Doit-on laisser tomber le recyclage?
trient le papier dans un centre de recyclage de Beijing, en Chine.»
Marie-Laurence se demande si l'on devrait laisser tomber le recyclage à la lumière du texte Le recyclage au Québec made in China publié sur le blogue du Canal argent.
En gros, le texte raconte que la plupart des centres de tri du Québec vendent leurs matières recyclables essentiellement aux Chinois. Pourquoi? Parce que ça coûte trop cher à trier au Québec. Les travailleurs Chinois sont payés quelque 700 $ par année pour faire le tri, soit environ 2$ par jour. Rien à voir avec nos 8$ de l'heure...
Pascal Aguettaz, vice-président des approvisionnements en fibre chez Cascades, décrit dans le texte du Canal Argent les conditions des travailleurs chinois dans les centre de tri: «Dans un endroit, j'ai vu huit employés qui habitaient une cabane de tôle de douze pieds par vingt, au beau milieu du centre de tri. C'était leur résidence avec leur cuisine, leurs lits...»
Bref, Marie-Laurence se demande si elle ne contribue pas à ces conditions de misère en mettant ses matières résiduelles au recyclage. Au moins, se dit-elle, l'enfouissement se fait au Québec selon des normes de travail plus acceptables.
Alors, doit-on laisser tomber le reyclage?
Je ne crois pas. Dans une perspective de pensée cycle de vie et de responsabilisation élargie du producteur (RÉP), c'est-à-dire de rendre responsables les producteurs de la fin de vie de leurs produits, il est préférable de:
- Bien comprendre les conditions difficiles des centres de tri;
- Sensibiliser son entourage aux enjeux sociaux de l'exportation de nos matières recyclables;
- Mettre de la pression sur les producteurs pour qu'ils se responsabilisent envers la fin de vie de leurs produits (une lettre, un appel, voire une pétition sont de bons moyens);
- Mettre de la pression sur le gouvernement pour qu'il accompagne mieux les centres de tri.
Leur rôle serait de s'informer sur les conditions de travail de leurs clients dans les pays en développement, de les sensibiliser aux normes internationales et de les accompagner dans l'amélioration des conditions sociales (santé, sécurité, salaire, etc.)de leurs employés.
Malgré tous les travers actuels du recyclage –que ce soit le décyclage, l'absence de marché des matières, les coûts non-concurrentiels du triage, et j'en passe –, il faut garder en tête que c'est un moyen incontournable pour éliminer la notion de déchet et créer une société durable. Ne jetons pas le bébé ave l'eau du bain!










