La prochaine evolution industrielle

mercredi 27 octobre 2010

Savoir faire la différence entre emballage et suremballage

La vidéo suivante présente le jouet le plus suremballé du monde.



Il n'y a aucun doute ici que l'on parle de suremballage. C'en est gênant.

Mais ce n'est pas parce qu'un produit est emballé qu'il est nécessairement suremballé. L'emballage, en plus de faire vendre, joue d'autres rôles importants, par exemple:

  • Il protège le produit.
  • Il réduit le vol à l'étalage.
  • Il prolonge la durée de vie des produits frais.
Ce dernier rôle est pourtant souvent négligé. Prenez le cas des fruits et légumes.

Habitué d'acheter mes fruits et légumes en vrac au marché Jean Talon, j'ai été très déçu de découvrir en déménageant à proximité d'une épicerie de type grande surface que ceux-ci étaient systématiquement enveloppés d'une pellicule plastique sur une barquette en styromousse. «Quel gaspillage terrible!» me disais-je.

J'avais tort.

Le paradoxe de l'emballage


Lors de Cycle 2010, le dernier colloque canadien sur l'analyse du cycle de vie organisé par le CIRAIG, Juanita Day, chef d'équipe stratégie marketing et développement durable chez Amcor, expliquait le paradoxe de l'emballage!

Elle citait l'exemple de deux concombres, l'un en vrac (aucun emballage), l'autre emballé d'une pellicule plastique (sans la barquette en styromousse). Après seulement quatre jours, on voit déjà que la fraîcheur du concombre en vrac laisse à désirer. Après 28 jours, le concombre en vrac est devenu jaunâtre et plissé.

En comparaison, le concombre emballé d'une pellicule plastique est encore d'un vert éclatant, et il semble encore plus frais que ce qu'avait l'air le concombre en vrac après seulement quatre jours! Bref, après quatre semaines (!), le concombre emballé peut toujours être vendu, alors que celui en vrac semble déjà bon pour le compost après moins d'une semaine.

À l'aide de cet exemple, Juanita Day expliquait qu'en permettant de prolonger de manière importante la durée de vie et la fraîcheur des aliments, l'emballage permettait de réduire de manière importante le gaspillage parce que, du point du vue du cycle de vie, la majorité des impacts du légume se situent dans la phase de production. Or, utiliser des terres, de l'eau, des engrais (naturels ou chimiques), du carburant pour la récolte, du transport, de la réfrigération, etc. pour produire un légume qui sera jeté ne sera jamais «efficace».

Autrement dit, grâce à l'emballage, on pratique la réduction à la source en évitant de produire un légume qui ne sera pas consommé.

Conclusion: ce n'est pas parce qu'il y a apparence de suremballage que c'est nécessairement le cas.

lundi 25 octobre 2010

Les batteries des voitures électriques sont-elles un problème?


C'est une des questions que l'on entend le plus de la part de ceux qui se méfient de la voiture électrique. Non sans raisons: ce n'est pas la première fois que l'on nous propose une «solution» écologique qui s'avère pire que la technologie qu'on cherche à remplacer. L'éthanol fait à partir de maïs, ça vous rappelle quelque chose?

Une ACV des batteries fait la lumière


Une équipe de chercheur s'est donc penchée sur la question à l'aide d'une analyse du cycle de vie (ACV). Leurs conclusions, publiées dans le numéro de septembre de la revue Environmental Science & Technology, révèlent que les batteries lithium-ion auraient somme toute un impact d'au plus 15% du cycle de vie complet du véhicule électrique (ce qui comprend l'extraction des ressources pour faire les composantes du véhicules, l'assemblage, l'entretien, la construction et l'entretien des infrastructure, dont les routes et l'utilisation. La fin de vie n'a pas été modélisée).

En revanche, la diminution de l'impact associé à l'utilisation est importante. Ainsi, l'utilisation de la voiture électrique, qui inclut principalement la production d'électricité (les auteurs ont retenu la production moyenne de la grille européenne, qui comprend des centrales au gaz, au charbon et nucléaire), représente 45% des impacts totaux. En comparaison, l'étape d'utilisation d'une voiture, qui consomme 5,2 L d'essence au 100 km (ce qui représente les véhicules les plus efficaces présentement sur le marché), représente 75% des impacts.

En terme de contribution aux émissions de GES, la voiture électrique permet donc une réduction de 37 700 kg de CO2 sur l'ensemble de son cycle de vie (en supposant que le véhicule parcours 150 000 km).

Le lithium est rare, mais...


