d'approvisionnement au cours des prochains mois, ne négligez pas la vérification. Non seulement cela vous positionnera parmi les leaders de votre secteur, mais vous en apprendrez ainsi beaucoup plus sur vos fournisseurs.

C'est plus qu'une question d'image, c'est une gestion intelligente du risque.

mardi 1 septembre 2009

La culpabilité verte


Je vous décris la scène telle que je l'ai vue: la vieille dame est dans la file derrière moi à la caisse du supermarché. La femme devant moi se fait demander si elle veut un sac en plastique par la caissière. Elle en veut un. La vieille dame lui lance: «Vous n'avez pas encore réalisé que vous polluez la planète avec vos sacs qui vont au dépotoir!»

C'est assez! Une journaliste m'a demandé quels gestes verts je voudrais améliorer dans mon quotidien. La question m'a pris par surprise. Il n'y a pas de chose que je voudrais vraiment faire de mieux. Pas que je sois éco-parfait, loin de là. Mais je ne suis plus capable de ce regard accusatoire et culpabilisant.

Oui, il m'arrive d'oublier ma tasse réutilisable quand je vais chez Tim Horton. Non, je ne prends pas mon vélo à tous les jours.

La moitié du verre

Cela nous ramène au débat du verre: le voyez-vous à moitié plein ou à moitié vide?

Ainsi, la vieille dame derrière moi avait bien ses sacs en tissu réutilisable. Mais elle avait aussi dans son panier une bouteille d'eau. Cette bouteille contient probablement plus de plastique que des dizaines de sacs en plastique!

Autre exemple: combien de gens se font dire de fermer le robinet lorsqu'ils se brossent les dents. C'est vrai que ce serait mieux ainsi. Toutefois, pour produire une seule page de papier journal, il faut autant d'eau sur l'ensemble du cycle de vie qu'il serait nécessaire pour que vous puissiez prendre votre douche pendant six heures ininterrompues... Imaginez un journal au complet!

Bref, cessez d'acheter un journal par année, et brossez vous les dents sans la culpabilité environnementale!