La prochaine evolution industrielle

lundi 13 juin 2011

Pourquoi Bill Gates n'aurait pas pu être Québécois


Dans son dernier livre, Outliers, Malcolm Gladwell raconte comment les gens qui réussissent ne sont pas devenus des stars du jour au lendemain. En général, ils ont investis plus de 10 000 heures dans leur art avant de connaître du succès!

Prenez Bill Gates. L'histoire que l'on nous raconte est celle de la fondation de Microsoft: il était à Harvard quand lui et son copain Paul Allen ont contacté Ed Roberts, le président de MITS qui venait de mettre sur le marché le Altair 8800, un des premier ordinateur personnel sur le marché, pour lui présenter BASIC, un code qui allait permettre de faire fonctionner l'Altair.

Ce que l'on sait moins, c'est qu'à ce moment de sa vie, Bill Gates avait déjà accumulé plus de 10,000 heures à programmer. Pour vous donner une idée, cela correspond à cinq ans de travail à temps plein.

Ce n'est pas rien quand on sait qu'avant l'Altair, on comptait sur les doigts d'une main (ou deux) les ordinateurs dans le monde. Ils étaient extrêmement dispendieux, et leur accès était aussi difficile que l'accès au téléscope Hubble pour un astronome.

Mais adoslescent, Bill Gates fréquentait Lakeside School, une école secondaire qui possédait un de ces ordinateurs. Bill Gates a donc eu un accès privilégié, mais il était parmi les rares de son âge dans le monde à avoir ce privilège. Il était passionné, et pénétrait dans l'école par effraction la nuit pour programmer.

Résultat: à l'âge de 16 ans, Bill Gates avait déjà plus d'expérience en programmation que même les professionnels payés pour le faire.

À cette époque toutefois, aucune école secondaire au Québec ne possédait d'ordinateur. Ils étaient si gros qu'ils prenaient l'équivalent d'une salle au complet. Donc, même avec tout son génie et sa passion pour les ordinateurs, si Bill Gates était né ici (ou à peu près n'importe où ailleurs sur la planète), il n'aurait jamais été l'homme le plus riche du monde.

Quel avenir pour le Québec?
Cet exemple devrait nous inspirer pour déterminer comment nous voulons développer le Québec pour le XXIe siècle.

Offrir des infrastructures, des technologies et l'accès au savoir est à mon avis plus important pour inscrire le Québec dans un développement durable que de mettre l'accent sur les compétences, l'encadrement et les comportements. Ces choses suivront dans la mesure où les conditions de base sont présentes.

Exemples:

  • Le Bixi a changé la façon de se déplacer de bien des Montréalais, certains même qui étaient opposés au vélo.
  • Les bornes électriques pour les voitures que le gouvernement du Québec a annoncé vont probablement faire plus pour accélérer l'intégration des véhicules électriques que les campagnes de promotion.
  • Le développement de l'hydroélectricité dans les années 60 permet aujourd'hui d'aspirer à développer un pôle d'envergure mondial de technologies propres, fabriquées à l'aide d'une énergie renouvelable (ce que peu de pays dans le monde peuvent offrir).
C'est pourquoi il est, selon moi, essentiel de prendre en compte comment les investissements de milliards de dollars que nous faisons aujourd'hui dans nos infrastructures routières et immobilières, dans l'exploitation des ressources naturelles et dans l'ajout de capacité énergétique vont permettrent aux jeunes de développer une culture et une expertise qui feront du Québec un leader de l'économie «verte».

Malheureusement, j'ai bien peur que les décideurs qui gèrent présentement tout cet argent ne se posent pas encore la question.

vendredi 10 juin 2011

Les effets positifs de la grève

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on. Voici deux avantages pour la planète de la grève de Postes Canada.

1. Densification du courrier:
Parce que le courrier n'est livré que 3 jours par semaine, cela signifie que les camions sont mieux remplis lorsqu'ils quittent les centre de distribution, réduisant du coup les émissions de GES et les coûts. Je parie que cette mesure a même un impact non négligeable sur le bilan carbone de Poste Canada.

2. Changement des habitudes:
Je viens de recevoir un courriel de l'Université de Sherbrooke invitant son personnel à s'abonner au dépôt électronique direct de leur salaire. Si la première mesure est temporaire, celle-ci risque d'être permanente. Je vois mal les gens retourner au paiement papier une fois le changement effectué.

Si étais un patron des postes, je considèrerais rendre permanente la première mesure, quitte à charger un surplus à ceux qui veulent un service plus rapide. Dans les deux cas, l'environnement y gagne, mais je ne suis pas sûr que c'est le cas pour les employés!