On apprend également que l'usage du lithium, même s'il s'agit d'un métaux considéré comme rare, n'est pas si nuisible du point de vue de l'impact sur les ressources. Dans un article de Treehugger, un des auteurs, Dominic Notter, affirme que «l'impact des batteries est moins grand que ce que l'on croyait».

On apprend également dans cet article que les batteries qui ne sont plus utiles pour les voitures peuvent ensuite être réutilisée pour stocker de l'énergie (éolienne par exemple), puiqu'elle conserve encore 80% de leur charge. Et, en fin de vie, le lithium n'est pas dégradé, donc il est possible de le recycler à 100%.

Pour les praticiens en ACV: l'unité fonctionnel est «one average kilometer driven by a vehicle with electric drivetrain and Li-ion batteries on the European road network» et la méthode d'évaluation des impacts est EcoIndicator 99.

jeudi 21 octobre 2010

Créer du temps


Si vous êtes comme la plupart des gens, vous êtes débordés au travail. Vous n'avez pas le temps de penser à de nouvelles stratégies. Pas le temps non plus de revoir la manière de travailler de votre équipe, même si cela permettrait de gagner du temps. Pas le temps d'être créatif, ni de temps pour vraiment bien faire les choses. Pas le temps de vendre vos idées à vos collègues ou à votre patron.

Le chiffre magique


Il nous manque toujours de temps. Pourtant, on arrive généralement à tout faire ce que l'on a à faire en 40 heures par semaine. Tous. C'est comme si 40 était un chiffre magique, et que peu importe la quantité de travail à faire, cela prend 40 heures par semaine. Ça n'en prend jamais 35. En revanche, parfois, il en faut 45... mais somme toute, nous y arrivons.

Étonnant, non? Maintenant, qu'arriverait-il si votre patron vous disait que votre texte, votre rapport, votre produit devait être livrer cinq jours plus tôt? Vous feriez des miracles. Vous travailleriez un peu plus tôt et un peu plus tard. Et vous livreriez à temps. Vous livrez toujours à temps.

Comment réussiriez-vous ce tour de magie? En priorisant.

C'est comme ça qu'on crée du temps. Priorisez signifie ne pas répondre à ses courriels aux cinq minutes quand on est dans le «rush». Priorisez veut dire éviter la conversation de cafétéria avec votre collègue. Priorisez est aussi synonyme de refusez.
  • Pouvoir dire «non» à un meeting qui ne vous apportera rien.
  • Pouvoir dire «non» à tenter de satisfaire les désirs de tous et chacun.
  • Pouvoir dire «non» à votre collègue qui veut votre opinion tout-de-suite-sur-le-champ.

Ça prend du temps pour changer le monde


Je sais, on ne «créer» pas du temps, on en trouve. Et c'est justement ce que je vous propose de faire pour les 10 prochains jours de travail. Trouver du temps en devançant vos échéanciers, en priorisant et en planifiant.

Ce temps, vous pourrez l'utiliser:
  • Pour penser à une nouvelle stratégie.
  • Pour convaincre vos collègues de l'importance d'adhérer à une démarche DD.
  • Pour faire de la recherche des meilleures pratiques écoresponsables dans votre domaine.
  • Pour mettre sur pied un système de réduction à la source des bouteilles plastiques.
  • Pour réaliser une mini-étude de marché qui pourrait intéresser votre patron sur un nouveau produit vert.
Bref, pour changer le monde, vous devez apprendre à créer du temps.

mardi 19 octobre 2010

Luc Vézina sera à Montréal le 20 octobre

L'Association des professionnels en développement durable reçoit la visite de Luc Vézina demain, mercredi 20 octobre, à l'Assomoir, entre 17 et 19h.

Luc Vezina est depuis quelques mois le nouveau Directeur du Bureau de Coordination du MDDEP. Il va venir rencontrer les professionnels en développement durable pour partager ses projets et ses attentes dans le cadre du déploiement de la Loi sur le développement durable.

Activité ouverte à tous les professionnels en DD.

Coût d'entrée : 10$ pour les membres. 15$ pour les non-membres (paiement à la porte)

Inscription obligatoire à info@aprodd.ca

Un nouveau look

Le blogue La prochaine évolution industrielle change de look! Sans parler d'une refonte du site, plusieurs éléments visuels ont été mis à jour. Ainsi, vous trouverez à droite tous les liens pour vous abonner au blogue (si ce n'est pas encore fait) et pour suivre tous les billets et autres conseils publiés ailleurs sur le Web, tant sur Twitter que sur le portail des bâtiments verts Voirvert.ca

Je profite de l'occasion pour vous remercier d'être nombreux et fidèles à suivre ce blogue, qui reçoit plus de 3 000 visiteurs par mois. J'ai commencé à écrire des billets simplement pour partager avec le plus de gens possibles les raisons et les moyens de prendre le virage du développement durable. Aujourd'hui, je sollicite votre aide.


