La prochaine evolution industrielle

mardi 25 janvier 2011

Mettre à profit le facteur humain

Dans mon dernier billet, j'ai fait l'erreur de laisser croire qu'il était de la nature humaine que de gaspiller et que, par conséquent, on aurait beau apporter des solutions technologiques, nous ne pourrons pas changer.

C'est du moins certains des commentaires que j'ai reçu, avec raison. Or, ce que ce n'était pas mon intention.

Au contraire, il existe beaucoup d'exemples où le facteur humain est mis à contribution de manière positive. D'ailleurs, les travaux de Bob Willard, ont démontré que l'endroit où la plupart des entreprises peuvent bénéficier le plus d'une démarche de développement durable n'est pas en réduisant les coûts énergétiques ou de gestion des déchets; mais avec les gens.

Les coûts consacrés à la rémunération étant généralement le poste de dépense le plus important, les gains deviennent vite très intéressants lorsqu'il s'agit de devenir une entreprise inspirante:

  • qui attire les meilleurs talents,
  • qui diminue son taux de roulement,
  • qui aligne ses valeurs sur celles de ses employés (et non sur la simple rentabilité), et
  • qui propose d'innover pour changer le monde.
Suivent alors des gains de productivité, une baisse du taux d'absentéisme, une hausse du niveau de bonheur... et un avantage concurrentiel difficile à reproduire pour vos concurrents.

Mieux encore, sensibiliser le personnel aux notions de développement durable leur permet de comprendre pourquoi ils doivent adopter un nouveau comportement (qui peut se traduire par des économies de ressources, d'énergie et d'argent), mais cela fait en plus appel à leur créativité.

Qui sait? Cela pourrait alors se traduire par de nouvelles façons de faire qui n'avaient jusqu'alors pas été envisagées.

Parlant de façons de faire inspirantes qui visent à récompenser les gestes positifs, Leah m'a fait découvrir le programme CarboPOINT, de la CSN.À voir absolument (ci-dessous)!

lundi 24 janvier 2011

Oubliez les économmies avec les planchers chauffants

Contrairement à ce que l'on entend, les planchers chauffants ne permettent pas de réduire votre facture de 10%. Pire, ceux qui en possèdent un ont tendance à augmenter la température du thermostat!

C'est du moins la conclusion d'une étude de la SCHL, rapportée dans le dernier numéro du magazine Protégez-vous.

Les chercheurs ont en effet constaté une température moyenne de 20,4 oC dans 25 salles de bain équipées d'un plancher chauffant, comparativement à une moyenne de 19,8 oC dans 25 salles de bain traditionnelles.

Le coupable? L'utilisateur.

Il préfèrerait un plancher qui «surchauffe légèrement pour avoir un confort accru», toujours selon l'article de Protégez-vous qui cite l'Agence de l'efficacité énergétique.

Le facteur humain

Je ne compte plus le nombre de fois où le comportement de l'usager vient contre-carrer les bénéfices d'une technologie propre. Voici d'autres exemples courants:

  1. Laisser une ampoule fluocompacte allumée parce qu'elle consomme moins.
  2. Rouler plus avec une voiture hybride.
  3. «Oublier» d'éteindre l'ordinateur toute la nuit parce qu'il est en mode veille.
  4. Prendre sa douche plus longtemps parce que la chaleur des eaux grises est récupérée.
  5. Acheter un (autre) sac réutilisable, alors qu'on en a 50 et plus à la maison.
  6. Ne pas se soucier du suremballage parce qu'il est recyclable.
La liste pourrait être très longue. C'est un peu le même syndrôme que vivent les personnes obèses qui ont tendance à se «récompenser» avec une sucrerie pour leur bel effort physique.

La leçon? On aura beau trouver de belles technologies plus efficace, il ne faut pas sous-estimer la capacité de l'Homme à se trouver des excuses pour gaspiller davantage.

vendredi 14 janvier 2011

Vidéo du vendredi: les plantes sont-elles intelligentes?

mardi 4 janvier 2011

Tendances et révolution: que nous réserve 2011?


L'essor du papiel



L'an dernier à pareille date, j'y allais de ma prévision non pas de l'année 2010, mais de la décennie. J'avais tout misé sur l'émergence du papier électronique, que je persiste à appeler papiel et non tablette.

Un an plus tard, on peut déjà dire que le mouvement est bien commencé, avec l'arrivée spectaculaire du iPad (il n'était pas encore connu en janvier dernier).

On peut aussi dire sans se tromper que 2011 sera l'année de l'arrivée d'une réelle concurrence dans ce domaine. Compaq, HP, Blackberry et de nombreux autres viendront s'ajouter aux Sony, Amazon et autres Apple déjà sur le marché. D'ici la fin de l'année, au moins une quinzaine de modèles seront disponibles.

Ce scénario ressemble drôlement à celui qui s'est produit avec l'apparition des caméras numériques, au tournant des années 90. Au début, la qualité était horrible, la capacité des appareils et leur prix les rendants tout à fait inintéressant. Puis, un modèle, puis deux, puis une myriade de concurrents se sont mis à lancer des modèles à tous les six mois, chaque fois plus performant et moins cher que celui qu'il remplaçait.

Au bout de 10 ans... les appareils argentiques agonisaient. Nikon a mis fin à sa production, au profit du numérique.

L'arrivée de l'étiquette carbone



2011 verra, selon moi, naître le marché des étiquettes carbones. La revue L'actualité alimentaire présente ce mois-ci un article très complet sur le sujet. Il n'est malheureusement pas en ligne. J'en parle également en détail dans mon dernier livre, Le grand mensonge vert.

En bref, les étiquettes carbones consistent à ajouter un logo sur les produits présentant la teneur en CO2 sur l'ensemble de son cycle de vie. Ainsi, on peut lire sur le logo de Carbon Trust (une empreinte de pied noire) d'une marque de jus d'orange contient quelque 200 g de CO2 équivalent.

Ces étiquettes ont l'avantage de présenter une information sur la performance du produit (en matière de changement climatique), et non pas simplement des caractéristiques, comme dire que l'emballage est recyclable, ou que les oranges sont issues de l'agriculture biologique.

Grâce à elle, et pour la première fois, les fabricants seront enfin différenciés sur leurs émissions de gaz à effet de serre. Et ils ne pourront plus se cacher derrière des affirmations incomplètes, exagérées, trompeuses ou mensongères...

La fin de la suprémacie du moteur à essence


Pour la première fois en plus d'un siècle d'histoire (à l'exception de l'épisode ratée des années 90), le moteur à essence devra partager les routes. En 2011, plusieurs fabricants, dont Nissan et GM, mettront en vente une voiture électrique.

Bien sûr, ce n'est qu'un premier pas. Mais sa symbolique est, selon moi, aussi importante que le premier pas de l'Homme sur la lune. C'est le signe que l'ère de la voiture à essence appartiendra essentiellement au XXe siècle. Les 30 prochaines années serviront de transition du parc automobile mondial vers une fragmentation des technologies (le moteur électrique ne sera pas le seul) qui propulseront nos véhicules de manière plus efficace. Et 2011 aura été l'année charnière.

Et vous, quelles sont vos prévisions pour 2011 en matière de développement durable?