La prochaine evolution industrielle

mercredi 24 novembre 2010

Doit-on laisser tomber le recyclage?


«Une femme rince son riz pendant que des travailleurs
trient le papier dans un centre de recyclage de Beijing, en Chine.»


Marie-Laurence se demande si l'on devrait laisser tomber le recyclage à la lumière du texte Le recyclage au Québec made in China publié sur le blogue du Canal argent.

En gros, le texte raconte que la plupart des centres de tri du Québec vendent leurs matières recyclables essentiellement aux Chinois. Pourquoi? Parce que ça coûte trop cher à trier au Québec. Les travailleurs Chinois sont payés quelque 700 $ par année pour faire le tri, soit environ 2$ par jour. Rien à voir avec nos 8$ de l'heure...

Pascal Aguettaz, vice-président des approvisionnements en fibre chez Cascades, décrit dans le texte du Canal Argent les conditions des travailleurs chinois dans les centre de tri: «Dans un endroit, j'ai vu huit employés qui habitaient une cabane de tôle de douze pieds par vingt, au beau milieu du centre de tri. C'était leur résidence avec leur cuisine, leurs lits...»

Bref, Marie-Laurence se demande si elle ne contribue pas à ces conditions de misère en mettant ses matières résiduelles au recyclage. Au moins, se dit-elle, l'enfouissement se fait au Québec selon des normes de travail plus acceptables.

Alors, doit-on laisser tomber le reyclage?

Je ne crois pas. Dans une perspective de pensée cycle de vie et de responsabilisation élargie du producteur (RÉP), c'est-à-dire de rendre responsables les producteurs de la fin de vie de leurs produits, il est préférable de:
  1. Bien comprendre les conditions difficiles des centres de tri;
  2. Sensibiliser son entourage aux enjeux sociaux de l'exportation de nos matières recyclables;
  3. Mettre de la pression sur les producteurs pour qu'ils se responsabilisent envers la fin de vie de leurs produits (une lettre, un appel, voire une pétition sont de bons moyens);
  4. Mettre de la pression sur le gouvernement pour qu'il accompagne mieux les centres de tri.
Les solutions existent. De la même façon que les entreprises sont de plus en plus responsables de leurs produits en fin de vie (notamment par l'entremise d'Écoentreprise Québec), les centres de tri devraient eux aussi être soumis à ce que l'on pourrait appeler la responsabilité sociale élargie du recycleur.

Leur rôle serait de s'informer sur les conditions de travail de leurs clients dans les pays en développement, de les sensibiliser aux normes internationales et de les accompagner dans l'amélioration des conditions sociales (santé, sécurité, salaire, etc.)de leurs employés.

Malgré tous les travers actuels du recyclage –que ce soit le décyclage, l'absence de marché des matières, les coûts non-concurrentiels du triage, et j'en passe –, il faut garder en tête que c'est un moyen incontournable pour éliminer la notion de déchet et créer une société durable. Ne jetons pas le bébé ave l'eau du bain!

lundi 15 novembre 2010

Vidéo: La bonne nouvelle de la décennie selon Hans Rosling

mercredi 10 novembre 2010

Comment éliminer le gaspillage de papier



Depuis 2005, je m'intéresse aux solutions pour non pas réduire ma consommation de papier, mais l'éliminer complètement. Voici mon parcours pour y arriver.

2005 à 2008


En suivant les conseils de base (éviter d'imprimer les courriels, imprimer uniquement les pages qui nous intéresse dans un document, imprimer recto-verso, tenir un agenda électronique, etc.), j'ai réduit ma consommation d'environ 20%.

2008


J'ai commencé à lire mon journal en ligne. J'étais toutefois encore abonné à la copie papier la fin de semaine. À lui seul, j'estime que ce geste à contribuer à réduire ma consommation de papier de 35%.

2009


Je me suis procuré mon premier papier électronique, le Sony eReader. Grâce à lui, je me suis mis à lire des livres électroniques. J'ai fait un test pendant un mois pour lire le journal dessus, mais le format était mal adapté. J'ai donc conservé mon abonnement la fin de semaine. Il faut se rappeler cependant que La Presse a cessé d'être publiée les dimanches. Le eReader m'a aussi permis de lire certains documents que j'aurais normalement imprimé, comme des études ou des rapports annuels de RSE. Au total, j'ai donc pu réduire ma consommation d'un autre 20%.

2010


En février, la technologie de rupture est annoncée : iPad. Je m'en suis procuré un dès sa sortie aux É-U, néanmoins sceptique par rapport ànson potentiel de me faire progresser davantage que le eReader. Après une semaine, j'ai compris que je me trompais. Cette technologie m'a permis de remplacer mes magazines, mon journal, tous les documents que j'aurais pu vouloir imprimer et, même, mon calepin de notes. Depuis 6 mois, je n'ai absolument rien imprimé, et je n'ai acheté aucun papier. J'ai même signé des documents à la banque sur mon iPad.