Invitation à partager les meilleures pratiques
Si vous croyez que cela peut aider d'autres à réduire leur empreinte, n'hésitez pas à partager avec nous vos expériences (de réussite et d'échec). Il suffit de m'envoyer un courriel avec votre histoire.

Si vous croyez que le contenu de ce blogue peut aider un ami, un collègue, un client ou votre patron, n'hésitez pas à l'inviter à s'abonner ici.

Au plaisir de vous lire!

lundi 18 octobre 2010

Un monde sans plastique est-il possible?

vendredi 8 octobre 2010

Votre démarche DD est-elle extraordinaire?


Vaut-elle la peine qu'on en parle? Meriterait-elle un prix, une renconnaissance, si vous la soumettiez à un concours?

Probablement pas. De nos jours, imprimer recto-verso, recycler le papier et le plastique, composter les résidus biodégradables de cafétéria, voire occuper un bâtiment LEED, ne vous ferait pas gagner un Phénix de l'environnement.

Sans dire qu'ils sont banals, ce sont des gestes normaux dans une démarche de développement durable (DD). Bien sûr, ils jouent un rôle important, soit mobiliser le personnel et assurer une cohérence et une crédibilité par rapport à une politique de développement durable.

Or, se limiter à ces gestes n'est pas assez.


Définissez trois types d'actions

Une fois lancée, une démarche de DD doit évoluer. C'est pourquoi nous croyons chez ellipsos qu'un bon plan d'action en développement durable doit contenir trois types d'actions.

1. Des actions mobilisantes

Demander à tout le personnel de composter, de recycler ou d'apporter sa tasse à café réutilisable sensibilisent et mobilisent. Ces gestes sont essentiels pour impliquer toute l'organisation dans la démarche. Ils montrent une volonté de la direction et ils demandent une attention particulière, sans pour autant ajouter au travail quotidien de tous et chacun. Bien menées, ces actions serviront de tremplin à votre démarche.

2. Des actions économiques

Changer les ampoules ou remplacer les écrans d'ordinateurs par des écrans à faible consommation énergétique ne demandent aucun effort de la part des gens. Ils continuent de faire leur travail comme avant, mais la plus grande efficacité énergétique permet de réaliser des économies. Ce genre d'action est essentiel dans une démarche DD, car ils justifient le bien-fondé de celle-ci vis-à-vis les patrons, les actionnaires et les créanciers.

3. Des actions remarquables

L'un des endroits où une organisation peut faire les gains les plus substantiels en adoptant une démarche de DD est dans la colonne des ressources humaines (RH). Les gens, plus particulièrement les jeunes (génération Y), veulent travailler pour une organisation inspirante. Lorsque c'est le cas, les taux d'absentéisme et de présentéisme baissent, la productivité augmentent, le taux de roulement ralenti et les meilleurs talents frappent à votre porte.

Pour devenir une organisation inspirante, il faut faire plus que les actions mobilisantes et économiques. Il faut faire des actions remarquables.

Rona, la Société des alcools du Québec et Lumec, par exemple, sont trois organisations que je trouve inspirantes, ce qui n'étaient pas le cas il y a cinq ans. Les trois ont posé des gestes concrets, risqués et novateurs dans leur démarche de développement durable.

  • Rona a fait appel au CIRAIG pour développer la marque RONA ECO grâce à une approche cycle de vie crédible.
  • La SAQ a été la première entreprise au Québec à éliminer complètement l'usage et la vente de sac en plastique jetable.
  • Lumec a répondu aux critiques d'environnementalistes non pas par une campagne de gestion de l'image, mais en réinventant ses luminaires urbains pour lutter contre la pollution lumineuse.
Dans les trois cas, il a fallu du courage et du leadership pour aller de l'avant avec ces actions.
  • La méthode derrière la marque RONA ECO n'existait pas, mais elle a tout de même engagée ses fournisseurs (et beaucoup d'argent) pour la bâtir!
  • La SAQ s'est fait critiquer pour sa politique d'élimination des sacs jetables (elle a même fait l'objet d'une enquête de JE à TVA).
  • Lumec est une PME. Revoir la conception même de ses produits représente un investissement non-négligeable, voire risqué.
Si votre plan ne contient pas d'actions inspirantes et remarquables, il est temps de le réviser. Bien sûr, ce ne doit pas être votre première action. Mais l'inspiration doit être au coeur de votre démarche, sans quoi, vous ne profiterez jamais des gains les plus intéressants d'une approche de développement durable.

mercredi 6 octobre 2010

Vous cherchez un expert en développement durable?


