La prochaine evolution industrielle

vendredi 28 mai 2010

Il y a une autre crise aussi importante que celle du climat

Le toujours excellent Ken Robinson reprend là où il avait laissé au dernier Ted.

lundi 17 mai 2010

Quatre raisons pourquoi les organisations s'engagent dans un développement durable

Si vous êtes pressés, lisez la version courte à la fin de ce billet.

Voici les principales raisons que j'ai observées au cours des huit dernières années pour lesquelles les organisations s'engagent dans une démarche durable.

1. Grâce à un champion
C'est probablement l'élément déclencheur le plus fréquent (et je dirais le plus efficace). Un employé (rarement un dirigeant) décide de poser un geste, relativement simple, sans réel budget ni ressources (ni même autorisation).

Cette action connaît du succès à l'interne, réduit les coûts et elle devient vite imitée par d'autres départements. Devenez un ambassadeur dans votre équipe en prouvant sur le terrain que c'est possible, et les portes s'ouvriront.

2. À cause de la concurrence
Votre concurrent a un nouveau produit, une initiative inspirante ou il vient de gagner un prix pour un produit écoresponsable. Vlan! Le développement durable passe de la priorité numéro 16 à la priorité 1 ou 2 sur la liste de votre patron.

3. À cause d'un consommateur
Je ne compte plus le nombre de fois où des dirigeants m'ont téléphoné à la suite d'un courriel ou d'un appel d'un de leur client. Un seul! Une question embarassante. C'est tout. Ça marche. Morale: si vous êtes insatisfait d'un produit, écrivez... Vous aurez peut-être plus d'impact que vous ne le croyez.

4. À cause d'un client
Beaucoup de fournisseurs paniquent (ou sont sur le point de le faire). Un de vos clients est une grande entreprise, comme Desjardins, une société d'État, comme Hydro-Québec ou un organisme gouvernemental, comme un ministère. Ce client développe de nouveaux critères d'approvisionnement. Vous vous faites demander:

  • Avez-vous une politique de développement durable?
  • Comment vous assurez-vous que les droits humains sont respectés chez vos fournisseurs?
  • Quel est votre bilan carbone?
Après avoir perdu le contrat, votre patron veut être sûr que la prochaine fois qu'on va poser ces questions, il va avoir les réponses.

Ce qui fonctionne moins bien
Il existe beaucoup d'autres raison qui peuvent faire bouger votre organisation. La réglementation est certainement l'une d'elle (et elle est très efficace). Mais vous avez peu d'impact sur l'imposition d'une nouvelle loi.

L'image est un autre moteur de changement. Mais cette motivation se traduit trop souvent par une coquille vide, et des accusations de greenwashing...

Pour ce qui est des motivations «positives», comme devenir un leader, innover ou réduire les risques (face à une nouvelle législation envisagée ou à une hausse potentielle des coûts d'énergie, par exemple), elles fonctionnent moins bien, malheureusement.

En fait, elles sont plutôt réservées aux entreprises les mieux gérées, aux dirigeants proactifs (prêts à faire les choses autrement) et aux nouvelles entreprises, qui n'ont rien à perdre. Bref, il ne s'agit probablement pas de votre organisation (vous seriez déjà engagé dans une démarche si c'était le cas).

Version courte:
Si vous êtes un employé, devenez un ambassadeur.
Si vous êtes un consommateur, écrivez un courriel.
Si vous êtes un client, adoptez une politique d'approvisionnement responsable.
Si vous êtes un patron, devenez un leader, innovez et devancez vos concurrents.

vendredi 14 mai 2010

Vidéo du vendredi: comment l'industrie agroalimentaire peut devenir un modèle de développement durable

WOW! C'est le seul mot qui est sorti de ma bouche après avoir vu ce vidéo la première fois. Je l'ai ensuite revisionné deux fois! Très inspirant.