Cela dit, il y a encore du papier résiduel. Celui qu'on me distribue lors de rencontre. Celui de ma directrice des finances. Dans la plupart des cas, il est causé par le fait que les autres fonctionnent encore avec du papier. J'évalue donc que ma consommation de papier doit aujourd'hui se situer à moins de 3% de ce qu'elle était il y a 5 ans.

Mon verdict?


Je dois admettre que, dans mon fort intérieur, il y a des fois où le papier me manque. Lire une tablette rétroéclairé peut devenir irritant le soir avant de se coucher. Il me manque particulièrement lorsque j'ai le goût de me détendre. L'iPad est synonyme d'outil de travail pour moi, il n'a donc pas l'effet d'un bon livre que l'on lit par une journée pluvieuse de novembre.

Cela dit, je tente de lire un livre papier ces jours-ci et je n'y arrive pas. Il est lourd. Je ne le traîne donc pas avec moi dans mon sac, qui a perdu plusieurs kilos depuis que tous mes documents (et mon portable) sont remplacés par un papier électronique. Quand je lis un journal au restaurant, je trouve les nouvelles dépassées.

Bref, bien que j'ai un peu la nostalgie du papier, je ne retournerais pas en arrière.

PS. Pour ceux qui me font remarquer que mon dernier livre est uniquement disponible en papier, je répond: touché! C'est là un exemple des difficultés d'un changement de paradigme. C'est donc mon rôle que de sensibiliser mon éditeur à offrir ses collections en format électronique.

lundi 1 novembre 2010

Le grand mensonge vert est en librairie


Ceux qui me suivent sur Twitter (@jstrudel) sont déjà au courant depuis un moment, mais c'est maintenant officiel: mon deuxième livre, intitulé Le grand mensonge vert: un guide pour acheter moins idiot, est disponible en librairie. Pour répondre à toutes vos interrogations, je vous propose une petite Foire aux questions (FAQ).

1. Quand est le lancement?

Le lancement officiel se fera dans le cadre des Apéros Allant Vert, à Québec. Ouvert à tous. Inscription obligatoire. Places limitées.

Date : Mercredi, 10 novembre 2010
Heure : À compter de 17h00
Lieu : Musée de la civilisation, 85 rue Dalhousie, Québec
Informations : aperos@takt-etik.com ou (418) 609-4818
Coût : Gratuit
Inscription : Jusqu'au mardi 9 novembre en cliquant ici.


2. De quoi parle le livre?

Malgré les prétentions des grands fabricants, on voit bien qu’il y a décalage entre les supposées vertus des produits et leur impact réel sur l’environnement ; des maisons écolos mal construites, du savon bio qui nettoie mal, du commerce équitable inéquitable, des VUS hybrides, des maisons écoénergétiques situées si loin qu’il faut parcourir des kilomètres en voiture pour se rendre au travail… Bref, ce n’est pas parce qu’un produit est étiqueté comme vert qu’il l’est. À l’inverse, certains produits ne sont pas publicisés comme tels et sont très écologiques.

Comment déceler le vrai du faux ? Le grand mensonge vert donne aux consommateurs des outils pour évaluer la réelle empreinte environnementale, sociale et économique des produits qu’ils achètent. Car la consommation responsable ne commence pas dans les allées du supermarché. Pour faire des choix éclairés, il faut d’abord développer de nouveaux réflexes.

Vous pouvez consulter la table des matières et lire quelques extraits sur le site du livre: www.legrandmensongevert.ca


3. Est-il disponible en version électronique (iPad, Kindle, etc.)?

L'éditeur, Transcontinental, prévoit rendre toutes ses collections disponibles en format électronique au début 2011. Pour l'instant donc, le livre Le grand mensonge vert n'est offert qu'en format papier. Cela dit, je travaille pour trouver une solution temporaire qui permettrait d'offrir une version électronique plus rapidement. À suivre...

MÀJ: Le livre est disponible en version numérique depuis ce matin. Et, bonne nouvelle, il est près de 25% moins cher!

4. Où puis-je l'acheter?

Le livre est disponible dans toutes les bonnes libraires. En ligne, vous pouvez le commander:

1) sur le site des Éditions Transcontinental
2) sur le site de Renaud Bray

Vous pouvez également vous abonnez au blogue www.legrandmensongevert.ca

5. Serez-vous au Salon du livre de Montréal?

Oui. Il y aura une séance de signature le dimanche 21 novembre 2010, à 15h, au kiosque Hachette.