Savoir faire la différence entre emballage et suremballage
La vidéo suivante présente le jouet le plus suremballé du monde.
Il n'y a aucun doute ici que l'on parle de suremballage. C'en est gênant.
Mais ce n'est pas parce qu'un produit est emballé qu'il est nécessairement suremballé. L'emballage, en plus de faire vendre, joue d'autres rôles importants, par exemple:
- Il protège le produit.
- Il réduit le vol à l'étalage.
- Il prolonge la durée de vie des produits frais.
Habitué d'acheter mes fruits et légumes en vrac au marché Jean Talon, j'ai été très déçu de découvrir en déménageant à proximité d'une épicerie de type grande surface que ceux-ci étaient systématiquement enveloppés d'une pellicule plastique sur une barquette en styromousse. «Quel gaspillage terrible!» me disais-je.
J'avais tort.
Le paradoxe de l'emballage

Lors de Cycle 2010, le dernier colloque canadien sur l'analyse du cycle de vie organisé par le CIRAIG, Juanita Day, chef d'équipe stratégie marketing et développement durable chez Amcor, expliquait le paradoxe de l'emballage!
Elle citait l'exemple de deux concombres, l'un en vrac (aucun emballage), l'autre emballé d'une pellicule plastique (sans la barquette en styromousse). Après seulement quatre jours, on voit déjà que la fraîcheur du concombre en vrac laisse à désirer. Après 28 jours, le concombre en vrac est devenu jaunâtre et plissé.
En comparaison, le concombre emballé d'une pellicule plastique est encore d'un vert éclatant, et il semble encore plus frais que ce qu'avait l'air le concombre en vrac après seulement quatre jours! Bref, après quatre semaines (!), le concombre emballé peut toujours être vendu, alors que celui en vrac semble déjà bon pour le compost après moins d'une semaine.
À l'aide de cet exemple, Juanita Day expliquait qu'en permettant de prolonger de manière importante la durée de vie et la fraîcheur des aliments, l'emballage permettait de réduire de manière importante le gaspillage parce que, du point du vue du cycle de vie, la majorité des impacts du légume se situent dans la phase de production. Or, utiliser des terres, de l'eau, des engrais (naturels ou chimiques), du carburant pour la récolte, du transport, de la réfrigération, etc. pour produire un légume qui sera jeté ne sera jamais «efficace».
Autrement dit, grâce à l'emballage, on pratique la réduction à la source en évitant de produire un légume qui ne sera pas consommé.
Conclusion: ce n'est pas parce qu'il y a apparence de suremballage que c'est nécessairement le cas.











