La prochaine evolution industrielle

jeudi 29 octobre 2009

Attention aux écosceptiques!



Changer le monde n'est pas facile. Mon expérience m'a appris que la première étape du changement est le scepticisme (voire le mépris!).

C'est aussi ce qu'a vécu Stephen Dewar de WhalePower, une PME qui utilise le biomimétisme pour améliorer la performance des ailes d'avion et des pales d'éolienne.

Lorsqu'il a présenté sa technologie insipirée des ailerons de baleine aux fabricants d'éoliennes, il est passé pour un bozo. «People said we were crazy... the conventional wisdom was, 'this can't be done'". But the wind tunnel results suggested otherwise», a-t-il raconté lors d'une conférence des Bionners.

Il n'existe malheureusement pas de recette secrète pour contrer ce scepticisme. Il faut tout simplement l'accepter.

Dites-vous toutefois que si les gens sont sceptiques autour de vous, c'est probablement parce que vous êtes sur la bonne voie!

lundi 26 octobre 2009

Pourquoi l'économie de service ne décolle pas?


Depuis quelque temps, je réalise que nous ne sommes pas encore prêts pour l'économie de service. C'est pourquoi cela n'a pas fonctionné chez Xerox. C'est aussi pourquoi cela a échoué chez Interface. Avant de vous dire ce qu'il manque pour que cela fonctionne pas, une petite mise en contexte s'impose.

Dans mon livre, Arrêtons de pisser dans de l'eau embouteillée, j'explique comment l'économie de service permet de rentabiliser une production en boucle fermée (close loop manufacturing).

Pour la VP responsable du développement durable de Xerox, l'économie de service est «le Saint-Graal du développement durable». C'est la pièce manquante du puzzle qui permet d'unir environnement, économie et société. Je suis d'accord.

Qu'entend-on par économie de service?
En bref, l'économie de service consiste à transformer les entreprises manufacturières en fournisseurs de services. Par exemple, un fabricant de photocopieur comme Xerox vend des machines. Mais les «consommateurs» ne consomment pas la machine. Ils consomment le service de reproduction.

Dans une économie de service, Xerox se redéfinit comme un fournisseur de service d'impression et de reproduction. Elle ne vend plus ses machines. Elle vend plutôt un service intégré d'impression, de gestion de la documentation, de conseil, d'entretien et de service sur-mesure.

Ainsi, le fabricant récupère les économies du gaspillage qui se produit ailleurs dans le cycle de vie de son produit, et il a intérêt à le concevoir pour qu'il dure longtemps. C'est tout le contraire du système produire-consommer-jeter. L'intérêt de cette approche est qu'elle justifie d'écoconcevoir un produit afin que ces composantes soient récupérées par le fabricant. Ça devient rentable de le faire.

Du moins, c'est ce que je croyais.

Ce que j'ai appris...
Une économie de service, le nom le dit, est plus exigeante en main-d'oeuvre. Elle est créatrice d'emplois. C'est très bien lorsque la «main-d'oeuvre» est bon marché. Or, nous sommes dans un contexte où les salaires sont élevés. La rémunération représente déjà une proportion dominante du budget d'entreprise.

Cela dit, la solution n'est pas de baisser les salaires en Amérique du Nord. À l'inverse, il faudrait augmenter le coûts des ressources, particulièrement de l'énergie. Tant que les ressources seront à des coûts artificielllement dérisoires(1) par rapport aux ceux de la main-d'oeuvre, l'économie de service sera menottée.

Je le sais. J'ai évalué cette approche dans trois entreprises. Chaque fois, nos calculs ont montré que ce n'était pas rentable. Bien sûr, il y a une valeur ajoutée pour le client. Dans la réalité, peu d'entre eux sont prêts à payer pour.

Tant qu'il en sera ainsi, j'ai bien peur que l'économie de service ne décollera pas.


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(1) Plusieurs raisons expliquent ces faibles coûts. Les multiples subventions directes et indirectes sont certainement l'une d'elles. Par exemple, les coûts de l'armée qui assure un accès stratégique aux puits de pétrole du moyen orient ne sont pas inclus dans le prix de l'essence. Cette externalisation des coûts est généralisée (problème de santé causé par la pollution, perte de cultures causée par des événements climatiques extrêmes, impacts sur les générations futures des sols contaminés, perte de rendement des terres arables surexploitées, etc.)

jeudi 22 octobre 2009

Apple se tourne vers le cycle de vie


Apple vient d'annoncer la sortie de nouveaux ordinateurs, «les plus verts que nous ayions jamais produit». Cela m'a donné envie de donner un prix orange et un prix citron à la pomme qui veut être verte.

Prix Orange
Pour trouver comment réduire ses impacts sur l'environnement, Apple ne s'est pas contentée d'éliminer certaines substances toxiques. Elle s'est tournée vers l'analyse du cycle de vie de ses produits. Elle le communique d'ailleurs de manière très élégante sur son site.

Ainsi, on apprend que l'utilisation est responsable de 53% des impacts, et la production + transport représentent quelque 43%.

Ça frise cependant le greenwashing; par exemple, où est la phase d'enfouissement? Selon leurs propres données, c'est près de 60% des ordinateurs qui ne sont pas recyclés en 2008.

Prix Citron
Cedric de Perennia relève une erreur de design importante: le clavier et la souris n'ont plus de fils. Hélas, ce n'est pas pour une question de dématérialisation. Les fils ont été remplacés par... des piles!

C'est pourtant pour éviter ce genre d'imbécilité que les designers utilisent l'analyse du cycle de vie.

