La prochaine evolution industrielle

lundi 26 septembre 2011

«Qu'arriverait-il si acheter le T-shirt le moins cher était aussi le choix le plus responsable?»


C'est la question que posent Yvon Chouinard (fondateur de Patagonia), Jib Ellison (fondateur de Blu Skye) et Rick Ridgeway (VP chez Patagania) dans le numéro d'octobre de Harvard Business Review.

En gros, ils décrivent comment l'internalisation des coûts pourraient permettre à ce scénario de devenir réalité.

«Le problème est simple, écrivent-ils. C'est généralement moins cher d'acheter le produit qui a le plus d'impacts sur l'environnement. Des coûts plus élevés pour la planète ne se traduisent pas par des coûts plus élevés pour le consommateur. Bien entendu, cela est dû au fait que les entreprises sont rarement obligées de payer pour le véritable coût total de leurs opérations.

«Mais qu'arriverait-il si ces coûts cachés pouvaient être comptabilisés et intégrés au produit?» demandent-ils.

Le marché du carbone est un pas dans la bonne direction
Qu'est-ce que cela signifie concrètement? Par exemple, avec une bourse du carbone, on pourra intégrer au coût du produit (du moins, en partie) les émissions de gaz à effet de serre (GES) qui contribuent au réchauffement climatique. Les entreprises, rappelons-le, ont actuellement un droit illimité d'émettre des GES dans l'atmosphère sans que cela ne leur coûte un seul sous.

Humblement, et avec une pointe d'humour, les auteurs avouent que cette question n'est pas un éclair de génie de leur part: «C'est ce que les théoriciens du développement durable disent depuis toujours.»

C'est aussi mon opinion.

Pourquoi maintenant?
La bonne nouvelle, c'est que grâce aux technologies de l'information, aux percées scientifiques et aux pressions de plus en plus fortes des consommateurs, ont voit poindre à l'horizon de plus en plus de signe d'intégration de ces coûts.

Entre autres, un des principes de la Loi sur le développement durable du Québec stipule que le gouvernement doit considérer «le coût total d'un produit ou service sur l'ensemble du cycle de vie». Pour l'instant, les fonctionnaires disent trouver difficile de mettre ce principe en pratique.

Il est vrai qu'il reste encore d'importantes incertitudes dans les méthodologies d'internalisation des coûts, et que les responsables des budgets, tant au gouvernement que dans le privé, ne maîtrisent pas encore les compétences nécessaires.

La prochaine frontière pour se démarquer
Cependant, si l'on veut réellement progresser sur la voie d'un développement plus durable, il faudra nécessairement apprendre à faire un triple bilan de meilleure qualité. Le fabricant de soulier Puma, ai-je appris dans cet article, s'est engagé en avril 2011 à comptabiliser les impacts économiques totaux de sa marque sur les écosystèmes.

Oui, les défis sont là pour y arriver. Non, ce ne sera pas parfait. Et il y a un travail énorme de sensibilisation à faire. Il m'est déjà arrivé de présenter le coût total de trois scénarios d'acquisition pour un client et il n'a pas choisi le moins cher (qui était aussi le plus écologique)!

Pour les optimistes, on peut y voir une opportunité incroyable de développer de nouvelles manières de faire et de se démarquer. Chose certaine, comme je l'ai décris dans mon dernier livre, la prochaine frontière est là, dans l'internalisation des coûts économiques, environnementaux et sociaux sur l'ensemble du cycle de vie.

Selon Chouinard et ses deux collègues, le principal intérêt à court terme de cette approche pour les entreprises réside dans une meilleure compréhension de leur chaîne de valeur. Pour les banques, qui commencent à s'y intéresser, cela se traduit par une réduction des risques. Pour les entreperises, elles sont récompensées par un accès aux capitaux à de meilleurs taux d'intérêts. Et, ultimement, cela se traduit par un message aux consommateurs plus crédible par le biais de certifications transparentes en terme de performance.

vendredi 23 septembre 2011

Deux questions pour vous améliorer

J'ai récemment eu à répondre à ces deux questions, et les réponses m'ont vraiment aidé à apporter des changements très positifs:

  1. Quelle est l'habitude que vous aimeriez le plus changer ou adopter dans votre vie professionnelle?

  2. Quelle est l'habitude que vous aimeriez le plus changer ou adopter dans votre vie personnelle?
Exercice
Prenez quelques minutes pour répondre sincèrement, soit mentalement, soit par écrit. Ensuite, voyez comment vous pouvez les mettre en oeuvre.

Pour augmenter vos chance de réussir
On dit qu'il faut 21 jours pour qu'un nouveau geste deviennent une habitude. Donnez vous donc l'objectif de mettre votre résolution en pratique tous les jours pour trois ou quatre semaines. Au bout de ce délais, à vous de voir si vous voulez poursuivre.

Ainsi vous vous donnerez la chance de prendre une décision éclairée!

mardi 20 septembre 2011

Pour ou contre la pression des pairs?


Un client que j'accompagne a dans ses rangs de nombreux employés engagés envers la cause environnementale. Ils sont de bonne foi et ils souhaitent profondément que leurs collègues adoptent des comportements plus responsables.

Comme quoi? Oh! De petites choses, vraiment. Éteindre l'ordinateur et la lumière avant de quitter le soir. Nettoyer les tasses qui ne sont plus jetables. Bref, le genre de petits gestes qui causent des ennuis dans la plupart des PME (les plus grandes entreprises paient souvent quelqu'un ou achètent des systèmes électroniques pour contrôler ces irritants).

À l'aube de lancer leur plan d'action en développement durable, la direction s'inquiète de voir les plus engagés dénoncer les comportements à améliorer. Exemples: Ferme l'eau du robinet, éteint ton moteur, tu imprimes encore tes courriels, etc.

Pour
Pourtant, c'est souvent par la pression des pairs que l'on se sent obligé de changer nos comportements. Est-ce vraiment parce qu'il leur en coûte 5 sous le sac que les consommateurs apportent leurs sacs réutilisables à l'épicerie? Non. C'est parce que c'est devenu socialement inacceptable. La pression des pairs à l'oeuvre.

Contre
Cependant, comme j'ai pu le constater à l'occasion de ma participation à une ligne ouverte sur l'écofatigue au 98,5 Fm, la pression des pairs peut facilement avoir l'effet inverse. Elle crée alors un sentiment de rejet, et transforme la bonne volonté qui pouvait exister à l'origine en cynisme.

Le cynisme doit être évité à tout prix, parce que celui qui en est atteint ignore non seulement le comportement souhaitable, mais il rejette tout le raisonnement qui le justifie. Autrement dit, il jette le bébé avec l'eau du bain. Conséquence: les prochaines étapes, aussi justifiée soient-elles, deviennent pratiquement impossibles à mettre en oeuvre.

Autant la pression des pairs est souhaitable – de fait, elle ne peut être absente –, autant la ligne est mince avant qu'elle ne devienne contre-productive. Comment créer un climat favorable au changement? Comment limiter les excès?

N'hésitez pas à partagez vos expériences dans la section commentaires (après tout, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu!).