C'est la meilleure illustration des 5 principes du modèle d'affaires durable, que je présente dans le livre, que j'ai vu depuis des années.

lundi 10 mai 2010

Un nouveau blogue sur les bâtiments verts


Au cours des dernières semaines, j'ai été impliqué dans le lancement d'un nouveau portail sur les bâtiments verts: Voirvert.ca

Ce portail est le petit frère du magazine Voir Vert, lui même une publication de Constructo (propriété de Transcontinental), la référence dans le milieu de la construction.

J'y tiens un blogue qui se veut l'extension de La prochaine évolution industrielle. Bien qu'il vise une clientèle plus ciblée (impliquée dans la construction et la gestion des bâtiments), je crois que si vous êtes un lecteur de longue date, vous serez certainement intéressé par ce qui va s'y passer.

Vous pouvez vous abonner gratuitement soit par courriel, soit via le fil RSS. Et si vous avez des exemples à partager, n'hésitez pas à m'écrire.

jeudi 6 mai 2010

Le mythe de l'emballage et l'exemple des yogourts Liberté


Un des problèmes les plus sensibles lorsqu'il est question d'améliorer un produit est celui de l'emballage. Systématiquement, il est ciblé tant par les consommateurs «écoresponsables» que par les fabricants-qui-veulent-verdir-leurs-opérations.

La réalité du point de vue de la performance environnenementale: c'est souvent une mauvaise décision.

Je l'admet, je généralise. Mais il faut dire que j'ai lu plusieurs analyse du cycle de vie (ACV) récemment qui montrent toute que l'emballage à un impact marginal, souvent autour de 5% par rapport à l'ensemble des étapes du cycle de vie dans l'industrie alimentaire. Or, améliorer la performance de l'emballage coûte généralement très cher.


Les yogourts Liberté et l'ACV

Le cas de Pineridge (la société propriétaire des yogourts Liberté) présenté par Dominic D'Amours, directeur du développement durable, dans le cadre du 4e forum canadien sur l'analyse du cycle de vie CYCLE 2010 est frappant. [Précision: les résultats présentés dans ce billet sont ceux pour Gourmet Baker, une autre division de Pineridge.]

Afin d'évaluer quelles solutions offrent le meilleur rendement à la fois sur le plan économique que sur le plan environnemental, l'équipe de Dominic a produit un graphique (ci-haut) montrant les impacts sur les changements climatiques des principales activités et les coûts associés à une réduction des impacts.

Instinctivement, tout patron choisi d'améliorer son emballage. Ce graphique montre que c'est à peu près la pire décision d'affaires, parce que c'est une de celle qui coûte la plus cher et qui contribue le moins à réduire les impacts sur le climat. [Le graphique montre les coûts d'approvisionnement par rapport aux changements climatiques.]

En revanche, améliorer les systèmes de réfrigération offre un rendement de loin (très loin) supérieur, pour le quart du prix!


D'autres résultats de l'étude ACV

Comment Dominic et Pineridge ont pu obtenir ce graphique? À l'aide d'une analyse du cycle de vie (ACV). Comme vous pouvez le voir ci-dessous, l'ACV a offert une perspective nouvelle, voire inattendue, sur la performance de l'entreprise et les actions à prioriser.

Ce graphique montre que c'est l'étape de «l'entreposage et la distribution» qui contribue le plus aux impacts sur les changements climatiques. On voit également que l'emballage contribue de manière négligeable à cette catégorie d'impact.


Ce graphique nous apprend qu'en tenant compte de la chaîne d'approvisionnement, quelques ingrédients contribuent à la majorité des émissions de gaz à effet de serre, notamment l'huile de canola, les produits laitiers, le sucre, la farine et les oeufs.


On peut constater l'ampleur de la différence d'impact entre l'emballage et les matières premières avec ce graphique, où l'on constate que le carton contribue à lui seul à plus de 1100 t de CO2 équivalent comparativementà plus du double pour l'huile de canola.

Ce dernier graphique révèle que les impacts sur les changements climatiques ne montrent qu'une partie de la performance globale. Si l'on regarde les impacts sur la qualité des écosystèmes ou encore les impacts sur la satné humaine, on découvre que les matières premières ont des impacts beaucoup plus significatifs. Il est essentiel d'en tenir compte dans le choix des solutions afin d'éviter un déplacement d'impacts.