J'aimerais bien mettre la main sur l'étude complète. Mais Apple se garde bien de la publier.

mardi 20 octobre 2009

Écologie vs Économie

Lu dans le Métro ce matin:

«On a toujours opposé écologie et économie. C'est une aberration de gens paresseux qui pensent à court terme.»

– Sylvain Allard, professeur en design à l'UQAM.

lundi 19 octobre 2009

Ai-je bien lu?


Le candidat à la mairie de Montréal et chef du parti Projet Montréal Richard Bergeron dit craindre pour sa sécurité. Extrait d'une brève dans La Presse:


Richard Bergeron affirme que des «réseaux» ont investi des milliers, voire des millions pour que les deux principaux partis prennent le pouvoir aux élections du 1er novembre.

«Ces réseaux, la dernière chose qu'ils veulent, c'est que quelqu'un comme moi arrive au pouvoir», a-t-il dit.

«Le SPVM est en contact avec le bureau de M. Bergeron», a confirmé son porte-parole, André Leclerc. Il n'a toutefois pas été en mesure d'en dire davantage sur les mesures qui seront prises par la police.

Joint par La Presse, Jacques Duchesneau a confirmé que des «gens honnêtes» courent des risques à briguer la mairie.

«Beaucoup de mes candidats ont marché dans leurs petits souliers pendant la campagne de 1998, a-t-il expliqué. Et aujourd'hui, je vois que ça n'a pas changé.»


Jacques Duchesneau n'est pas le premier venu. L'ancien DG de la police de Montréal doit savoir de quoi il parle. Mais veut-il dire que Mme Harel et M. Tremblay ne courent aucun risque parce qu'ils ne sont pas des «gens honnêtes»?

Engagez-vous, qu'il disait.

mercredi 14 octobre 2009

Où sont allés les milliards $?

J'ai une profonde inquiétude depuis le début de la crise économique. Je me pose la question suivante: d'où vient l'argent? Comment est-il créé?

Mon ami Luc m'a envoyé ce texte de l'auteur Jean Paré. Il commence par poser la question:

«Alors, dans quel trou noir sont passés les milliers de milliards de dollars, d'euros, de roubles et de yens injectés dans l'économie mondiale depuis un an par les gouvernements?»

Puis, il répond à sa question de la manière suivante:

«Le trou noir, c'est la perte de confiance. Celle des créanciers, des patrons, des banques, des gouvernements. Et de l'autre coupable, le coupable ultime : le consommateur, en grève car il faut avoir confiance pour transformer son argent en biens périssables, mais aussi à bout de désirs, de biens, d'électroménager, de voitures, de cartes de crédit… La pause était inévitable.»

Le développement durable repose sur les trois piliers. L'aspect environnemental est facile à comprendre; c'est du tangible. On a une rivière. Elle est polluée. Les gens deviennent malades. Les poissons meurent.

L'aspect social est souvent intangible, mais on ressent très bien la misère, la détresse et l'angoisse de nos proches qui ont perdu leur emploi. C'est concret sans l'être.

L'aspect économique, toutefois, est un trou noir, pour reprendre l'expression de Jean Paré. D'où viennent tous ces milliards que les gouvernenements ont injectés dans l'économie? Suffit-il de les imprimer pour qu'ils se mettent à exister? Si ce système repose uniquement sur la confiance, qu'arrivera-t-il le jour où tous perdent confiance en même temps? Je veux dire, qu'arrivera-t-il concrètement? Et ce jour est-il inévitable??

Plusieurs ont dit que la crise était imprévisible pour les dirigeants de banques et les experts parce que les systèmes mis en place étaient trop complexes. Au cours des derniers mois, j'ai demandé à plusieurs personnes de mon entourage la simple question: comment est créé l'argent? D'où vient-il?

Aucun n'a pu me répondre.

J'ai tenté d'y voir clair en parcourant des dizaines de sites et de vidéos qui tentent de l'expliquer. Chose certaine: c'est complexe. Et je sais de quoi je parle, j'ai un bac en sciences économiques!

Je me méfie des choses que l'on ne peut comprendre. Et la question qui me tracasse maintenant est la suivante: comment puis-je réduire mon risque en cas de perte de confiance globale envers ce système monétaire plus fragile qu'on ne le croit?

Voici un vidéo intéressant sur la création de l'argent (9 min.)

lundi 5 octobre 2009

La responsabilité sociale du consommateur (RSC)

On parle toujours de RSE - responsibilité sociale de l'entreprise. Mais qu'en est-il de la RSC - responsabilité sociale du consommateur?

De plus en plus d'entreprises font avec leurs clients ce que les militants font avec les entreprises: ils leur demandent d'être responsables. L'exemple de cet écriteau, que j'ai pris en photo à l'hôtel la semaine dernière, illustre bien ce que je veux dire.


La RSC est de plus en plus justifiée à mesure que les analyses du cycle de vie démontrent que c'est lui qui a le plus d'influence sur la performance globale. Dans le cas ci-dessus, les agriculteurs et les transformateurs ont beau développer les techniques les plus vertes et les plus responsables du monde, si la nourriture est destinée à être jetée (ou compostée), c'est peine perdue.

De son côté, le consommateur est sensible aux gestes qu'il peut poser. Il n'aime pas se faire culpabiliser. Mais il sait reconnaître le gros bon sens. N'ayez pas peur de lui demander de faire sa part.

vendredi 2 octobre 2009

«Whatever happens, don't give up»