La prochaine evolution industrielle

lundi 28 juin 2010

À GO on change le monde? GO!

Si vous attendez que votre patron vous autorise à initier un projet, un programme ou une action pour réduire l'empreinte environnementale ou améliorer les conditions de travail de votre organisation, vous risquez d'attendre longtemps.

Pas que votre patron soit insensible aux bonnes causes. Depuis près de 10 ans maintenant, je recueille des histoires de gens qui ont provoquer des changements pour rendre nos modes de vie plus harmonieux avec la planète. Rarement, voire jamais, je n'ai rencontré de gens qui avait tous les pouvoirs, toutes les ressources et toutes les autorisations. Même les PDG ont des gens à convaincre.

Ray Anderson, le PDG d'Interface, entreprise mythique du développement durable s'il en est une, devait convaincre plusieurs personnes, à commencer par Wall Street et ses actionnaires, puisque son entreprise est inscrite en bourse. Si vous croyez que c'est difficile de le faire aujourd'hui, imaginez ce que c'était en 1994!

Ce qui est moins connu, cependant, c'est que Ray Anderson a dû faire face à beaucoup de résistance à l'interne, tant de la part de (certains) ses collègues de la haute direction que de ses employés. Il lui aura fallu cinq ans à se répéter et à insister et à convaincre son entourage avant que les choses se mettent réellement à bouger. Cinq ans... et il est le grand patron!

Qu'est-ce qui a changé au bout de cinq ans? Il avait des preuves. Des petits projets avaient générés des profits, et ils en ont inspirés d'autres pour en faire autant.

Si vous avez un projet, ou si vous voulez que les choses changent chez vous, n'attendez pas le OK. Allez-y. Foncez. Prouvez votre point. Commencez à petite échelle s'il le faut. Adoptez le language des gens que vous devez convaincre. Et persistez. Le pire qui peut vous arrivez, c'est de vous planter.

Préférez-vous faire une erreur en essayant de changer les choses ou préférez-vous éviter les bêtises en ne faisant rien?

Si vous avez répondu A: GO!

lundi 14 juin 2010

La numérisation nous fait-elle perdre notre identité?

Je viens de lire une vingtaine de textes écris par des personnes différentes. Si je vous en parle, ce n'est pas tant pour le contenu que pour la beauté. Voyez vous, les 20 textes sont écris à la main.

Quelle est la dernière fois que vous avez lu de longs textes (plus d'une page) écris à la main (autre que votre écriture)? Si vous êtes comme moi, ça fait des années. En fait, je ne me souviens pas de la dernière fois.

Deux choses m'ont frappés en lisant ces textes.

1. C'est très difficile à lire. Même pour ceux qui écrivent lisiblement, ce n'est pas facile. J'imagine qu'on s'y habitue si on le fait régulièrement.

2. C'est beau. L'écriture est variée. Elle est unique. Elle va avec l'humeur. J'avais oublié qu'il y avait autant de façons d'écrire un «e» ou un «p» ou un «a»...

En lisant ces textes, j'ai compris que c'est notre recherche de l'efficacité qui est derrière cette uniformisation de l'écriture. Est-ce que le Times New Roman, le Helvetica et le Arial sont en train de nous faire perdre notre identité?

vendredi 11 juin 2010

Le secret de l'efficacité énergétique dévoilé

Jay Harman étudie depuis longtemps l'efficacité énergétique dans la nature. Il a découvert le secret. À l'aide du biomimétisme, il a fait du «reverse engineering» pour créer un propulseur incroyablement efficace... Avec son entreprise, il veut changer le monde!

Merci Andrée de m'avoir fait découvrir son travail.

lundi 7 juin 2010

L'iPad, ami des arbres

J'ai publié un texte d'opinion dans La Presse de vendredi dernier en réponse aux critiques d'écologistes qui dénonce la tablette comme étant «anti-développement-durable». Pour les curieux, sachez que je ne suis affilié d'aucune manière avec Apple. Le voici:

L'iPad: ami des arbres

L'iPad est-il une nuisance environnementale ou un ami des forêts? Les deux... avec un avantage pour les arbres. En fait, l'iPad et les autres tablettes électroniques sont plutôt une bonne nouvelle pour l'environnement, contrairement à ce que plusieurs groupes écologistes affirment.