Le premier guide d'experts en développement durable est en kiosque. En gros, on y retrouve:

- 200 organisations, entreprises, ONG et institutions
- un répertoire des prestataires de services-conseils en développement durable (une centaine!)
- des entrevues avec des experts sur les dernières tendances dans l'industrie
- un répertoire de tous les programmes de formation post-secondaire en développement durable

En somme, c'est une bonne nouvelle. On peut voir à quel point l'industrie gagne en maturité (et en nombre). Comme l'a dit Corinne Gendron dans son discours lors du lancement du guide hier soir (je m'excuse d'avance, la citation est approximative, mais l'idée est là): «Nous sommes une petite gang de moins en moins petite, ce qui veut dire que le changement devrait se faire de plus en plus vite».

Avoir un guide permet d'avoir une idée des acteurs dans l'industrie. Mais cela ne vous dit pas lequel choisir. Je profite de l'occasion pour vous proposer 5 critères pour trouver un expert en DD.

Comment choisir le bon expert?

1. Quels sont vos besoins?
Trop souvent, on part à la recherche d'un expert sans réellement savoir ce que l'on veut. Résultat: on le laisse nous vendre sa salade. S'il n'est pas un bon vendeur, nous devenons encore plus mélangés, parfois au point de perdre l'intérêt dans la démarche («c'est trop compliqué!»). S'il est un vendeur de la pire espèce, il va nous convaincre d'acheter son service, sans égard à vos besoins réels.

Pour déterminer vos besoins, cherchez surtout à comprendre quels résultats vous attendez. Ensuite, chaque consultant peut vous proposer sa démarche. En sachant où vous voulez aller, vous saurez, à la fin de la démarche, si le consultant à fait son travail ou non.

2. Avez-vous au moins trois soumissions? C'est de la base me direz-vous, et pourtant. Le meilleur moyen d'éviter de se faire avoir, c'est encore de s'informer. Cependant, trop souvent je vois des organisations qui sont «obligées» d'avoir trois soumissionnaires. Les dés sont cependant pipés d'avance, car ils savent avec qui ils veulent faire affaires.

Si vous demandez à des fournisseurs de monter une proposition, n'oubliez pas qu'ils investissent du temps et des efforts pour comprendre ce que vous attendez. La moindre des choses, c'est de rester ouvert quant au choix final. Pour ne pas éliminer des candidats de qualité, évitez le recours à des appels d'offres normalisés.

3. Le consultant est-il cohérent et crédible?
Dans ce billet, je citais l'exemple d'un mandat de développement durable qui a été remporté par un grand cabinet de service-conseil. Le hic, c'est que les principales activités de ce cabinet sont dans l'industrie... de la guerre!

Validez l'éthique du consultant. Est-il cohérent avec une démarche de développement durable? Possède-t-il une politique de DD? Comment s'assure-t-il d'intégrer les principes de la démarche dans ses propres activités? Posez des questions. S'il est bon dans ce qu'il fait, il n'aura aucun problème à vous répondre.

4. Avez-vous une complicité?
Je ne le dirais jamais assez, le développement durable, c'est d'abord et avant tout une démarche humaine. Choisissez le consultant de la même manière que vous le feriez pour un employé; il doit y avoir une bonne chimie. À toujours vouloir le meilleur prix, je vois des situations où le donneur d'ouvrage n'a même pas rencontré les gens qui vont réaliser le travail. Quelle erreur! Changer de consultant à tous les six mois n'a pourtant rien de productif...

5. Quelles ressources consulter?
Comme le montre le guide d'experts en développement durable de Novae, l'industrie s'organise et se structure. Fini le temps où trouver un expert demandait des recherches approfondies dans Google. Vous pouvez également consulter le répertoire des membres de l'Association des professionnels en développement durable (APRODD).

Une autre ressource crédible –très crédible même– ce sont les clients des consultants. Ne vous limitez pas à demander des références: appelez-les. Préparez vos questions avant de téléphoner afin d'avoir l'heure juste.

Bonne chance dans vos démarches...

vendredi 1 octobre 2010

Le DD n'intéresse pas votre patron?

Faites lui valoir la baisse des coûts.

«Tu ne m'apprends rien», me direz-vous. Pourtant, la vaste majorité des démarches commencent d'abord par des projets qui coûtent des sous... et qui rapportent peu, sinon pas du tout.

Si vous voulez que votre patron vous écoute, donnez lui de bonnes raisons de le faire!