Le dernier à l'avoir fait est le groupe Les Amis de la Terre, en France. Il dénonce le fait que l'iPad utilise des métaux dont l'extraction contribue à la déforestation.

Ce n'est pas faux. Il faut toutefois comparer des pommes avec des pommes. Combien d'arbres sont coupés pour extraire le minerai nécessaire pour lire une page par rapport au nombre d'arbres pour fabriquer la page en papier? Les Amis de la Terre ne le disent pas.

Dans le cadre d'un mémoire de maîtrise réalisé en 2007 à l'Université de Sherbrooke, en partenariat avec le Centre interuniversitaire de recherche sur l'analyse du cycle de vie (CIRAIG) de l'École Polytechnique, nous avons comparé les impacts environnementaux d'un journal par rapport à un papier électronique sur l'ensemble du cycle de vie. L'analyse révèle que le papier électronique a sept fois moins d'impact sur les changements climatiques qu'un journal. Elle montre également qu'il y a des gains significatifs dans toutes les catégories d'impacts: santé humaine, qualité des écosystèmes et utilisation des ressources.

On comprend vite que le journal en papier est désavantagé quand on considère que la plupart des gens ne lisent que quelques articles par jour, mais qu'il faut imprimer toutes les pages du journal pour les lire.

En comparaison, combien de livres faudrait-il lire pour que le bilan environnemental de l'iPad devienne plus avantageux? Entre 40 et 100, selon la catégorie d'impact environnemental. C'est du moins la conclusion d'une analyse du cycle de vie de l'iPad publiée dans le New York Times récemment. Cela équivaut donc à lire un livre par semaine pendant deux ans. C'est beaucoup.

Toutefois, ces deux études excluent une caractéristique importante de l'iPad. Il est multifonctionnel. Ainsi, toujours pour évaluer des pommes avec des pommes, il faut comparer un iPad avec non seulement des livres et des journaux, mais aussi avec des magazines, un GPS, un lecteur MP3, une caméra (photo et vidéo), un agenda, un scanneur, un magnétophone, un cadre photo numérique, un carnet d'adresses, une console de jeux portable, une calculatrice, une imprimante... et j'en passe. Ce faisant, le bilan de l'iPad est clairement positif - très positif même!

Mais qu'en est-il de tous ces objets que nous possédons déjà?

Malheureusement, ils deviennent obsolètes plus rapidement. Et c'est là où les écologistes, qui dénoncent le iPad comme une tare environnementale, ont raison. C'est d'ailleurs le principal problème de l'ensemble de l'industrie des technologies de l'information (TI): les produits sont conçus pour être remplacés de plus en plus vite.

Dans un contexte où les ressources sont limitées et où l'extraction de minerai a des impacts sociaux et environnementaux, cette approche est répréhensible, voire immorale envers les générations futures. Cela doit changer.

Il y a de l'espoir. Il est possible de concevoir les TI pour qu'elles soient facilement désassemblées et que les composantes soient récupérées, réutilisées et recyclées en boucle fermée. Cela prendra toutefois plusieurs années avant de se concrétiser.

Les groupes écologistes ont tout intérêt à exercer de la pression pour accélérer l'adoption de meilleures pratiques. En revanche, ils se trompent de cible en dénonçant les tablettes électroniques, comme l'iPad. La science montre que la dématérialisation est essentielle dans une perspective de développement durable. Ne pas le reconnaître pourrait contribuer à retarder l'amélioration de notre empreinte écologique comme société.

Jean-Sébastien Trudel

L'auteur est un expert-conseil en développement durable chez Ellipsos et coauteur du livre La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique, aux Éditions PUM.

Cyberpresse

mardi 1 juin 2010

Le végétarisme à temps partiel

Les propos de Graham Hill, fondateur de TreeHugger.com, ont de quoi faire réfléchir. Il remarque que ses actions ne sont pas cohérentes avec ce qu'il sait. «Knowing what I know, why am I not a vegetarian?» s'est-il demandé.

Il raconte dans ce vidéo comment il a fait pour passer de la notion à l'action.